dimanche, juillet 20, 2008
Bonnet... né. ;-)
Bravo et merci à toutes pour avoir répondu à mon deuxième sondage... dans lequel je vous proposais de me donner la taille de votre bonnet de soutien-gorge.
Voilà vos réponses :
- A : 4%
- B : 46%
- C : 38%
- D : 6%
- > D : 6%
Voyons, si je fais la moyenne de tous vos votes, çà fait à peu près çà, non ?....

Ne vous troublez pas déjà... et regardez sur la colonne de gauche, j'ai déjà mis un nouveau sondage.... A vous ! - bizous
ps : euh... si l'une de vous se reconnaît sur la photo, mon adresse mail est en bas à gauche. On reste en contact, hein ?.....
11:12 Publié dans ♣ Jamais sans mes copines | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, érotisme, écriture, blabla de filles, mode
mercredi, juillet 16, 2008
Je retournerai là-haut
Oui, je retournerai là-haut.
Je ne sais pas encore quand, je ne sais pas encore comment, mais j’irai. J’essaierai le train. Ou alors l’avion. Pourquoi pas même le stop, le pouce levé sur le bord de la route…
Sur le chemin que j'emprunterai, j’arracherai de rage les toiles d’araignées naissantes, et fracasserai de mon piolet les congères en formation.
Même si je dois y arriver comme les fanatiques de Fatima, qui terminent leurs pèlerinages sur les genoux, je n’hésiterai pas à me casser les rotules. A m’arracher les peaux. Juste pour te revoir.
Un fois sur place du village, même en lambeaux, j’irai saluer le gardien, robuste gaillard coiffé de son heaume d'acier : je le reconnaîtrai sans problèmes, puisqu’il garde nuit et jour l’entrée sans sourciller… Sans bouger. Fidèle à son poste, sur la même portion de trottoir. Seul, je rentrerai dans le restaurant qu'il est sensé surveiller, et je m’installerai en haut des trois marches. Dans cette antre vidée de toute âme, je m’assoirai à notre table. Dans l'atmosphère grise, terne, vide de ces lieux, je commencerai à te parler, à t’expliquer ce qui s’est passé depuis. Je te raconterai mes douleurs, mettrai des mots sur les piquants qui m’assaillent en plein sommeil et qui brisent mon repos de leurs lances aiguisées et perverses. Grâce à toi, je pourrai enlever les échardes qui poussent sur mes doigts et à l’intérieur de mes paumes.
Je te parlerai. A force de te parler, je suis sûr que ta silhouette se dessinera en face de moi. Tout doucement. Comme si un magicien caché derrière un pilier, armé de seulement de quelques bulles de savon, arrivait à te recréer devant moi. Alors tu apparaîtras, telle une image presque transparente, devant moi, dans un halo de lumière orangée. Je reconnaîtrai le sourire sur ton doux visage, celui de la sœur qui m’a déjà sorti du cercueil une fois, dans un passé pas si lointain. Je te parlerai, et te reparlerai encore. Te raconterai les tiraillements qui sabotent mes jours, les transformant en nuits permanentes. Je sais que tu m’écouteras.
Et si entre mes larmes l'envie me prennait de tendre une main vers toi, juste pour te caresser ta joue d'un timide revers de mes doigts, alors il est possible que tout disparaisse, que la bulle de savon explose par la simple rugosité de ma peau, laissant ainsi jaillir des milliers de gouttelettes infimes vers le plafond, juste avant qu’elles ne retombent sur le sol. Je profiterai de ce moment pour me lever, et sortir en traversant le rideau de brume que tu auras créé. Le dos voûté.
Dehors, il pleuvra peut-être. Il pleuvra sans doutes. D’une petite bruine fine qui aura le goût et la texture agréables des gouttelettes de l’instant d’avant. Et puis j’irai sur le parking. J’irai sur le parking pour essayer de retrouver ta grande voiture sombre. Au milieu du crachin, je chercherai parmi les numéros des plaques celui qui caractérise la tienne. Je la reverrai certainement, garée à la même place. Son 1, son 8 et son 4 brillants comme des lumières de paix et de sérénité. A l'intérieur, toi au volant, et un autre moi-même à tes cotés, te serrant doucement la main pour te réconforter.

Alors, me tenant à distance de ce tableau pour ne pas interférer dans les raccourcis du temps et de l’espace, je sourirai d’une grimace mouillée de larmes. Des larmes d'infini. De ces larmes qui me rappelleront qu’il ne me reste plus qu’à faire demi-tour, à laisser ces parfums de fleurs et de fruits voguer dans l'atmosphère de ces lieux. Et, armé de mes seuls souvenirs, rentrer.
Seul.
