samedi, juin 14, 2008
C'est jour de fête
Dimanche, c’est jour de fête. Et moi en ce dimanche je vais penser à lui, parce que justement ce jour me le rappelle encore plus fort à ma mémoire.
La journée commencera par une matinée colorée de l'émail éclatant de ces sourires émus. De ces moments vrais, émouvants, de ces instants où je me pincerai la langue pour ne pas verser ma petite larme devant le tableau magnifique de l’amour. Devant ces petites frimousses qui viendront, pleines d’émotion, devant moi, tôt le matin, en petits pyjamas à fleurs ou à grosses voitures. Parce que ce jour, j’aurai un peu plus encore que d’habitude la preuve de leur amour fort et fier, fort et indestructible. L’amour de mes enfants qui viendront me lire un poème, m’offrir leurs petits cadeaux fabriqués à l’école… ceux dont la préparation aura pris des jours et des jours durant lesquels ils auront été si agréablement déchirés entre l’envie d’en garder le secret et celle de me mettre dans la confidence… ces cadeaux construits avec leurs cœurs et qui trôneront, suivant les usages auxquels ils sont destinés, soit à la cuisine, soit dans la chambre, ou sur le bureau, mais en tout cas loin des tiroirs poussiéreux où ils ne méritent pas de finir. Car quoi qu’ils soient, ils étincelleront de toute ma fierté d’avoir reçu les plus beaux des présents, faits avec leurs petites mains d’anges, et accompagnés de petits dessins dont chaque approximation, chaque débordement du trait mettra encore plus d’authenticité dans la tendresse innocente qu'ils me portent…
Mais après le vent chaud, je sais aussi que c’est le vent froid du grand nord qui va souffler, celui qui ramène les relents de neige des hautes latitudes, ce vent qui mord les jambes, qui chatouille si désagréablement les cuisses et qui pince fort la peau du visage. Car après ce plein d’émotion, ce sera le moment du vide. Mon vide à moi de ne plus pouvoir en faire autant, en ce dimanche de mariage entre l’infiniment doux et l’infiniment dur. Ce jour que j’attends avec toute l’impatience d’un père comblé, le fils ne pourra le vivre qu’en souvenir d’un temps définitivement rangé dans la bibliothèque du passé. Et ce jour-là, mon cœur aura le pincement de ce coup de fil que je ne passe plus, de cette voix que je n’entends plus, de ce rire qui fait désormais partie de mes souvenirs.
Parce qu’avant d’être père, j’ai été fils.
Ce dimanche, je repenserai aux parfums calmes de mon enfance, aux murs qui résonnent encore du réconfort de sa présence, et qui se souviennent peut-être de sa préparation des crêpes à la béchamel ("avec plein de fromage s'il te plaît, c’est meilleur !"), et des moments de ma jeunesse où nous jouions, complices, au jeu des chiffres ou à celui des lettres... ces murs qui résonnent peut-être encore de ses calembours à deux balles (je me demande si çà serait pas héréditaire ?...)… Oui, ce dimanche je revivrai les mille et un moments de cette complicité d’avant, en oubliant les inévitables désaccords qu’un adolescent un peu rebelle peut avoir avec une autorité pourtant nécessaire, pour ne retenir, du coin de mon cœur meurtri et de mes yeux humides, que le regard d’amour et la tendresse irremplaçable du meilleur des pères.
Celui qui, couché sous la simple dalle de marbre grise, ne pourra jamais plus se relever pour me serrer dans ses bras.
10:32 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : société, fête, fête des pères, famille, tendresse, poésie, littérature
mardi, juin 10, 2008
Revoir le soleil...
Pourquoi faut-il que je m’y prenne à une heure du matin pour avoir le courage de me l’avouer à moi-même… car oui, j’en ai conscience : l’émotion m’a fragilisé, la timidité m’a paralysé... et j’ai dû te paraître bien froid… beaucoup trop froid. Et pourtant, la journée a été tellement parfaite… tellement géniale… tellement oxygénante… Mais je m'en veux quand je me revois au moment de notre rencontre… A ce moment, oui, je l’avoue, j’ai été très ému. Peut-être trop, même... Je ne connaissais pas l’endroit, mais peu importait, puisque tu étais là. Si c’était à refaire, j’aurais le courage de te serrer dans mes bras. Fort. Pour sentir ton petit cœur battre à travers nos vêtements. J’aurais même abandonné ma tête dans le creux de ton épaule. Et je t’aurais fait plein de bisous dans le cou et près de ton oreille. Et puis des gros sur tes joues. Des chauds, des chaleureux… Doucement. En laissant le temps se calmer pour nous offrir ces minutes d’une tendresse clandestine… Rien qu’à nous. Si je pouvais revenir en arrière, c’est çà que je ferais….
Si j’avais ce pouvoir, je te retrouverais dans ta voiture... et si c’était à refaire, j’oserais prendre ta main dans la mienne. Tout simplement. Juste pour faire courir de nous à nous ce magnétisme qui nous caractérise si bien. Je t’aurais tenu la main, et on aurait été bien. Oui, bien. J’aurais pris tes doigts entre les miens, j’aurais caressé ta paume. J'aurais massé ton poignet, et baisé ta peau. Être plus proche de toi. Juste en tenant ta main dans la mienne, au lieu de te laisser maltraiter ton bracelet...
