samedi, janvier 10, 2009

Cocktail

C’est la galette des rois à l'entreprise "Dujnou", et Ludwig Babeux a été nommé depuis trois mois à de hautes fonctions managériales de manager (prononcez « manager’’ », à l’anglaise, sinon ça fait tarte). Il se ballade, fier comme un paon à deux balles, un verre de mousseux à la main (restrictions budgétaires obligent, le bon vieux champagne, c'est fini...). La cravate froissée, la chemise fannée, le pantalon usé, il se prend pour le roi du monde ; il passe et repasse parmi ses sujets qu’il a réunis dans la salle polyvalente pour leur souhaiter les super-traditionnels vœux de bonne et heureuse année pour l’année nouvelle qui vient de commencer.

Après avoir gavé toute l'assemblée d'un discours tiède et bateau de chez petit-bateau (Rrrr... pschiiiiii... Rrrrr... pschiiii... Rrrr.... pschiiii), quelques scènes Babesques piquées au hasard…

 

- Oh bonjour… euh, André, c’est ça ?

- Non, monsieur le Directeur. C’est Jean-Louis !

- Jean-Louis, bien sûr, mais notez que j’étais pas loin !

- ……. Euh… bien sûr, monsieur. Alors bonne année à vous, monsieur le Directeur !

- Bonne année, mon petit Jean-Luc…

 

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- [Putain la nana dans le fond, elle a de ses nibards !!! Je vais aller lui dire bonjour…. Mmmm]... Bonjour mademoiselle, comment allez-vous ? Vous êtes très... charmante, vous savez…

- Oh….. vous me faites rougir, monsieur le Directeur… Bonne année à vous….

- A vous aussi mademoiselle…. Portez les vous bien ! Euh… je mets en place un annuaire de l’équipe pour que nous nous connaissions mieux…Je crois beaucoup en la valeur du collectif pour atteindre des objectifs ambitieux…. Et je souhaiterais connaître les numéros des portables de toute mon équipe… Il faudra que vous me donniez le vôtre ! [en fait, c'est juste le tien que je veux, ma cocotte, parce que tu me plaît... le collectif, je m'en bats les c...]

- Oh monsieur le Directeur, je voudrais bien, mais vous avez supprimé les budgets il y a deux mois et je n'ai plus de portable… en cas de besoin je prends celui de mon mari… Vous voulez que je vous le donne ?
- Ah… bon… on verra…. mon assistante vous contactera….

mardi, décembre 16, 2008

L'approche des fêtes...

Voilà les fêtes qui approchent, avec leur lot de conventions, leur lot d'habitudes. Les mêmes réflexes, vus et revus. Les mêmes mots sortis des mêmes dictionnaires poussiéreux. Et au milieu de cette poussière, le froid qui entre dans mon costume parvient à transpercer ma chemise, à brûler mon torse, à traverser ma peau pour mieux glacer mon corps. Un corps qui, dans ces périodes, bouge comme un automate sur piles molles. Juste par réflexe. Pas par envie. C'est la période qui veut ça.

Les sourires polis, les traditions stupides, les mêmes rêves meurtris, les mêmes regards pensifs, les hypocrisies latentes, encore là, toujours ici, jamais partis. Les mêmes mots, les souhaits "copiés-collés" sortis du bottin mondain réécrit à l'identique chaque année. Les mêmes gestes exhibés jusqu'à plus soif. Mais moi je n'ai pas soif. J'aurais plutôt faim. Faim de tendresse et de sincérité. Faim de douceur et de sensualité. C'est la période qui veut ça.

La traversée de mon hiver. Ma traversée du désert. Une zone du calendrier que je voudrais piétinner pour mieux l'oublier. Je traverse un désert froid, où le vent qui mord ma peau m'arrache encore un peu de mon capital d'innocence, le transformant en copeaux glacés qui tombent en flocon de neige sur laquelle les enfants jouent. C'est l'approche des fêtes, l'approche de la défaite : ma retraite de Russie à moi. C'est la période qui veut ça.

C'est là où je me prends à envier ces petits animaux qui, gavées d'énergie à l'approche des premières fraîcheurs, s'endorment au plus profond de leurs terriers pour ne se réveiller que bien plus tard, au moment où les jours rallongent. Ragaillardis par les bénéfices d'un hibernage si agréable... C'est la période qui veut ça...