dimanche, juillet 26, 2009
Tristesse
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté ;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
Alfred de Musset - 1840

07:42 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... [2] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, solitude, société, regrets, femme, poésie, litterature
mercredi, avril 08, 2009
Mes mains

Regarde-les, mes mains.
Regarde-les, elle sont tendues vers toi.
Pour toi elles sont de soie, de rires, en satin.
Allez, viens : approche-toi encore plus près.
Tu n’y verras que de douces vallées,
De la verdure, des fleurs et des galets.
Mais aucun rocher qui pourrait te blesser.
Approche-toi tout près. Près, jusqu’à me frôler
De tes yeux ou de ta peau.
Et si ton oreille caresse ma paume,
Elle entendra les mélodies que je t’ai inventées.
Deux ou trois arpèges de piano,
Notes douces, legato vêtues de noires ou en blanches,
Croches de couleurs dansant dans l'air du printemps,
Comme dans un parc aérien où des enfants courent
Au rythme de ta musique et de leurs cris,
Tout excités d’avoir trouvé le brin d'une fleur
Jaune, rouge, ou orangée, ta couleur préférée.
Viens. Viens, n’aies pas peur,
Ce n’est que moi.
Je ne sais pas couper le bois, ni réparer mon moteur.
Ces mains douces, tu peux sans crainte les toucher,
Jamais elles ne se refermeront pour t’emprisonner.
Elles ne sont là, moelleuses, là, rien que pour t’aider,
Elles sont là pour te parler, t’écouter, te rassurer,
Et ne demandent qu'à te porter une partie du fardeau.
Solides et légères : Mains force ou mains caresses.
Souples comme leurs cils qui se dressent en un tapis
Doux, soyeux, frais comme l’écume fraîche
Et salée de la mer de chez toi.
Mes doigts sont fins. Ils ne savent pas serrer à faire mal.
Alors tu peux glisser ta main dans la mienne,
Et dans mon tissu de velours, je la réchaufferai.
Je ne la reprendrai que pour essuyer,
Pudique,
Cette larme de joie que tu me feras couler,
Doucement, comme un ruisseau d’argent
Voguant sur un lit tracé dans mes rides naissantes.
Voguant jusqu’à dessiner un sentier,
Un chemin serpentant le long de ma joue,
Un chemin léger comme une lettre.
Celle de ton prénom. Celui que j’aimerais tant lire
Au bas d’une longue lettre,
Alors que ta main aura lâché le crayon.
07:38 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [3] | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié, regrets, solitude, société, affection
mercredi, février 18, 2009
Sorrow
Je suis fatigué de marcher dans la boue, dans cette terre humide qui me colle aux pieds. Je suis désespéré de devoir avancer sans toi, sans pouvoir tenir ta petite main qui me rassure tant...
Pourtant, tu sais, tu es présente tous les jours à mes cotés. Ton tableau, celui que tu m'as offert en mai, accompagne et adoucit mes longues journées de travail dans mon bureau. Je le regarde tous les jours. Je le regarde en pensant à cette journée incroyable passée ensemble… Et la période actuelle réveille en moi le souvenir de nos premiers contacts… De nos premiers échanges… l’année dernière. Quand nous étions si proches….
La vibration de mon téléphone portable illumine à chaque fois de mille feux son fond d’écran : la photo qui illustrait ton blog secret….. Ce site dont tu m'avais donné une clef, et qui s'est évanoui en même temps que toi...
Les cadeaux que je t'ai ramenés de mes différents périples, je les garde précieusement, et ne m'en séparerai que pour mieux te les donner. Et si je ne te revois jamais, et bien je les conserverai encore plus longtemps, jusqu'à, s'il le faut, me faire enterrer avec, comme c'était d'usage aux temps lointains des pharaons.
Je ne crois pas en ces Dieux auxquels je pourrais me raccrocher, mais je suis prêt à me convertir à ta religion, juste pour te retrouver dans tes moments de prières, et tenter d'exaucer tes voeux les plus fous. Je veux avoir mal aux genoux de prier...
