dimanche, juillet 27, 2008
Les petits lapins
L’autoroute s’est arrêtée en pleine campagne. Autour des voies calmes qui bordent les allées aux vieilles maisons, la liste des traditionnels changements commence, un peu comme un jeu... Tiens, sa voisine a repeint ses volets, la boulangerie a ravalé sa façade, et c’est plus joli comme çà...
Mais à l’approche de la maison, on voit bien que là, tout est resté figé. Comme si le temps n’avait pas de prise, si ce n'est le vieillissement naturel des fleurs, des murs, des fers et des arbres.
A l’intérieur, rien n’a bougé. A part le dos qui se voûte toujours un peu plus en fil des visites. De trois-mois en trois-mois, de saison et saison, d’année en année, le temps marque toujours un peu plus de son cruel canif la signature de la vie qui passe.
Même la peinture s’y met en se décollant un peu plus à chaque fois des radiateurs en fonte de la salle de bain. Et le papier peint se ternit par endroits. Dans un tiroir, les petites boîtes, quant à elles, restent toujours rangées à la même place ; elles n’ont aujourd'hui d’autres missions que de rester là, vides de toute utilité et de toute raison d’être. Ces boîtes vides de vie, mais remplies de l’illusion des souvenirs.
Dans le placard de la cuisine, les mêmes assiettes, le même plat blanc à gratins, avec ses sortes d’« oreilles » pour bien le prendre. La tasse est toujours là, pareille à elle-même, portant le nom gravé d’une personne qui est partie depuis bien longtemps.
Dans une des chambres, les peluches sont encore là, fidèles au poste. Le chien Pipo est toujours aussi décoiffé et n’intéresse aujourd'hui plus grand monde. Mais il reste là à monter une garde inutile, et à tenir compagnie à deux ou trois jouets désarticulés enveloppés dans un linceul en sachet transparent serré par un élastique.
Au sous-sol, là où végètent les restes des bocaux de conserve jadis utilisés pour les coulis de tomate ou la confiture de cerises, la poussière commence à régner de toute sa morgue. Car au-dessus de la troisième étagère, plus personne n’y va désormais. Et plus personne ici ne fera ni de confiture, ni de coulis d'ailleurs. Alors on les garde, simplement pour se souvenir qu’un jour, on en a fait.
Les parfums d’une nostalgie qui essaie de résister au temps ne ressusciteront pas les vrais moments. Les moments réels. Ceux de l’amour d’avant. A l’époque où ceux que l’on aimait n’étaient pas couchés dans des cercueils sur lesquels trop de larmes ont plu.
Ici le temps semble s’est arrêté : le présent se confond avec le passé. Et le futur vit sur le fil d’un terme compté.
Mais près de la cave, au milieu de ces photos statiques d’un autre siècle, un objet a été enlevé, laissant entrevoir une malle inconnue. Dans la malle ainsi réouverte, des linges qui ne serviront sans doute jamais plus, des tissus gardés par peur de devoir manquer... mais manquer de quoi, après tout ?.... Ces tissus n’attendent maintenant plus que le son du glas pour être donnés à des nécessiteux.
Et dans cette malle, à l’intérieur d’une boîte mal fermée parfumée d'une naphtaline à l’odeur têtue, un bout de tissu qui dépasse. Un tissu doux, à la teinte bleue claire, fraîche, calme… Une fois tiré de son sommeil, c'est une parure qui apparaît. Un couvre-lit, un double-rideau, un cache-pouf, tout cela cousu à la main, avec la vieille machine à coudre….
Et là, c’est un souffle prisonnier de trente ans qui emplit la pièce. Les petits lapins, le coq, le cheval sont toujours là, fidèles au poste. Comme s’ils avaient été décrochés de la veille. Immobiles devant ce passé qui ressurgit sans prévenir, mes yeux émus regardent tous ces joyeux compagnons, comme s'ils revoyaient de très très vieux amis, lointains, mais pas oubliés.
Soudain, la pièce s’illumine, les bocaux se remplissent, et un petit garçon tout guilleret traverse le couloir pour sortir de la maison en courant, après avoir salué de tout son amour ses parents et ses frères. Avant d’aller à l’école, le cartable sur le dos. Un enfant heureux, espiègle, baigné d’affection, insouciant à l’époque d’avant les drames. Des rires se font entendre au premier étage. De la musique aussi. De la musique de la mode d'avant, et qui emplit l’air.
On aperçoit la R16 dans le garage et le plein a été fait. La 4L est juste derrière.
Des parfums oubliés... Guerlain pour hommes. Puis le générique des chiffres et les lettres… La voix de Jacqueline Caurat.
A l'étage, on dirait que ça sent la cannelle, tout d’un coup. Les pâtisseries orientales, les dattes, la sauce tomate au basilic qui vient d’être cueillie dans le jardin généreux.
D’un coup ça sent la vie… Le temps d’un instant… d’un éclair de temps.