Mais pour pouvoir ainsi revenir en arrière, il faudrait que je sois un remarquable magicien ! Un être qui aurait enfoncé Houdini dans l’anonymat le plus complet…. Il faudrait que je remonte le temps, jusqu’au début de la création de l’homme, puis que je reprenne la route du présent. Et sur le trajet, j'aurais pu regarder naître les religions et tous les saints, Homère réécrire son Iliade, les révolutionnaires guillotiner leur roi…. Revivre le siècle passé, changer de millénaire, et puis très vite reprendre le train…
Reprendre le train. Et ta main. Respirer ton parfum de plus près. Oser te masser doucement les épaules. Juste tes épaules. Tout doucement pour te détendre… juste pour que tu soies bien. Laisser mes mains contourner ta nuque, déborder sur le haut de ton dos, te donner de la chaleur pour faire fondre tes inquiétudes. Et disparaître tes angoisses. Si seulement j'avais pu mieux te rassurer...
Si j’avais été moins froid… si j’avais été plus courageux… si j’avais été plus moi-même…
Si…
01:05 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
dimanche, juin 01, 2008
Gaétan Babeux
L’oublié… c’est ainsi qu’on l’a toujours qualifié… oublié des hommes, oublié des femmes, oublié des gens. Alors à force de ressentir l’oubli, il s’est oublié lui-même, dans un cercle de déchéance dans lequel il s’est pris un jour les pieds… et dont il n’est jamais ressorti.
L’oublié… c’est ainsi qu’on le nomme, lui, considéré par tous comme l’éternel raté de la famille, si marginal par rapport à son frère Edwin. Son frère, celui qui a réussi…
Alors retrouvons Gaétan Babeux en ce dimanche de brocante, marchant près du vieux tilleul. Il est là, Gaétan, là, sur la place du village.

Depuis très tôt ce matin il est là, le regard dans le vide. Depuis les aurores il fait semblant de s’intéresser à ce qui l’entoure, l’air absent.
Il se fait surtout croire que l’on s’intéresse à lui. Car en vérité c’est un sentiment dont il a fait son deuil depuis longtemps… Alors il se contente d'imaginer qu’il sert à quelque chose. Qu’il est utile.
L’oublié… c’est ainsi qu’on le nomme.
Et en ce matin de ce dimanche de brocante, il erre, solitaire, dans son vieux jeans usé, dans sa veste râpée, sa veste d’occasion aux couleurs grises de son cœur, dans sa chemise bleue claire assombrie par la saleté....
Oui, il erre, seul. Il erre parmi les leves-tôt qui installent leurs tréteaux, comme si il était à la recherche d’une bonne affaire… mais pour pouvoir faire une bonne affaire, il faudrait être nanti, ce qu’il n’est pas… C'est pourquoi il se contente de promener sa carcasse d’homme raté au milieu des familles normales toutes excitées de pouvoir faire enfin « la brocante annuelle du village »…
Son regard croise cette petite fille, aux cheveux clairs, et qui court après son grand frère en l’appelant « Thierry, Thierry, rend-moi mon pompon que tu m’as pris »…. Il croise ce couple d’amoureux, venu très tôt chercher parmi les ventes proposées de quoi meubler leur maison, ce couple dont la femme veut à tout prix trouver, ce dimanche, des bibelots anciens mais rouges, en harmonie avec sa cuisine…
Plus à droite, il voit ce jeune homme proposer à la vente ses souvenirs de vacances en Asie, avec un écriteau plaisantin « Toute l’Inde est ici »…
Gaétan Babeux, lui, l’oublié, celui qui semble transparent ici, sans prise avec son entourage. Lui, qui a peut-être un jour été un homme mais qui aujourd’hui ne ressemble plus à rien. Si ce n’est à un paumé en loques, à un clandestin de la vie, un zappé du bonheur…. Gaétan Babeux, l’oublié.

Dans ses errements, traînant ses vielles chaussures molles (les seules compatibles avec l’état calamiteux de ses pieds), il s’arrêta devant ce marchand-d'un-jour qui proposait des tableaux, croquis, sous-verres, glanés çà et là dans l'année et mis en vente à cette occasion. Pourquoi Gaétan s’est-il arrêté ici, à cet instant, devant lui…. Il n’en sait rien. Mais ce qu’il sait, c’est que son intuition lui a demandé de le faire.
Guettant chaque mouvement de ce vendeur du dimanche, il fût subitement attiré par un sous-verre tout juste installé, représentant un femme nue, de dos. Pourquoi cet tableau-là ? peut-être parce qu’il se dégageait de ce dessin une puissance de magie, de tendre pudeur, de sensibilité qui n’était pas ordinaire… Parce que cette femme, de dos, rayonnait d’une authenticité éclatante et qu’il se dit que le dessinateur a vraiment beaucoup de talent….. Sentant l’âme de l'artiste transcender sa plume pour éclater au grand jour dans cette silhouette, Gaétan décida de s’approcher de la table pour voir de plus près cette œuvre, se rendre compte… peut-être même la toucher ? la saisir ? C’était sans compter l’agressivité d’un vendeur apeuré par l’état de présentation hors-normes de cet hôte qui, s’il restait là, pourrait devenir encombrant et préjudiciable pour les potentiels autres acheteurs…
« On ne touche pas » ! meugla le jeune homme, haut et fort, pour se faire entendre de tous. « On ne touche pas » !… Et le sage et bon Gaétan, oublié de tous, se rappela soudainement que pour son apparence, il ne serait oublié à la seule condition qu’il passe à distance hygiénique et convenue des autres hommes…
Une distance convenue… C’est quoi, une distance convenue ? C’est loin des autres, tout simplement. Et alors, encore une fois, Gaétan choisit de s’éloigner, courbant l’échine, respectueux (on ne sait pas pourquoi), poli (on ne sait pas non plus pourquoi), et en souriant presque…
Et c’est là, à cet instant précis qu’il se passa quelque chose de spectaculaire… quelque chose de fou…, de sur-réaliste. La femme du tableau se mit à bouger… Elle leva tout doucement un bras en direction du ciel… Mais… mais c’est impossible… C’est un dessin… Comment un dessin pourrait bouger…?....