Je suis épuisé de pleurer. Je ne sais pas quelles sortes de larmes il faudrait que je verse pour que tu me reviennes, même si c'est de loin. Même si ce n'est que de très loin. Mais pour toi je n'ai pas peur de tenter toutes les formules chimiques et parfumer mes pleurs aux senteurs que tu préfères. Des plus acides aux plus douces. Aux plus sucrées. Ou aux plus fleuries.... comme ton parfum...
Je n'ai rien oublié, tu sais. Et je n'oublierai rien. Ni l'odeur de ta peau, ni la douceur de tes yeux, ni la tendresse de ton sourire, ni tes mains près de moi. Ni ta voix, entre miel et soleil....
Et là, seul, sans toi, je me sens perdu, comme un animal au milieu d’une forêt hostile.

Tu es celle qui m'a tendu la main au moment où j'en avais le plus besoin. Lorsque j'étais au bord du précipice. Tu es ma boussole. Et même si je dois passer des années d’épreuve et de patience à ta recherche, je suis prêt à déblayer tous les hectares de ma forêt de solitude, à la seule force de mes petites mains d'homme s'il le faut. Rien que pour te retrouver.
Parce que tu me manques.
Découvrez Mort Shuman!
07:02 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [3] | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié, regrets, solitude, société, affection
samedi, janvier 03, 2009
En route pour 2009
Alors voilà, nous avons changé de millésime. Une nouvelle porte s’ouvre, sur un inconnu qui nous réserve certainement du bon et du moins bon….
Alors quoi vous souhaiter, pour 2009 ?
La santé, bien sûr, mais là, je ne peux vous dire que de prendre soin de vous, et ça sera déjà pas mal !
Du travail….. là aussi, ça risque de secouer en 2009 ; la crise économique se transformant en crise sociale, ça promet…. Accrochez-vous ! Et ne comptez pas sur le petit Jésus qui se moque bien de vos offrandes...
L’argent… ben ça, ça va avec le travail… ou alors c’est que vous avez une tante à héritage qui prépare son 95ieme anniversaire dans la maison de retraite « Les Lilas »... C'est vous qui savez mieux que moi !
Alors faut-il vous souhaiter le bonheur ? Vraisemblablement, oui, bien sûr, le bonheur…. à condition que l’on m’explique ce que c’est….
De mon coté, je voudrais vous souhaiter du plaisir. Prenez-le comme vous le voulez, mais oui, je vous souhaite, en 2009, du plaisir à gogo, des pieds pas permis tous les jours de l'année, des délires pas racontables, des laisser-aller et des rencontres, vos fantasmes enfin réalisés, des expé qui vous feront vibrer….
Oui, je vous souhaite le plaisir. Je vous souhaite le ravissement.
Parce que là, dans ce domaine, vous avez la main (si j’ose dire) pour vous le fabriquer, ce plaisir… à condition peut-être de sortir du déroulé tradi et normatif de la vie et de savoir débusquer, au coin d’un e-mail, d'un comm ou d’un sms, le parfum d'un piment nouveau qui rend la bouche sèche d’émotion, et le cœur rapide du désir qui, enfin, devient possible….
Heureuse année 2009. Gros bizous.... plus ou moins sages...

07:51 Publié dans ♣ Zactu à liter [2] | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié, regrets, solitude, société, affection, mélancolie, bonne année
jeudi, décembre 25, 2008
Femme violon
J'aime le corps de cette femme. On dirait un violon… Elle me donne envie de me rapprocher d’elle et de frotter mon archet à toutes ses cordes… Pour la faire chanter, ou pleurer… Pour faire jaillir l’émotion de toutes les formes de son corps. Caresser son petit bonnet de Mère Noël, en regrettant qu'elle ne soit pas venue, ce matin, se déposer toute seule sous le sapin...

J’ai envie d’être violoniste, aujourd’hui. Et de faire vibrer l’instrument au rythme du plus sensuel des duos... Heureux Noël à toutes. Et plein de gros bizous...