Serait-ce à cause des larmes qui coulent de mes yeux que le tableau devient flou ? Suffisamment flou pour que les petits lapins semblent se mettre à courir d'eux-mêmes dans une nouvelle folle aventure sur l'écran d'un double-rideau bleu. Comme si le temps faisait pour une seconde une boucle sur lui-même, à l'image de cette biquette qui se cabre, effrayée par un animal peut-être un peu trop téméraire... L'écureuil, à l'heure qu'il est, doit être bien loin... En trente ans, il a largement eu le temps de faire sa vie, d'élever ses petits. Puis il s'est éteint. Celui qui joue avec une noisette, là, sur cette parure, n'est qu'un leurre. L'image d'un passé auquel il est dangereux de se raccrocher.
Et puis bon sang pourquoi ce tissu est-il en si parfait état ? Il aurait dû être terni, lui-aussi, il aurait dû être jauni, mangé par les insectes. Il aurait dû être en lambeaux. A quoi ça sert de l'avoir mis tout ce temps dans de la naphtaline, à part à se faire du mal ? A quoi ça sert d'avoir conservé ce morceau de vie qui n'est plus le présent ? A quoi ça sert d'avoir ainsi voulu figer les choses ? A part réveiller la douleur... Oui, la douleur est là. Elle fait mal. Elle taraude le présent. Les voix qui rebondissent sur les murs froids ne sont que chimères, réminiscences de ceux qui sont partis vivre leurs morts bien loin de nous. La page est tournée. Tout cela est derrière, et ne devrait pas être ailleurs... Bien sûr que je donnerais cher pour enserrer de tout mon amour ceux qui ont trop tôt déserté cette maison. Par maladie. Par accident. Bien sûr que je serais prêt à me damner rien que pour pouvoir les revoir, tous les deux. Mais je ne le peux pas. C'est fini tout çà.
Tout ça, c'est plus le présent. C'est pas la vie.
Alors vite, remballons cette parure et laissons ces souvenirs repartir comme ils sont venus. En haut, on m'appelle. Le dîner doit être prêt ; je n'ai pas vu l'heure avancer... Alors, le temps de sécher mes larmes, et me voilà grimpant l'escalier, l'air de rien. Mais soudain, alors que je venais d'arriver en haut, en me retournant il m'a semblé voir au sous-sol comme une ombre bouger en s'éloignant de moi, pour aller dans la direction d'où je venais. Certainement une impression... Bien sûr, rien qu'une impression, qu'est-ce que ça aurait pu être d'autre ?
Mais rien que l'espace d'un moment, je crois que j'ai aimé imaginer que cette ombre furtive soit celle d'un des petits lapins échappé du tissu... Un petit lapin plus aventurier que les autres, et qui chercherait maintenant à rejoindre ses petits copains.
Juste pour continuer à vivre avec eux sur le linceul de mon passé. A jouer sur le grand drap de mon enfance...
Un drap aux couleurs du Ciel.
De la paix.
Aux couleurs de l'eau, comme celle mêlée de larmes, de joie ou de peine, et qui coule paisiblement sous les ponts...
06:57 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : société, écriture, litterature, enfance, journal intime, nostalgie
vendredi, juillet 25, 2008
Kleenex
Mouchoir blanc devient noir à faire semblant de vivre, mais reblanchit à vous lire. Vos sourires le lavent, vos éclats d’affection le repassent. Vos confidences le rendent résistant. Ainsi grâce à vous il peut survivre dans son cycle de tendresse, et ne sera pas jeté dans la première poubelle publique venue, au milieu des épluchures de bananes, des trognons de pommes, des restes de pain.
Depuis des siècles, et pour autant d’ères, il est pour vous, à condition que vous ne l’oubliiez pas.
Vos absences le salissent, le fragilisent…
Il est trop sensible pour ne pas être tourmenté par le vide.
15:41 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, amitié, tendresse, société, solitude, journal intime
jeudi, mai 08, 2008
La rouille
Maxime le Forestier / La rouille
08:28 Publié dans ♣ Idem, et Ibid aime [1] | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, amour, amitié, société, journal intime, maxime le forestier
samedi, mai 03, 2008
Humeur du jour
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres,
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux...
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend...
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs...
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !
Brise marine - S. Mallarmé
10:41 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, mallarmé, société, mer, journal intime
vendredi, février 01, 2008
Save the last dance for me
Jeudi 22, 17 heures
Va danser toutes les danses que tu veux,
Dans les bras de ceux qui t’entraînent au loin...
Va sourire des sourires merveilleux,
Pour les danseurs qui te tiennent la main...
Mais n’oublie pas que je serai là
Pour te conduire enfin chez toi ;
Garde bien la dernière danse pour moi...