« Elle bouge ! » cria-t-il… « Barre-toi, t’es déjà bourré, papy à cette heure ? », lui répondit le vendeur qui finissait de préparer ses produits à la vente….
Mais non, il ne rêvait pas. Il eut juste le temps de voir cette femme lever un doigt vers un endroit précis, comme si elle voulait lui montrer quelque chose… avant d’être chassé par le vendeur avec pertes et fracas…
Mais il n’avait pas rêvé, il n’avait pas bu. Cette femme, sur le croquis, avait vraiment bougé… Elle a bien remué ses fesses pour attirer son attention, puis levé son doigt en direction du chemin, là-bas, celui qui mène à la piscine….
Suivant son intuition, Gaétan prit çà comme un signe. Et il décida de s’y rendre. Comme s’il s’agissait d’une demande du destin qui avait besoin de lui, là, à ce moment-là. Maintenant.
Il s’y dirigea à pas rapides, ne sachant pas pourquoi il y allait, ne sachant pas si c’était ce qu’il devait faire, mais il y alla. Contournant l’entrée, il entra dans le petit parc, et regarda par la vitre. Il n’aurait pas été surpris que la piscine fût vide, les rares matinaux s’étant attachés à se promener entre les rangs de la brocante, cette festivité annuelle qui attirait de plus en plus de badauds.
Mais en regardant de près, à travers la vitre, il vit quelque chose bouger à l’intérieur. Gaétan colla son visage pour mieux voir. Mais oui, c’est une main qui dépasse. Un main dans l’eau !
« C’est une main qui dépasse ? Bon sang, mais quelqu’un est en train de se noyer ! » ... Il voulut crier pour alerter quelqu’un , mais il n’y avait personne ; il était seul, seul à contempler quelqu’un en train de se noyer de l’autre coté de la vitre.
Il fallait qu’il fasse quelque chose. Le moment pour lui, ce raté de la vie, ce marginal oublié, de sortir de l’ombre et faire quelque chose de bien… Enfin…
Alors il entreprit de tambouriner à la vitre mais au moment où son poing toucha la vitre, il se mit à la traverser, comme si elle était devenue un voile transparent. N’étant pas au bout de ses surprises, il se trouva ainsi comme par magie de l’autre coté de la vitre, dans cet intérieur surchauffé par l'eau chlorée. Et il s’approcha de l’eau. Oui, il vit une main qui dépassait, comme si elle allait se noyer… je dis « elle » car effectivement, c’était une femme…
Il fallait faire vite. Cette femme avait du avoir une crampe en plein milieu d’une de ses traversées, et elle allait mourir s’il ne faisait rien. Elle n’était pas très loin du bord, alors il se baissa, Gaétan Babeux. Lui, l’oublié, le loup solitaire, le raté du bonheur… celui qui ne savait même pas nager… Il se baissa tant qu’il pût et tendit jusqu’à la limite son bras et sa main attrapa enfin la nageuse à bout de force.
Et là, la magie du contact fit son œuvre. La femme ainsi ramenée vers le bord pût sortir de l’eau et enfin respirer. Elle était jeune, belle. Elle était nue, désirable. Et ils se sourirent. Oui, elle lui sourit, à lui à qui plus personne n’avait souri depuis si longtemps…. Et il sentit son cœur battre de fierté, parce que cette femme l’avait changé. Parce que grâce à elle, il serait quelqu’un d’autre. Définitivement. Et il se senti grand. Grand grâce à elle. Il l’aida à se redresser complètement, et maintint ses mains dans les siennes. Juste comme çà, doucement... Il vit ainsi de plus près cette jeune femme au visage exceptionnellement beau et fin, expressif et doux. D'un regard gorgé de générosité et de tendresse. Et là, il sentit son corps se ragaillardir, ses vêtements changer, comme par magie. Devenir beaux. Devenir propres.
Le regard de Gaétan fût à ce moment attiré vers le haut. Sans lâcher cette magnifique naïade, il vit le toit de la piscine disparaître et s’ouvrir vers un ciel enchanté. La voûte céleste changea de couleur et devint de feu. Et tous les deux furent plongés dans une douce lumière orangée.

Ils virent dans le ciel comme les lumières d’une autre ville, une ville inconnue où tout serait plus simple. Une ville aux lumignons verts qui crépitaient et dansaient comme dansent les gens heureux.
L’orange, cette teinte de la puissance des Dieux du ciel qui semblaient ainsi offrir un signe de remerciement à Gaétan Babeux. Gaétan Babeux, jadis appelé l’oublié, et qui à cette seconde, tenant la main à cette fée sortie des eaux, venait d’être rattrapé par la vie.
Orange… cette couleur chaude du bonheur et de la sérénité intérieure qu’il venait de retrouver… cette couleur dont le nom marie si justement l’éclat de l'or qui a illuminé le sourire d’un ange…
22:16 Publié dans ♣ La famille Babeux | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
vendredi, mai 23, 2008
Le pont
Pour la troisième fois, j’ai enjambé le grand pont. A cet instant, là où j’ai commencé mon ascension en direction du ciel, à ce moment-là, oui, j’ai entendu cette musique. Comme si la station de radio m’envoyait un clin d’œil complice.
