dimanche, septembre 28, 2008

Silence

C'est devenu une habitude, mon troisième mail un jeudi…

Mais l'inquiétude est tous les jours, dimanches compris.

J'ai peur que tu soies malade, que tu n'ailles pas bien

Et si loin de toi, las, j'ai l'impression de ne servir à rien…

 

Je te l'ai demandé sans succès en prose, alors j'essaie les rimes,

Pour te demander simplement si tous tes feux sont au vert…

Et que si tu veux plus me voir, j'essaierai de ne pas sombrer dans l'abîme

Je prendrais çà dans la figure... l'essentiel est que tu prospères.

 

Je n'ai pas le bras assez long pour que d'ici je puisse toucher ta main

Mais si tu le souhaites, venir te voir est si simple par le train…

Je ne dors pas très bien, je suis plus nerveux, j'en deviens irritable,

 

Sans toi c'est un pan de mon équilibre qui devient instable.

J'ai peur de ne plus te lire. Et même si j'ai abusé de certaines confessions,

Laisse moi t'imaginer encore dans ton lit. Et je te fais une bise sur le front.

 

 

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mercredi, septembre 03, 2008

Le puits

C'est comme un très gros tuyau...

C’est comme un très gros tuyau, et je suis dedans. Seul. Accroché comme je peux à la paroi intérieure.

A bouts de forces…

Mes mains sont fatiguées d’essayer d’empêcher la chute finale au fond du puits. Mon ongles sont tout-usés par les glissades sur la paroi de pierre. Et plus je glisse, plus la paroi est lisse ; plus je descends, plus c'est difficile de rester accroché. Maintenant, le mur est tout froid, de plus en plus glissant, de plus en plus humide. Mes petits muscles tremblotent d'épuisement... Je suis gelé et je respire difficilement. Je sens des douleurs partout... Je suis tellement engourdi que je ne peux plus tourner ma tête pour regarder vers le haut. Vers le ciel. Je ne ressens même plus la chaleur du monde. C’est que j’ai dû dégringoler sérieusement pour ne percevoir que si faiblement la clarté du soleil qui semble s’éloigner de moi un peu plus d'instant en instant…

Mes yeux saouls de fatigue ne distinguent presque plus les formes. Ni les couleurs. D'ailleurs il n'y a plus de couleurs : juste du gris foncé, du marron peut-être. Et du noir partout. Il n'y a plus de couleurs, mais il y a le bruit : le bruit du froid qui me mord la peau. Comme un blizzard. Comme un acide.

Mes bras sont épuisés à tenter de me maintenir comme çà. Je ne sens plus mes pieds...

J’essaie de ne pas penser à ce qu’il y a en bas. C'est le vide. Et çà pue. C’est tout noir, et je sens des courants froids qui remontent. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose de pas très accueillant, en bas.

C’est drôle, mais je n’arrive pas à avoir peur…

Je suis calme. Je suis bien…. J’ai presque envie de m’endormir tellement je suis bien…


podcast

vendredi, juillet 25, 2008

Kleenex

Mouchoir blanc devient noir à faire semblant de vivre, mais reblanchit à vous lire. Vos sourires le lavent, vos éclats d’affection le repassent. Vos confidences le rendent résistant. Ainsi grâce à vous il peut survivre dans son cycle de tendresse, et ne sera pas jeté dans la première poubelle publique venue, au milieu des épluchures de bananes, des trognons de pommes, des restes de pain.

Depuis des siècles, et pour autant d’ères, il est pour vous, à condition que vous ne l’oubliiez pas.

Vos absences le salissent, le fragilisent…

Il est trop sensible pour ne pas être tourmenté par le vide.

mardi, mai 20, 2008

Nu

Chambre 61. Dans mon lit d’hôtel, je n’arrive pas à dormir. Il fait une chaleur atroce, à croire que l’acclim' est encore en panne. Et si j’ouvre la fenêtre, c’est encore pire car dehors, c’est une véritable cacophonie de klaxons et de coups de frieins.

Il est 2 heures du matin, et il n’y a rien à faire, c’est à toi que je pense. Je suis complètement nu dans mon lit poisseux de cette transpiration synonyme de désir. De sexe.

Oui, ma Belle, ce soir je n’ai pas envie de te faire l’amour, j’ai envie de sexe. J’ai envie  de me rouler sur toi, de te caresser avec une douce violence érotique.