Va danser tu peux t’amuser,
J’attendrai le tour de notre retour...
Si quelqu’un veut t’accompagner,
Jusqu’à la maison dis lui bien que non...
Car n’oublie pas que je serai là
Pour te conduire enfin chez toi ;
Garde bien la dernière danse pour moi...

You can dance,
Il y a,
Go and carry on,
Quelques fois des refrains,
Till the night is gone ;
Plus forts qu’un vin ;
And it's time to go ;
Ils vous tournent la tête,
If he asks,
Chante et ris,
If you're all alone,
Et je t’en supplie...
Can he take you home,
Qu’aucun de ceux-là
You must tell him no...
Ne prenne ton coeur

And don't forget,
Oui n’oublie pas...
Who's taking you home
Que c’est dans mes bras
And in whose arms you're gonna be...
Que ce soir tu t’endormiras...
Oh darling...
Garde bien...

Save the last dance for me.
La dernière danse pour moi.
Oh darling save the last danse for me ...

07:50 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [1] | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, ecriture, poésie, normandie, tourisme, enfance
mardi, janvier 22, 2008
20 septembre 2004
Comme un pèlerin, la tête baissée, les yeux secs d'avoir trop pleuré, j'ai arpenté pour la millième fois ce long couloir qui m'a ramené à la chambre 111. Cette chambre du bout, tout au fond, là-bas dans une impasse... L'impasse de toi, l'impasse de nous.
J'ai longuement regardé cette porte close, le teint blanc comme celui d'un prisonnier vidé de passion, asséché de ta sève, et qui arrêterait un court instant de traîner ses lourdes chaînes rouillées. Ces chaînes d'un bagnard privé de ta lumière.
Comme un pénitent, perpétuel condamné au froid.
Comme le fantôme de ces lieux. Le fantôme de tes yeux...
Devant cette stèle de bois vernis, j'imagine un instant que je suis nu sous mon aube de communiant, et que je m'apprête à lécher ton corps...
Mais aujourd'hui la poignée est restée fermée.
La poignée est restée froide.
Comme ton coeur.
Comme mon sang.

08:27 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [1] | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, journal intime, société
mercredi, janvier 16, 2008
J'ai fait un rêve
Cette nuit, j’ai fait un rêve. Enfin…, non, ce n’était pas tout à fait un rêve, en fait. Tout cela a commencé par la douce pensée que j’ai eue au moment où je me suis tourné sur le ventre, dans le noir, au moment où mes yeux se sont fermés, au moment où je me suis laissé sombrer dans le néant nocturne, embrassant mon oreiller de toute ma chaleur et de toute ma solitude. Je parle de cette pensée agréable que l’on se fabrique volontairement, juste pour nous accompagner dans le passage quotidien vers le nouveau monde. Mais cette nuit, j’ai été comblé, car j’ai eu le privilège de pouvoir prolonger cette douce pensée en rêve libéré, avec tous ses délires et ses apparentes incohérences.
Au début j’ai voulu me propulser en pensée sur le quai d’une gare. Car dans mon imaginaire, c’est là que nous avions rendez-vous, toi et moi. A cet endroit et à cette heure-ci.