A ce moment là, à l’endroit où le fleuve s’abandonne dans la mer, j’ai ralenti. J’ai levé le pied, juste pour mieux goûter ces douces minutes, me laissant flotter au-dessus de l’eau, au milieu des goélands qui volaient sans effroi autour de moi. Un instant déscotché de la terre, au milieu d’un nulle part aérien, parfumé par ces quelques notes qui tombaient à pic. Prélude d’un moment de fraîcheur.
Oui, tu l’as reconnu toi-même : tout est allé très vite. Trop vite. Beaucoup trop vite. Moi aussi, j’ai vu défiler le temps à toute allure. Je ne suis même pas sûr d’avoir vraiment déjeuné avec toi… en pourtant si ! Au moment du départ, j’ai bien cru qu’un diable espiègle avait changé les aiguilles de nos montres rien que pour raccourcir cette parenthèse qui avait osé casser la routine du quotidien. Cette parenthèse pulpeuse, truffée de confidences, celles qu’on n’ose pas clamer, mais qu’il fait tant de bien d’avouer. De s’avouer doucement, presque en secret, à l’ombre d’un Mouton-Cadet raffiné. Loin de ces conventions, celles dont on se demande bien si elles sont davantage néfastes que ridicules. Ou l’inverse. Mais peu importe…
Si j’étais si bien, c’est qu’au-delà des mots, dans la profondeur de ton regard, j’ai su percevoir les lueurs de ta fragilité, les fragrances d’une grande sensibilité… Dieu merci ! car le plus beau des regards, le plus radieux, le plus exemplaire, s’il ne cache pas l’émotion, la nostalgie, la tendresse, alors il n’est qu’une plate carte postale. C’est cette sensibilité, cette fragilité qui fait tout ton charme, et qui me motive… pour te revoir encore.
Pour la troisième fois, j’avais enjambé le pont. A ce moment de grâce où l’eau douce se meurt dans l’eau salée de l’Atlantique, à ce moment où je me suis senti partir vers le haut, grandir de chez les hommes... A ce moment-là, j’ai entendu cette musique douce.
Celle que je te dédie maintenant. Pour quelques instants d’émotion. Une émotion douce …et salée en même temps.
22:22 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
jeudi, mai 15, 2008
Six louettes
Une fine silhouette,
Vague dans le gris,
Vogue dans sa lumière.
Cette fine silhouette,
Equivoque dans la pluie,
S’enrubanne dans son mystère.
Pour cette silhouette,
Timide à l’envi,
Entre le Ciel et la Terre (*),
Que ces mots retombent sur sa tête,
Comme d’une forêt de confetti,
Chassant les rames des trimères.
Et n’oublie pas, Isacette (**),
Que respire derrière mes folies,
La tendresse du Pythière (***).
Tiré de Sénèque (« C’est quand qu’on tue l’archevêque ? » ; 345 après JC).
- Photographie de Marc "Verrat"...
- Décors de John Lennon
- Costumes de Georges Babeux
- Mise en scène de Agläe du Bois de la Vigne
(*) : correction librement apportée par Goethe le 11 décembre 1676, après la brûlure de cette partie du-dit-document suite à l’incendie d’une station-service.
(**) : meilleure amie de Shakespeare. On voit ici toute l'influence de la langue anglaise sur l'oeuvre de l'écrivain.
(***) : du décrovinchien « Pythièéaas, pythièéréus », signifiant écrivain. Le traducteur, pourtant naturellement doué, a laissé ce mot d’origine pour conserver la rime.
11:51 Publié dans ♣ Mi-ganesh mi-ganach | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, délire, humour, joke, société, parodie
samedi, mai 03, 2008
Humeur du jour
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres,
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux...
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend...
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs...
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !
Brise marine - S. Mallarmé
10:41 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, mallarmé, société, mer, journal intime
mercredi, mars 26, 2008
Pas de tendresse ce soir...
Je ne veux pas de tendresse ce soir. Je veux autre chose, du direct, du cru, du hard. Du sexe.
J’ai envie que tu me parles de toi. Mais vraiment de toi. Sans barrières. Que tu te déshabilles et me dises tes désirs, que tu me parles de tes pensées les plus interdites. Que tu oses casser les conventions, les habitudes, que d’un coup de tes talons-aiguilles tu perfores ce mur d’interdit et qu'enfin tu te livres.
J’ai envie que tu me dises à quoi tu penses quand tu es sous la douche et que tu ressens les premières gouttes de cette eau douce et tiède sur tes épaules. Quand tu prends le gel. Que tu t’en verses une noisette dans la main... quand tu t’apprêtes à te caresser la poitrine. J’ai envie de t’imaginer, en train de te savonner, laissant onduler ta main sur la pointe de tes seins, et les pinçant doucement. J'ai envie de t’imaginer soupeser tes seins, les masser, les assouplir, les secouer avec passion. Que tu me dises comment ton ventre se chauffe au contact de ta paume embaumée et de tes fantasmes interdits. J’ai envie que tu me dises à qui tu penses quand tes doigts s’approchent de ta zone de béatitude, l'endroit de l’intimité absolue que tu commences à caresser. J’ai envie de t’entendre m’avouer qu’à cet endroit tu te masses plus doucement, te donnant du plaisir, un bien-être solitaire. J’ai envie que tu sois crue, choquante, scandaleuse, que tu m’avoues que tu es en train de penser à cette jeune femme que tu as croisée ce midi chez Décathlon... Celle que tu as croisée au moment où tu voulais essayer un short, et que tu es entrée dans une cabine d'essayage... dans une cabine déjà occupée et mal fermée... et que tu as vu cette jeune femme à l'intérieur, cette jeune femme à moitié nue, les seins presque totalement découverts, en petite culotte... Une jeune sportive qui ne t'a pas laissée de marbre... J'ai envie que tu me dises comment, en repensant à tout çà, tes doigts pianotent librement sur ton sexe, tournant et retournant autour de la braise, caressant les arcanes de tes chairs, laissant l’entrée de ton volcan à un doigt malicieux.