Je suis dur de ta pensée, dur de ne pas t’avoir vue depuis tout ce temps. Si çà se trouve, tu es nue dans les bras d'un homme, à l'heure qu'il est. Et moi j’ai envie de te toucher, de te palper les seins comme si je te pétrissais de passion et de désir.

Mon sexe est dur, infamement dur. Et je me caresse dans cette humidité virile. J’ai viré d’un revers de main énergique ce drap blanc qui m’étouffe comme une couverture de bure, rèche et irritante. J’ai le lit pour moi. J’ai pris contre moi le second oreiller et j’imagine que c’est ton corps. Alors je me suis retourné sur lui. Je le serre contre moi et je pilonne le matelas et le marque de mon épée de mousquetaire. Je me sens grand. Je suis un roi. Je suis le Grand Louis qui pénétre Louise de la Vallières.

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Je te reconstruis de toutes pièces à coté de moi. Tu es nue, retournée et appuyée sur les coudes. Ton visage repose sur l’oreiller, les cheveux en désordre. Tu as gardé les fesses très en hauteur, me les proposant en hommage buccal. Tu es cambrée et tes cuisses sont écartées, laissant ouvertes toutes les entrées possibles. Alors je te caresse. J’enfourne mes doigts partout et toi tu aimes çà… Puis je te chevauche dans un fantasme inavouable…

Sur mon lit, de ma main droite, j’augmente le mouvement de ma main, montant et descendant en pensant à toi. Je suis comme un paquebot retourné, le mat vers le bas, enfoncé dans la vase, et qui essaye de s’en sortir.

Oui, j’ai envie de ton corps, j’ai envie de rentrer mon sexe dans toi. J’ai envie de sucer tes lèvres, celles que tu ne montres qu’à tes amants. Les chatouiller du bout de ma langue, puis sans prévenir les laper comme un chat affamé laperait du lait... les faire passer dans ma bouche, ma main caressant tes cuisses, tes fesses… ma main s’aventurant entre tes demi-pêches fruitées.

Dans mon délire solitaire, je te vois changer de position. Tu es maintenant allongée sur le dos. Je suis à genoux à tes cotés, un pot de crème fraîche liquide à la main. Je la fais couler sur ton ventre. Un mince filet dessine sur tes seins des ronds, des formes blanches et goûteuses. Sur ton ventre, puis plus bas, beaucoup plus bas. Pendant ce temps, toi tu t'occupes de mon sexe… Je te masse et te lèche en même temps, faisant pénétrer cette sauce en toi pour te faire luire. Toute excitée que tu es, chaude par la moiteur de l'atmosphère combinée à celle de l'intérieur de ton corps, c’est maintenant toi-même qui te masturbes les seins, les pinçant et les remuant sauvagement en gémissant…

Et là, pour moi, c’est Versailles. Mon sexe tourné vers le Ciel comme pour y rechercher une bénédiction. En nage, sans limites. Sans tabous avec moi-même… Et enfin le feu d’artifice ; enfin le feu qui gicle du vasque des jardins de Lenôtre et qui bondit vers le haut pour atterrir sur mon ventre. Enfin le cri de la délivrance. Celui du condamné à l'instant où il sent le froid de la lame caresser son cou…

Et là, en une fraction de seconde, je prends conscience... le paquebot peut maintenant se retourner et sombrer. Sombrer dans le regret. Et dans la honte.

Seul...

lundi, avril 14, 2008

Noémie

Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. L’homme qui se dirige vers la rue Saint-Denis ne la connaît pas encore à cette heure ; mais il sait ce dont il a envie : se régaler de formes sexy et généreuses, de poitrines saillantes, de décolletés voluptueux, de fesses rondes ; il veut voir des jambes longues et musclées, des yeux d’eau et de feu le regarder. Il veut la nudité. La chaleur. La douceur toute crue.

L’homme a quelques heures avant de regagner Orly. On est mardi. Il est 18h00. Et ces quelques heures, il va se les offrir à lui-même. Égoïstement. Les tenues sont légères en ce début de printemps. Les tenues folles et colorées des passantes donnent à ce cœur de Paris des teintes de vacances anticipées.

Il marche d’un pas décidé vers sa destination : le club 88. Pas un simple sex-shop, ni un show-room, mais plutôt un club classe, propre et bien fréquenté. Où tout est clair, lumineux, autant par les spot-lights que par les programmes proposés par les animatrices. 