J’ai vu le train arriver. Ponctuel. Je suppose que c’est à ce moment-là que la pensée du soir s’est métamorphosée en rêve, car ce n’est pas un train moderne qui est venu, mais un train à vapeur, avec sa grande cheminée qui crachait tout ce qu’elle pouvait ! Et puis je ne sais pas pourquoi, mais tous les gens qui marchaient autour de moi étaient de couleur pâle, comme en pastel, ternes, limites noirs-et-blancs. Il y avait un monde fou, entre ceux qui descendaient du train qui venait d’arriver, ceux qui cherchaient leurs voies, ceux qui accompagnaient les voyageurs… Une foule étourdissante, dont l’écho rebondissait sur les verrières installées à une hauteur démesurée.
Je ne saurais dire s’il faisait chaud ou froid, puisque je ne percevais pas la température, mais ce qui m’a frappé, c’est que non seulement tous ces gens arboraient des tenues d’hiver, mais surtout que ces tenues avaient traversé les années en provenance d’un autre siècle : je ne voyais autour de moi que des femmes avec des cols en renard-argenté, des hommes moustachus en pardessus démodés et chapeaux, cannes et gants.
Et dans ce brouhaha sans couleur, dans cet hiver gris d’outre-temps, je t’ai enfin aperçue, toi, seule actrice de mon film à avoir été colorisée, vêtue à la mode d'aujourd'hui, avec un haut blanc d’été, très contrasté avec les tenues hivernales, fades et tellement viellies des autres personnes. Tu avançais vers moi, à moitié cachée par une grosse dame à chapeau, que tu arrivais tout juste à dépasser grâce à ton mètre soixante six.
Tu ne portais pas exactement un tee-shirt, mais une tenue aérée que les jolies femmes portent dès la fin avril, à l’approche de la belle saison. Tu ne donnais pas l’impression d’avoir froid, dans cette tenue décolletée qui me faisait penser à une délicate broderie blanche, agrémentée d’un collier auquel tu avais su suspendre avec élégance un porte-bonheur en argent. Tu es venue vers moi, le sourire aux lèvres, et tes yeux clairs remplis de soleil.
Alors nous nous sommes arrêtés l’un en face de l’autre. Un petit mètre nous séparait. Nous nous sommes regardés un court instant, puis je t’ai prise dans mes bras et t’ai serrée très fort. J’ai senti tes mains m’enlacer et nous sommes restés ainsi un temps que je ne pourrais fixer sur l’échelle traditionnelle humaine des heures, minutes et secondes.
Puis je t’ai fait un énorme bisou dans le cou, que tu m’as rendu. Un bisou de gentillesse, de tendresse, de douceur, qui voulait dire « Je suis si content de pouvoir enfin te rencontrer »... Et puis nous nous sommes regardés de nouveau. Nous avons souri.
L’instant d’après, tu avais subitement disparu, comme volatilisée, comme partie en fumée. Mon regard est parti à ta recherche. J'ai constaté avec surprise que les décors et les figurants s’étaient subitement colorisés, et que mon univers avait gagné quelques décennies de modernité.... mais je ne saurais dire pourquoi… Finalement, je t’ai retrouvée attablée dans un bar, un peu plus loin, de l'autre coté du quai de la gare.