J’ai envie que tu me parles d’interdit, que tu m’abreuves de tes visions scandaleuses, que tu me noies de tes cris, que tu me satures de ta sueur, que tu m’avoues en hurlant que tu aimerais que cette jeune femme entre sous ta douche, là, maintenant, tout de suite… appelle-la… oui, lâche-toi… et si elle arrivait vraiment ? Elle entrerait sous ta douche et tu la regarderais, nue, féminine, la bouche entrouverte et prête au partage scandaleux de l'amour et de la tendresse... Tu t’agenouillerais et frotterais sa douce toison contre ta joue. Tu laisserais ta langue tourner à l'entrée de son sexe humide, ce sexe qui a envie de toi... Et là tu aurais envie d’être égoïste, de penser à tes fantasmes, et telle une proposition indécente que tu lui ferais, tu te redresserais et te retournerais pour qu’elle te lave le dos et les reins, de sa sensualité débordante... tu sentirais ses seins s'écraser dans ton dos, et ses mains douces caresser tes fesses jusqu’au delà de la limite de la décence, et pourvu qu’elle ose ce que tu sais être un péché,… qu’elle écarte tes jambes, et que tu t’abandonnes à ce plaisir chaud et digne des films les plus chauds. Gros plan sur votre contact. Gros plan sur ton plaisir. Gros plan sur ses mains contournant ton buste et massant tes seins rougis d'envie... Tes seins gorgés de sucre comme des tétons de raisin, rouges et blancs à la fois, chauffés par le soleil de ton désir, prêts à éclater... Gros plan sur ton visage béatifié, meurtri de bien-être, vulnérable, sans défense, abandonné dans un monde à l’apogée du plaisir, sous une douche de plus en plus chaude, dans la buée de toutes les chaleurs mélangées...
Mélangeant tous tes fantasmes, tu presserais le tuyau de douche, imaginant dans ton délire qu'une forme phallique pourrait compléter à merveille cette femme dont tu as tant envie... Mélangeant tes désirs, débauches de sexes et de plaisirs, tu lécherais la faïence de ta douche tout en martelant ton front contre les carreaux... à ce moment où tu ne sens plus rien, tu ne sais même plus si tu es encore vivante... Hurlant comme un cerf à la seconde de l'hallali, à l'aube de sa dernière heure... plus de sensations, ni de l'eau presque brûlante qui t'inonde, ni de ton propre corps qui semble avoir disparu tant l'extase du moment est fort...
Oui, j’ai envie que tu te caresses en pensant à tes désirs. J’ai envie que tu me dises ce que tu ressens, si tes yeux sont fermés, si ta bouche s’est entrouverte, si tu es saoule de ce moment volé au temps.
Je n’ai pas envie de tendresse, ce soir. J’ai envie que tu me dises que tu aimes çà….
22:02 Publié dans ♣ Chauds shows... | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, sexe, passion, poésie, littérature
jeudi, mars 13, 2008
La boue
Au départ, je n’ai pas compris dans quoi je m’aventurais….
Au début, j’ai suivi le chemin qui se présentait devant moi. Comme un enfant bien élevé. Sans réfléchir. Par réflexe, comme un robot pré-programmé, un lapin automatique qui bat des pattes quand on le remonte. J’ai cru que j’aurais pu aller ainsi en toute confiance, sans me poser de questions. Des gens me regardaient avancer de mon pas décidé. Ils m’applaudissaient, m’encourageaient, me disaient de continuer sur cette voie, que c’était la bonne. Parmi la foule autour de moi, j’ai vu des gens venir me faire une bise tiède et convenue. J’ai aussi vu un prêtre, l’air grave, qui acquiesçait lourdement à chaque pas que je faisais, le long du chemin…. Alors j’ai continué la route, sans me prendre la tête. Et sans plaisir.
Mais, peu à peu, la terre sur laquelle je marchais est devenue humide, puis franchement mouillée. Mais çà je n’ai pas voulu me l’avouer à moi-même. Les pas que je faisais se sont faits lourds, de plus en plus lourds. Je ne me suis même pas aperçu que je marchais dans de la boue… J’étais tellement programmé pour avancer de derrière à devant, un pied devant l’autre, que j’en étais asphyxié, abruti, abêti, vidé de ma consistance. Et vidé de toute notion de plaisir.
Mais la boue, sans que je m'en aperçoive, s’était faite de plus en plus collante, entourant bientôt mes pieds jusqu’aux chevilles, d’une sauce grasse, gluante, adipeuse, et puante. Et collante. Les pas que je faisais, les uns après les autres, sont alors devenus de plus en plus pénibles. J’avais l’impression d’être un vieux cheval de labour, à la merci d'un jockey qui me demandait d’aller encore plus vite, encore plus avant, malgré la qualité du sol, malgré la fatigue : un propriétaire invisible me fouettait avec sa cravache, de toute sa hargne, de toute sa jouissance, de tout son cynisme… Et puis j’ai eu de plus en plus froid… Froid comme quand j’étais malade, enfant, et que je me blottissais sous mes couvertures, cherchant du réconfort… froid comme le dernier souvenir du père, enveloppé dans une housse sombre, au soir d’un sinistre octobre. Mais dans ce moment à l'aube d'une prise de conscience, je me suis rappelé le prêtre et les spectateurs qui applaudissaient… alors j’ai refusé de me poser les questions, et j’ai refusé de me demander pourquoi ma tête se remplissait de plus en plus vite de souvenirs lugubres, de parallèles macabres, d’évocations noires comme la mort… comme un récipient que l’on saoule avec un entonnoir d’un élixir nauséabond jusqu’à ce qu’il en vomisse le contenu dont il a été gavé… alors j’ai étouffé mes doutes, et j'ai continué de marcher, sans m’apercevoir que la nuit commençait à tomber. J’ai continué ainsi, d’un cœur vidé de plaisir.