Il fait bon dehors. Les gens sont heureux, le printemps libère les sourires chez les passantes. Alors, pour laisser davantage de place au temps, pour laisser traîner encore un peu son envie, pour goûter les minutes d’avant, il ne rentre pas de suite. Il passe et repasse devant l’enseigne qu’il connaît si bien… Le casque du MP3 sur les oreilles, les lunettes de soleil keetch pour se faire croire que le soleil éblouit déjà les rues, il marche. Un sourire de satisfaction sur les lèvres, comme le gourmet qui attend sa part de délice au chocolat, il savoure ces minutes avant le cadeau qu’il s’est promis… il attend. Encore un peu. Il goûte ses préliminaires qu’il a transformés en musiques…. parce qu’à cet instant, plus que jamais, le désir et la musique se marient, communient avec l’appétence de tous ses sens mélangés dans un cocktail d’été, comme l'apéritif que l’on prend au bord de la mer, sur les rives chaudes de la Méditerranée… Oui, il sourit, il est bien. Les dièses et les bémols qui résonnent dans son casque lui disent qu’il va très bientôt se régaler…. Il sourit aussi parce que la chanson qu'il écoute à cette instant est bien adaptée aux secondes qu'il vit... une chanson de désir... une chanson chaude... une guitare... il est bien, et se dit que décidemment, tout se déroule pour le mieux... Il sourit avant de rentrer dans l’établissement… enfin… il entre… 

Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. Arrêter les préliminaires. Aller droit au but. Passer les DVD, ceux en soldes et les nouveautés ; ne pas se soucier de ces rayons. Continuer. Au fond, à droite, deux femmes. Elles sont assises sur des tabourets de bar. Leurs tenues suggestives en disent long sur leurs propositions, et l’homme s’approche. L’une d’elles lui fait un sourire. Elle est vêtue d’un bustier en dentelle noir légèrement recouvert d’une soie orange. Son haut est suffisamment ouvert pour laisser entrevoir la naissance d’une belle poitrine, voluptueuse. Une jupe minimaliste, de très longues bottes à cuissardes. De très belles jambes. Et surtout, un très joli sourire. Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. 

En quelques mots, elle lui propose de descendre avec elle… L’homme n’est pas là pour faire l’amour à une femme. Il n’est pas là pour toucher une femme. Il veut simplement regarder, délirer, se caresser dans un bain de fantasmes qui, pour une fois, seront un peu plus réels que d’habitude. Une exhibition sur-mesure pour un voyeur libertin. 

Elle lui donne rendez-vous en bas de l’escalier. Il descend pendant qu’elle se prépare…. En attendant sa compagne de quelques instants, son regard croise celui d’un jeune homme qui attend lui aussi son tour dans ce sous-sol aux lumières vaporeuses et calmes. Sa cavalière arrive quelques secondes après. Elle est brune, un visage doux et lumineux. Une tenue toute aussi déshabillée, aux couleurs bleues qui tranchent avec ses yeux noirs. Ils partent tous les deux dans une salle, un peu plus loin dans le couloir. Un instant, il l’envie… mais son tour ne va pas tarder… encore quelques secondes de patience… 

Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. Il entend maintenant son pas dans l’escalier. Elle arrive. Elle lui propose de l’accompagner dans l’une des premières salles, sur la droite. Ils entrent. Elle ferme la porte. Cette pièce est étrangement partagée en deux. Elle prend possession de la zone la plus éclairée. Quelques petits mètres carrés qui baignent dans une lumière discrète, tamisée, chaude, intime. Une lumière jaune et douce. Juste un sofa en quart de cercle drapé d’un satin jaune… quelques frous-frous en guise de décoration sur les extrémités du canapé… Pas un bruit. C’est calme. Elle invite son hôte à se déshabiller dans la partie plus sombre de la salle. Dire qu’il s’agit d’une partie est un bien grand mot. Un recoin plutôt. Mais çà lui suffit amplement. Un fauteuil en faux-cuir et un porte manteau au-dessus. 

1121054912.jpgTiens, ils se tutoient, maintenant… oui, autant se détendre complètement et aller jusqu’au bout dans l’illusion. Car tout ceci n’est qu’illusion. L’homme le sait : cela va durer dix à quinze minutes, même si on lui en a garanti vingt au moment de payer…. Mais qui irait se plaindre à une association de consommateurs…. 