Un homme était assis avec toi. Il a fallu que je plisse les yeux pour être sûr de le reconnaître… car cet homme, c’était moi. J’étais comme « sorti » de ma personne et j'avais pris la peau d’un simple spectateur anonyme qui nous regardait, toi et moi, depuis le quai. On était tout près l’un de l’autre. On se réchauffait le cœur de nos confidences… Parfois nos mains se touchaient avec une chaste douceur. A deux reprises, tu as saisi ma main et l’as prise dans les tiennes, la serrant affectueusement, embrassant son dessus comme pour me réchauffer et me réconforter. Une autre fois, c’est moi qui ai saisi tes deux petites mains dans les miennes, et plaqué leurs paumes contre mes lèvres qui s’étaient faites soie à ton contact. Nous étions deux complices se confiant librement l’un à l’autre, sans tabou. Je n’ai pas perçu un seul mot de cette conversation ; elle avait l'air très dense, et je ne doute pas une seule seconde qu’elle ait dû être délicieuse, comme le thé qui attendait d’être bu sur la table devant laquelle nous étions installés. Un mélange de rires, de sourires, de regards attentifs, parfois graves, parfois légers, mais toujours compréhensifs.
Toujours doux.
Mais les rêves, si beaux soient-ils, ont l’indélicate attention de s’évanouir au moment où l’on s’y attend le moins… Et le passager anonyme du quai, le voyeur inconnu dont j’avais pris les habits a vu ses yeux s’embrumer d’un voile d’émotion. Ne pouvant contenir des larmes de tendresse, sa vue s’est brouillée, ne laissant la perception qu’à des formes, à des teintes, jusqu’à ne plus rien voir du tout. Un peu comme un rideau qui serait tombé entre deux actes.
Dans la vraie vie, celle de ma solitude nocturne dans laquelle je m’étais délicieusement abandonné, j’ai ressenti la secousse de l’entracte, et, dans une semi-inconscience, j’ai pu constater que mon corps n’était pas endormi de façon uniforme, et que le bien-être de ce film ne m’avait pas laissé indifférent.
J’ai recherché une position encore plus confortable dans mon lit en prenant inconsciemment soin d'enterrer profondément dans l'oreiller mon visage rasséréné par ce instant de douceur : comme pour en garder le souvenir... encore un peu...
Et à l’image de la lune au dehors qui rayonnait de son dernier quartier, j’ai laissé sur mon oreiller l'empreinte d'un petit croissant de sourire que je voulais t'offrir...
Euh… à propos, tu prends du sucre dans ton thé ?
07:40 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [1] | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, ecriture, poésie, train, onirique, rêve
mercredi, janvier 09, 2008
Je voudrais tant que tu sois là...
...
Je voudrais tant que tu sois là, pour te dire ma solitude
Pour te dire ma lassitude, de te savoir si loin de moi
Je voudrais tant que tu sois là, pour te dire mon espérance
Et le prix que je paie d'avance, de t'avoir un jour toute à moi
Dans mon désert y a pas de fleurs, pas d'oasis et pas de vent
Et si tu venais plus souvent, ça ferait du bien à mon cœur
Mon pauvre cœur
Je voudrais tant que tu sois là, pour réveiller mes fleurs éteintes
Ton absence comme une plainte, vient toujours me parler de toi
Je voudrais tant que tu sois là, à l'heure où les nuages passent
Tu élargirais mon espace, rien qu'à te blottir contre moi
Dans mon désert y a pas de fleurs, pas d'oasis et pas de vent
Et si tu venais plus souvent, tu comprendrais pourquoi j'ai peur
Parce que j'ai peur
Je voudrais tant que tu sois là, pour mettre du rouge à mes roses
Et pour que serve à quelque chose, ces mots que je pleure à mi-voix
Je voudrais tant que tu sois là, pour partager la chambre close
Où mon avenir se repose, en attendant que tu sois là
Et dans cet univers borné, où tout est vide et décevant
Je pourrais me sentir vivant, près de toi pour qui je suis né
Toi qui ne m'aime pas assez...
Serge Lama
09:20 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, amour, journal intime, serge lama, passion
lundi, janvier 07, 2008
Anna...
J’ai longtemps attendu ta réponse, et je l’attends toujours. Après ces rendez-vous rapides sur la pause de midi, là j’ai faim de te connaître mieux.
Maintenant, j’ai envie que tu me parles davantage. J’ai envie que ta voix, douce comme la soie et pétillante comme une boisson fraîche vienne enchanter mes oreilles. J’ai envie que tu me dises ce que tu aimes et ce qui te blesse. Ce qui t’étonne et ce qui t’excite. Tout simplement, tout doucement.
Maintenant, j’ai envie de te parler davantage. Te dire que j’ai adoré ta tenue, que tu portes avec une élégance raffinée tes bottes marrons avec ta jupe. Je te l’ai déjà dit, mais je te redirai une nouvelle fois, que tu as des cheveux absolument magnifiques, qui se marient si bien avec ton sourire et la douceur de ton regard.
Je te redirai que j’ai vraiment envie que tu sois bien, que tes inquiétudes s’évanouissent, toi qui mérites si fort la sérénité…

Ce matin, je suis passé à coté du grand pont qui enjambe l’Atlantique. J’ai vraiment eu envie de le franchir pour venir te voir, mais je ne l’ai pas fait… Mais j’ai vu dans ce pont, à la lumière naissante du jour, comme la promesse d’un accord de ta part…
J’ai longtemps attendu ta réponse, et je l’attends toujours.
Je sais que si tu m’autorises à franchir le seuil de ta maison, je serai doux avec toi. Je saurai te prendre doucement la main, te chuchoter des mots à tes oreilles. Peut-être qu’un baiser sera échangé, peut-être un seul et unique baiser, mais s’il est orné de ton sourire, alors tu me rendras heureux.
Je sais que si tu m’autorises à franchir le seuil de ta maison, je poserai ma main sur ta nuque et te caresserai tendrement, juste comme çà, pour te faire passer la tension de la journée. Pour t’apaiser.
Jeudi, je voudrai te dire combien j’aime être à tes cotés…
Tout doucement, juste à ton oreille.
Oui, juste comme çà…
Juste pour toi, Anna …
15:17 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre, amitié, amour, tendresse
lundi, décembre 31, 2007
Un anniversaire
Ben voilà, pour moi c'est là, maintenant...
07:50 Publié dans ♣ Zactu à liter | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, journal intime, société, famille, naissance