Ce n’est que très tard que j’ai décidé de réagir. De regarder autour de moi… ce n’est que trop tard que j’ai pris conscience de la géographie qui était devenue la mienne… Plus personne pour m’applaudir… plus ce prêtre prêt à me montrer la direction, plus d’amis encourageants… Seul… Seul parmi les cailloux qui fondaient dans le sol devenu liquide à certains endroits. Froid. Seul. Les pieds pris dans un mastic gluant. Oui, ce n’est que très tard, que trop tard que j’ai constaté que le chemin qui était le mien s’enfonçait de plus en plus dans le sol, comme s’il était grossièrement tracé par une immense ornière créée par un engin monstrueux qui aurait laissé des bulles grises des gaz d’échappement derrière lui… C'est là que je me suis arrêté. Enfin j’ai regardé autour de moi… Je sentais ce vent de neige, froid, cinglant, qui me fouettait l'âme. Ce vent d'outre-tombe qui souffle dans les paysages glauques de Trauner... Ces visions grises et noires, visions apocalyptiques d'une fin de mon monde annoncé. D'un monde qui m'avait privé de tout plaisir.
L’ornière dans laquelle j’étais était devenue très large, tellement large qu’il m’était impossible de toucher les bords et tenter de remonter pour rebondir… des bords qui culminaient à plusieurs mètres de hauteur au-dessus de moi... et dire que je n'ai rien vu venir... Alors j’ai dû demander de l’aide. Moi qui ai toujours tout fait tout seul, moi l’ancien battant, moi qui ai toujours cherché la gloire dans mon indépendance, il m’a fallu supplier, crier, mais çà ne suffisait même pas… J’ai entendu, à l’étage des vivants, les bruits d’une fête foraine, puis j’ai senti le parfum sucré des barbes à papa de mon enfance, et alors j’ai crié de plus en plus fort… Et plus je criais, plus je me sentais sucé par cette boue avide de mon être, me tirant vers le bas sans relâche. Toujours un peu plus, à l'image de ce vent qui se faisait de plus en plus mordant sur mon corps en haillons. Juste au dessus de moi, à l’étage des vivants, je prenais conscience que d’autres vivaient dans le plaisir.
Parfois, certains visages se rapprochaient, pour regarder… Certains ont ri de me voir ainsi, esseulé dans la boue merdeuse dans laquelle j’étais devenu prisonnier… Certains m’ont lancé des papiers en essayant de me viser, comme si j’étais devenu un chamboule-tout à moi tout seul… Un stand de foire comme un autre, coincé entre le train fantôme et l’exhibition de la femme-araignée… Ils ne prenaient même pas le temps de me regarder avec attention… Ils venaient, jouissaient de me voir, et repartaient aussitôt, comme devant un objet inintéressant… Certains, moins agressifs, à l’apparence plus compatissante, tentaient de me lancer un câble pour me tracter en dehors. Mais, quand j’arrivais à en saisir un de mes doigts engourdis de froid et de solitude, il ne résistait pas à mon poids augmenté de la force collante du sol qui empêchait tout mouvement… Et, pire encore, tout mouvement vain me faisait m’enfoncer davantage… Car leur compréhension n’était que pitié… et dans ces conditions, çà ne pouvait pas me faire décoller de la fange qui commençait à me mordre la peau par son froid et son acidité... Une fange qui, à force d'éructer ses odeurs fétides, attirait les moustiques, les cafards, et les mouches vertes.
Alors j’ai crié encore plus, j’ai hurlé à la mort, tel un chien abandonné, sale de tiques et de puces, tel un bâtard amaigri de solitude. Tel un hérétique se cachant de l'inquisition, un lépreux mis au ban de l’humanité, dans les oubliettes du temps… Comme un suppliant dans l’église du monde, loin de Dieu et déjà si loin des hommes…
Et c’est là je t’ai vue, avec tes cheveux soyeux… Je t’ai remarquée de suite, parmi les curieux qui jetaient un œil dans ma direction. Car toi tu m'as regardé avec des yeux doux et tièdes comme un ciel d'azur, et surtout tu m'as regardé avec ton coeur. Et avec ton cœur tu as compris. Avec tes émotions. Avec ta sensibilité. Oui, tu as compris. Tu étais infiniment loin, comme un point sur une carte, mais je savais que c’était justement vers ce point qu’il fallait que je regarde… Oui, déjà de loin, je t’avais repérée, et pour une fois, mon intuition avait été la bonne. Tu as de suite compris que me jeter un filin d’acier pour me repêcher aurait été un acte impuissant. Toi tu as saisi une longue mèche de tes cheveux et tu me l’as lancée. J’ai failli sourire devant la lumière qui jaillissait de cette idée, devant l'intelligence de ton coeur, car je savais que, loin de la fragilité apparente de ce cadeau, cette mèche serait bien plus solide que les câbleries industrielles et courantes ; oui, j’étais tellement soulagé que tu m’aies compris, que j’aurais volontiers souri si les gerçures de mes lèvres ne m’en avaient empêché… J’ai saisi avec passion tes éclats roux et fleuris… J’ai saisi cette mèche douce qui, comme je m’y attendais, s’est révélée très solide. D'une solidité exceptionnelle. Alors je m’y suis arrimé franchement, comme on fait en grand naufrage avec une bouée de sauvetage, je m’y suis appuyé de tout mon poids. J’ai tiré dessus en pleine confiance… à aucun moment je n’ai eu peur qu’elle rompe…
Et depuis, tu sais, j’ai l’impression qu’un de mes pieds recommence à bouger… Mais tu es si loin encore, et le chemin qui pourrait me mener à toi est si long…
Tu as vu, on dirait que la boue se solidifie... que l'odeur part... que la tiédeur revient peu à peu... tout doucement.... Il y a une fleur qui repousse à mes cotés… regarde-là. Elle sent bon. Elle est belle… Je crois que je vais trouver la force de me baisser pour la cueillir… et si tu te rapproches un tout petit peu de moi, je crois que je viendrai te l’offrir… Et le jour où je te l'offrirai, ce jour où je pourrai tout simplement te serrer dans mes bras, même si cela doit être dans un an ou dans un siècle, à ce moment-là, à cet instant-là, je lèverai les yeux vers le ciel.