Tout est propre, calme, sain. Presque classe. L’homme est bien. En confiance. La fille est belle, elle a un corps de rêve, et il sent qu’il va se régaler… En un instant, il est nu. Complètement. Il s’assoie dans le fauteuil noir et écarte les jambes. Il pose avec délicatesse sa main droite sur son bas-ventre. Son sexe est déjà tendu. Son sexe est déjà aux abois, comme un pénitent qui supplie pour la peine capitale plutôt que l’attente infinie… Il veut profiter de ces quelques minutes de spectacle personnalisé. Car son truc, c’est çà. Il aime se déshabiller, il aime s’exhiber. Et il aime regarder… 

Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. Un streap-tease rapide. Enlevés le haut, puis le bas, puis le string… enfin elle se montre à lui complètement nue. Restant à respect à deux mètres d’elle, il la contemple. Elle a un corps de rêve. Il le lui dit. Elle est surprise de ce compliment…. Elle le remercie et lui sourit. Et oui, même dans ces moments si superficiels, il éprouve de besoin d’être doux. Il a envie qu’elle soit bien… idéalement presque autant que lui… Il sait que ce n’est pas le but de cette rencontre qui n’est faite que pour son plaisir à lui… mais on ne se refait pas. Il la complimente avec respect… elle paraît si étonnée qu’elle arrête un instant ses caresses qui n’ont fait que commencer… 

Il est gâté… Une femme, rien que pour lui…. Ca faisait tellement longtemps…. Tellement longtemps… Très vite, comme une habituée de ces shows, elle s’assoie sur le divan. Elle offre à son regard en manque le sexe d’une femme qui feint le plaisir. Oui, tout n’est qu’illusion ici. Il le sait, mais il s’en fout. Il part pour un aller-retour en direction d’un plaisir complément ludique et futile. Un plaisir de façade. Il en a envie. Et étonnement, il n’a pas honte. Il est bien, tout simplement. Il se touche et sourit. 

Elle s’appelle Noémie. Elle a 25 ans. Elle caresse à merveille ses seins naturels. Pas de toc. Une lueur d’authenticité dans ces instants de vent. Puis elle met en valeur ses grandes jambes. Elle se caresse de plus en plus, les jambes écartées autant qu’il est possible de le faire…. Le sexe ouvert avec, en offrande, une fleur d’érotisme… quelques pétales libérées sur un cœur béant… un gâteau qu’il aimerait croquer, mais qu’il ne peut pas… Ce n’est pas prévu comme çà… Elle est maintenant sur le dos, les jambes levées… ses mains passent rapidement de se seins qu’elle caresse et dont elle lèche les bouts, à son sexe dont elle contourne tous les méandres… et maintenant bien davantage que les contours…

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Tout cela est très voyeur et très féminin, très érotique… elle feint le plaisir de façon si réelle qu’on s’y croirait…. Elle s’est redressée, elle s'est accroupie, abaissant un peu ses cuissardes pour être plus à l’aise. Elle a les cuisses bien fermes, et apparemment çà ne lui pose pas de problème pour elle de rester dans cette position. Elle écarte les cuisses.... elle se cambre sensuellement, comme si elle devenait… presque une autre femme... Elle se caresse un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, jusqu’à feindre l’extrême plaisir.... elle effectue un mouvement vertical... l'impression d'être.. sur quelqu'un.. l'envie de se faire ... pénétrer..... Lui a envie de jouir mais il attend encore un peu…. Quelques derniers instants avant le dessert, un fruit qu’il n’aura pas touché, mais dont il connaît tous les détails. Toutes les senteurs lointaines. Et dans ces instants forts, entre la nuit et le jour, entre la pluie et la canicule, entre la vie et la mort, il croit réentendre la musique… la guitare… la musique….

Ca y est, elle est comme en lévitation… elle joue si bien la comédie que l’homme ne se maîtrise plus. Oui, il est là pour cela. Elle le sait. C’est prévu comme çà…. Le plaisir… Oui, il aime çà… le plaisir... sans retenues... enfin le plaisir...

Elle s’appelait Noémie. Elle lui a offert ces instants… Et il a aimé. Un regard. Un sourire. Un au-revoir. Un merci…. Il aurait eu envie de la serrer dans ses bras… juste comme çà, parce qu’il était bien. Pour la remercier…. Mais le temps d'un souffle, le temps d'une pensée, et déjà la voilà repartie…

Elle lui a dit qu'elle avait 25 ans.

Et la musique… encore la musique… la musique… toujours…

 

 

jeudi, février 14, 2008

14 février 2008

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