06:30 Publié dans ♣ Zactu à liter [2] | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié, regrets, solitude, société, affection, fete, noel
vendredi, novembre 28, 2008
Miroir de soie
Nous ne sommes nés pas du même ventre, mais nous avons marché sur les mêmes sentiers.
Le tien, le mien, étaient émaillés de vieilles caillasses, de pierres coupantes difficiles à enjamber et sur lesquels nous avons trébuché bien souvent. Notre enfance, si peu idyllique, a ainsi été soumise à ces vents froids que nous ne méritions pas, à ces mêmes odeurs des sales alcools qui nous ont tant fait de mal. Ces odeurs qui sentaient la tôle froissée pour moi, et les mains trop lestes pour toi… mais il en va ainsi de la vie, qui, au détour d’un chemin, nous refusant tout répit, nous oblige à nous courber, à nous agenouiller pour franchir les obstacles, à nous dépêcher pour éviter les flammes qui sortent du sol, nous interdisant ainsi de nous reposer pour pouvoir jouir des moments de l’insouciance que les autres ont eus. Nos chemins ne s’étaient pas encore croisés, mais ils étaient construits par le même architecte, cynique, impitoyable, qui les avait truffés de chausse-trappes, de pièges en tout genre et sur lesquels nous avons failli nous empaler maintes fois. Et c’est ainsi, les genoux écaillés, les blessures s’enchaînant sur les croûtes à peine cicatrisés, le cœur gros, que nous avons tenté d’évoluer, fragiles, sans jamais pouvoir vraiment grandir, le long de nos routes qui s’effondraient en poussière juste après notre passage, nous obligeant ainsi à avancer sans nous poser de questions. Nous obligeant à avancer vers d’autres heurts, d’autres pavés instabilisés, dangereux, à travers les glaces brisées éparpillées au milieu des cours des écoles… jusqu’à nous trouver devant ce pont censé nous amener à l’âge de raison.
Et c’est dans cet état d’émotion extrême que nous avons pris la route vers l’âge adulte, sur une petite passerelle de papier, soumise à tous les vents. Petit à petit, à tous petits pas, le cœur gros, nous avons toi et moi tenté de la franchir, nous demandant à tout moment si elle allait tenir le choc. Mais la traversée a été rapide. Très rapide. Trop rapide. En un instant, nous nous sommes retrouvés de l’autre coté, les plaies encore saillantes, devant les forêts de l’inconnu, peuplées de féroces ennemis que nous n’étions pas préparés à croiser. Trop fragiles pour nous prendre en charge, trop sensibles pour accepter nos destinées, nous avons essayé de rechercher ici ce que nous n’avions pas trouvé là-bas…. En vain, nous nous sommes laissés menés par des guides traditionalistes, qui, usant de notre fragilité, nous ont mis sur des rails tous faits, nous privant de toute notre liberté….
La vie avance, et rien ne sert de regarder en arrière… C’est trop tard… Il faut avancer. Coûte que coûte. Aller droit devant.
Et c’est sur cette charrette instable qui glisse trop vite sur la voie du temps que nous nous sommes rencontrés, par un matin de mai. C’est là qu’alors nous nous sommes arrêtés quelques heures dans cette gare commune, pour faire connaissance. Enfin. Pour nous regarder, hébétés, apeurés. Et nous comprendre du premier regard. Du premier mot. Comme si à travers un miroir de soie, je voyais une autre photo de moi. Pas du même sexe, pas tout à fait du même âge. Mais partageant la même sensibilité et la même émotion qui coule dans nos veines.
Le long de nos vies distantes, nous avançons, toi et moi... Mais dès que la visibilité s'éclaircit, dès que nos chemins sont à vue l'un de l'autre, nous nous regardons, pour nous rassurer d'un clin d'oeil complice. Tu te souviens, un jour je m'étais fait piéger... croyant que mon destin atteignait une dalle ferme, décorée avec des pétales de roses, j'avais posé le pied dessus.... Et je n'avais pu retenir ma chute... Sous les pétales, le vide, l'absence, rien... Sous ce vernis creux, je m'étais senti perdu, ayant tant de mal à remonter pour atteindre le sol ferme... Et oui, c'est là que tu m'as vu.... C'est là que, sautant les jardinets qui séparaient nos sentiers, tu es venue me tendre la main... pour me récupérer in extremis....