Et je sais que j'y verrai des anges...
07:32 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [1] | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : poesie, société, amitié, confiance, passion, desespoir, tendresse
lundi, mars 10, 2008
Tic et Tag sont sur un Norio...
"Tic et Tag sont sur un Norio... Tag tombe à l'eau...." - post sous-titré :"Dialogue avec mon psy"...
J’ai tellement attendu que, du coup, j’ai été tagué deux fois !!! Pour la peine, après avoir remercié mes deux charmantes camarades, Mi-souris et Manue, c’est à moi à me révéler en 6 points… mais comme je fais jamais les choses comme les autres, je vais en faire 6 pour chacune, donc 12…. Et toc … pour les tic du tag ! çà compensera le fait que je ne connaisse pas assez de monde pour faire suivre ce test à une demi-douzaine de blogueurs… Mais bon, arrêtons là la parlotte :
- Si j'en crois ce que me disent certaines de me copines, je suis complètement marteau.... Je n’hésite pas à faire des kilomètres pour voir une amie, à faire des folies pour les gens que j’aime…. Et pour m’arrêter dans ma lancée, il faut une tétrachiée d’ABS… Tête de mule ? ben oui, pourquoi le nier… Fidèle ? en amitié, là y a pas de doutes !
- Je ne juge pas les autres, je ne me mêle pas de la façon dont ils vivent. Et réciproquement...
- Y a des gens avec qui j'ai du mal à m'entendre : en particulier avec ceux qui font semblant, ceux qui s’arrêtent au premier écueil, ceux qui suivent les sentiers battus, mais aussi avec les pédants qui mettent un mot d'anglais toutes les phrases, rien pour nous faire croire que l'anglais, c'est la langue du management... Mais non, Sigmund, je t'aime bien, toi... j'aime bien les teutons, tu le sais bien... (hein ? oui, y a un jeu de mots, là...).
- Exigeant ? Certainement… Chiant ? c’est (fort) possible… mais j’ai pas voulu un test édulcoré… alors vous allez en avoir pour votre argent dans cette restit’ !
- Quand j’enlève mes chaussettes, le soir, j’ai la manie de les sentir…. Sigmund, c’est quoi ce syndrome ?… Plein de mecs font çà ?... ah bon, çà va, tu me rassures alors !
- Mon premier critère pour choisir un livre à lire : l'épaisseur. Les bouquins de moins de 800 pages, çà m'ennuie. J'aime bien les pavés... En ce moment, je me tape "A la croisée des mondes".... Je sais, c'est pour les ados... Ça te pose un blème, Sigmund ? J'ai dit que c'était le premier critère, mais pas le seul ! (non, je lirai pas l'annuaire de Paris... y a beaucoup de personnages, mais l'histoire est d'un rasoir !!...). Le prochain ? peut-être "Le monde de Narnya".
- Je peux m’énerver pour des conneries, par exemple je ne supporte pas le mot « orangeade », ni l’expression « c’est chic »… Ça me fait penser à la bourgeoise qui parle la bouche pincée et qui embrasse les lèvres dans le vide. Moi, quand je fais un bisou, je fais un vrai bisou. Je serre dans les bras. Sinon, c’est la main que je serre…
- Jaloux ? oui, c'est possible. Mais jamais du matériel. Je m’en fous du matériel. Comme je me fous de la marque d’une bagnole, de celle des fringues, et de la marque des cigares de Sigmund...
- Bordélique ? ouh là là... j'ai droit à un joker ?...
- J’aime bien les jeux de mots à deux balles, et sur tous les registres…. et en particulier sur la religion ! (à ce propos, si je ne crois que très peu à un Dieu dont je n’ai pas encore vu la trace, çà fait belle lurette que je ne crois plus en ses hommes à lui… moi je crois en l’être humain et en l’amour…). Brel a tout dit... et encore mieux que Sigmund !
- Affectueux ? oui, trop, même. Limite "pot de colle"... Papouilles, câlins, bisous baveux, … çà va avec « sensibilité féminine », je crois, non ? Hein Sigmund ?

- Quand j’ouvre mon piano, avant de prendre une de mes partitions, je fais toujours quelques phrases en tonalité de la-mineur et, rebondissant sur le sol#, j’enchaîne sur un accord de miM7… Et j'alterne les deux tonalités, de l'une à l'autre, de l'autre à l'une... Les mélomanes comprendront… Pour faire simple, ce que je retiens de çà, c'est l'alternance entre la nostalgie du mineur et la volonté du majeur... je crois que c’est assez moi, çà… Et quand j’ai le blues, c’est un bain de musique qui me ravive. Direct dans les oreilles. Un piano profond, une voix, des mots forts… Et là, on me laisse tranquille svp…
- Oui, j'ai déjà pleuré devant un film... "Les lumières de la ville", par exemple. Moi je trouve que c'est pas une preuve de faiblesse qu'un mec avoue çà... Sigmund, tu peux me préparer une synthèse sur un 21x29.7 là-dessus ?
- Je peux regarder pendant des heures une carte de France, d’Europe, ou d’un pays méconnu… je regarde les noms des contés, des fleuves, des montagnes. Sigmund, c’est le révélateur d’un besoin d’évasion ?
- J'adore jouer au Kaplas avec ma fille, faire des énigmes avec l’un de mes fils…. Sigmund, çà veut dire quoi, çà ? Que je suis un éternel enfant ? Je reviens du ciné où j'ai vu "Le dragon des mers" (parce que ma 'tite soeur me l'avait conseillé...) ; pas mal, mais j'ai préféré le dernier Disney : "Il était une fois"...
- Fana des sms ? ah que oui... j'adore faire des textos à mes amies quand je m'ennuie en réunion... A propos, çà fait longtemps que tu m'en as pas fait toi... Non Sigmund, c'est pas à toi que je cause.... Je cause à mes copines...
- Couche-tard, lève-kantipeut...
- La nuit, j'aime ne rien porter... le contact de la couette... j'adore ! Mais bon, lors d'un grand froid sibérien, là je peux mettre un simple tee-shirt...
- Une bonne affaire au lit ? C'est pas à moi à le dire.... mais "j'aime" comme "je suis", avec mes émotions, et ma tendresse. Pour décoder, je suis un de ceux qui attachent une importance essentielle aux préliminaires... Y en a qui aiment, d'autres non... Non, Sigmund, toi tu m'intéresses pas, sur le coup !
- J'aime pas quand un femme se met du rouge aux ongles... Généralement, çà me "bloque"... Va savoir pourquoi !...
- Imprévisible ? ben oui, je vous avais promis 12 points de restitution, et j'ai dépassé, non ? Sigmund, écrase, tu me fais ch***...
D’autres questions ? Merci de votre attention.
Alors maintenant, je passe le relais à Sidonie, Peewee, Ficelle, Kitty.
08:18 Publié dans ♣ Jamais sans mes copines | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié, confiance, société, littérature, tag, poésie
lundi, février 25, 2008
Merci...
Alors çà y est, je suis revenu. J’ai retraversé les terres et la mer dans l’autre sens.
Et curieusement, sur la dernière ligne droite qui me menait à ma garçonnière, je n’ai ressenti ni l’angoisse, ni l’inquiétude habituelle de savoir si mon petit nid était toujours intact. Tout au contraire, pour la première fois, j’étais habité par une grande sérénité.
Très tôt ce matin j’ai donc tourné la clef de la porte principale, celle par laquelle arrivent mes invités. Et puis je suis entré, avec une impatience et une curiosité difficilement contrôlables. Je suis entré avec mes gros cabas chargés de souvenirs aux parfums du cuir brut, du cuivre, de l’encens. Au fond de ma valise, des épices, des mélanges à tout faire, du piment, et bien sûr le safran, éclatant de couleur et de caractère. Dans ma poche, un bracelet fantaisie marchandé à bon prix.
Je suis entré, serein, et je me suis posé là. En humble spectateur. Ma première émotion, le calme du parfum. Une odeur de fleur fruitée, une odeur où le caractère se cache derrière la douceur. Était-ce l’effet de la cannelle que j’avais ramenée parmi d’autres épices ? l’odeur d’un miel suave et corsé que tu m’aurais offert ? l’odeur des fleurs fraîchement coupées que tu as disposées avec tendresse dans un vase en cristal ? Je ne sais pas, mais c’était bon.
Cet appartement, c’est mon nid secret, mon jardin douillet où je m’abrite sans honte loin de mes angoisses…. Ce matin, en y entrant, il m’a semblé plus grand qu’à mon départ. Plus vaste, plus aéré. Plus lumineux. J’ai écarté les bras. J’ai fermé les yeux. Et puis enfin… enfin j’ai pu respirer.
Derrière mes yeux mi-clos, j’ai vu des constellations de faïences, comme celles qui colorent l’Italie, du Piémont ou de la Toscane. J’ai vu des pierres précieuses, des rubis d’un bleu éclatant qui baignaient dans une musique douce... une musique qui berçait les couleurs et les émotions, qui pénétrait les murs, traversant les cloisons ou rebondissant sur les posters représentant les grandes plages du Nord…
Alors j’ai souri. Seul, face à ces sensations, lisant ce petit mot de bienvenue griffonné sur un papier posé sur le comptoir du bar. Oui, j’ai souri. D’un sourire de tendresse et d’admiration. D’un sourire qui voulait dire merci.
Alors maintenant, je n’ai vraiment aucune envie de te reprendre le double des clefs. Garde-les. Te laisser mes clefs, c’est pour moi la façon de te dire que tu seras toujours la bienvenue chez moi.
Maintenant, écoute. Je crois que tu l’as amplement mérité :… écoute le piano… écoute… écoute sa force, écoute cette musique profonde qui nous habite, sincère et pénétrante. Il est pour toi, ce morceau.
Allonge toi et ferme les yeux. Et laisse-toi décoller…
Encore merci, Sev. Merci du fond du cœur.
Sweet kisses to you.
19:14 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [1] | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié, confiance, société, littérature, dessin, poésie