Nous continuerons à marcher ainsi sur des sentiers semblables, que nous essaierons d'embellir du mieux que nous le pourrons. A force d'efforts. A force de volonté. A force de ces postiches que nous savons habillement plaquer sur nos lèvres pour les faire sourire... pour masquer, avec pudeur, la nostalgie. La mélancolie. L'ombre de la tristesse. La solitude.
C'est vrai, nous ne sommes pas nés du même ventre... et pourtant ! Tu vois, malgré le temps, malgré la distance, je n'ai pas oublié... Je n'ai pas oublié que c'est un jour qui ressemble à celui-ci que tu as poussé ton tout premier cri.... Comment l'oublier ? Aujourd’hui, c'est vrai que je suis loin de toi, mais sache aussi que je suis tout prêt. Juste là, tout prêt de toi. Parce que ta présence me manque énormément. Injustement. Aussi, lorsque tu souffleras tes bougies, ce soir, entourée des tiens, rappelle-toi qu’à ce moment précis, je m’approcherai de toi et je te ferai ce petit baiser que j’ai tant envie de te faire, dans ton cou. Tu ne me verras peut-être pas, mais peut-être sentiras-tu les effluves de mon parfum, ce Fuel de Diesel que je porte depuis longtemps maintenant, au moins depuis ce jour où tu m’as dit que tu en aimais la fragrance...
Regarde la vie. Elle est devant toi... Au-delà des prés qui séparent nos routes, je continuerai à tourner les yeux vers toi. Mais au prochain carrefour, j'espère qu'ensemble nous pourrons nous retrouver un instant. Juste un instant, pour boire cette coupe de champagne que j'ai tant envie de t'offrir, pour l'événement du jour, et aussi tout simplement pour te remercier d'être là... Un champagne pétillant comme tes yeux, et doux comme ton sourire...
En attendant... heureux anniversaire, petit Ange.
06:33 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié, regrets, solitude, société, affection, mélancolie
mardi, octobre 21, 2008
Le chant des violoncelles
Il ne m’a pas fallu longtemps pour que je trouve l’endroit que je cherchais : une grosse pierre, là, sur la plage, face à l’horizon et au vent. Une grosse pierre sur laquelle je pourrais m’asseoir et regarder la nuit avaler l’Atlantique, prendre possession de la terre et du large, quand l’ultime langue de lumière se meurt en faisant danser sur les flots ses dernières étoiles oranges et froides, là-bas, vers l’ouest. Vers les terres rouges de la Bretagne.
Mais en cette soirée de novembre, c’est la fraîcheur qui règne. L’eau sombre joue à mouiller toujours un peu plus le sable à marée montante. Le sol est enveloppé d'une humidité glacée.
Personne alentour. Personne, pas même le cri des goélands.
Et le vent qui souffle.
Emmitouflé dans ma parka, assis sur cette pierre jetée sur le sable, je regarde les couleurs s’évanouir pendant que les sursauts de l’océan se répètent à chaque vague, inlassablement, à chaque fois pareils, et à chaque fois différents.
A cette heure, je voudrais tant ressentir encore une fois les vibratos annonciateurs de ses bonjours, de ses bonsoirs. Des témoignages de son affection. Ces vibratos qui ont si bien su donner de la musicalité à ma vie, comme les trilles ou les appoggiatures donnent l'émotion à la musique des grands romantiques...
Alors, dans le silence, je regarde la mer sombre, me demandant ce qui m’arrive. Ne comprenant pas mes erreurs. Instinctivement, posant par terre un téléphone devenu muet, je plonge la main dans le sable et j’écarte doucement les doigts. Le sable froid coule rejoindre le sol. A cet instant, je me sens comme un petit loup inoffensif et abandonné. Seul. Sans défenses.
Les yeux humides, contemplant cette immense étendue d'une liberté qui se meurt, je viens de comprendre que désormais, au plus profond de moi-même, résonnera pour très longtemps encore le triste chant des violoncelles.
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