LOVE SONG - SARA BAREILLES
06:50 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : femme, chanson, société, beauté, féminin, ecriture, litterature
mercredi, juillet 02, 2008
La glace
Je l’avais aperçue en entrant, mais ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle m’a vraiment sauté aux yeux : la grande glace qui trônait sur l’un des murs, et qui essayait tant bien que mal de rendre un peu plus spacieux l'intérieur de ce studio perché en haut d’un vieil immeuble sans ascenseur. Dedans, ça sentait la clope, mais j’ai aimé çà. Un fond de bouteille de jus d’orange sur la table basse, un paquet de chips ouvert à coté… Des papiers jetés sur la moquette…
Oui, c’est grâce à ce miroir que je me suis vraiment rendu compte de là où j’étais. Et de ce que je faisais. Au moment où mon regard a croisé le tain qui me faisait face, et quand j’ai pu voir l’écho qu’il me renvoyait. Le reflet de l’instant, reflet de la vérité. Celui d’un homme sur un canapé. Celui d’un homme dans le plus simple appareil, nu dans la chaleur étouffante de ce dernier jour de juin.
Celui d’un homme entouré de deux jeunes femmes, la brune à droite, la blonde à gauche. Sans habits, sans fards. Sans rien de plus que leurs visages doux et fins, leurs voix calmes et chaudes, et leurs jolis sourires. Deux jeunes femmes voluptueusement nues, et des mains qui couraient sur les corps, en surfant sur les cambrures, faisant tremplins des reins et jonglant de ces quatre seins dans la moiteur du désir.
Position scandaleuse, hymne à la bigamie, fantasme entretenu par les films qui excitent les mâles : deux femmes. Une pour la bouche, une pour le sexe. Une sur mon sexe, une au-dessus de ma bouche. Étouffement délicieux de trois corps enlacés, dans l’odeur forte de l’été naissant. Textures différentes, tissus personnels, parfums typiques... Ivresse des sensations auxquelles un duel traditionnel ne pourrait répondre…
Plongeon exquis dans la débauche. Délicieuse glissade vers l'interdit.
Enfoui profondément depuis tant d’années, le fantasme n’a pas tardé à jaillir, comme un volcan qui aurait sommeillé longtemps, et qui, là, n’aurait pas cherché la performance de la durée... Mais simplement la satisfaction, le plaisir du moment, le mélange des peaux, des odeurs, le laisser-aller total, le combat délicieux des langues assoiffées lapant une partition à quatre mains expertes, concerto pour un piano dont les cordes seraient tendues au maximum. Elles se partageant le grave, et puis l’aigu.
Pour aller au-delà du raisonnable, faire exploser en morceaux de verre nos rudiments de culture chrétienne, et enfin pouvoir vivre ce à quoi tant d’hommes rêvent… Pour rêver plus tard de l’avoir réellement vécu…
Quelques minutes de plaisir vendues par deux jeunes femmes... Quelques instants d'un baptême inavouable, nouveau dépucelage d’un adolescent qui a passé l’âge d’en être.
La brune, la bonde…
La blonde, la brune. Elles que je voyais droit devant, siégeant, nues à mes cotés... mon petit harem. Nues, telles que je les voyais juste en face de moi, grâce au reflet de la glace qui me renvoyait le feu. Grâce au miroir dans lequel mon sourire fier ainsi doublé a marqué ma vie d’homme d’une parenthèse de plaisir et d’une curiosité satisfaite.
D'un moment que j'ai aimé. Oui, vraiment beaucoup aimé...
15:24 Publié dans ♣ Chauds shows... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : femme, erotisme, société, beauté, féminin, ecriture, litterature
mardi, juin 24, 2008
Entre l'une et l'autre
Entre l’une à l’autre.
Aujourd’hui, exactement aujourd’hui, je suis à mi-parcours. Exactement entre l’une et l’autre. A mi-chemin. Tel un équilibriste qui a quitté il y a quatre mardis l’assurance du haut de son immeuble pour franchir l’espace qui le sépare du toit de l’autre : arrivée dans quatre semaines. Mais aujourd’hui, je me retrouve au milieu, au plus bas du câble, à l’endroit le plus périlleux, le plus instable, seul et sans filet. Seul au milieu des vents les plus dangereux, à cette place inconfortable où le moindre souffle un peu rude pourrait me surprendre et me faire chavirer. Je ne peux m’empêcher de regarder vers le bas, vers les toits des voitures qui brillent comme des petits démons qui m’appellent, faisant scintiller leurs chimères colorées dont je ne veux pas. Je survis à cette place inconfortable où mes points de départ et d’arrivée m'apparaissent avec horreur flous et lointains. J'ai peur. Je me sens si fragile... Une plume dans le monde des cieux, des dragons et des sorcières. Mais je ne tombe pas.
Alors j’avance…
Entre l’une et l’autre.
A vingt-huit jours de l’une, à vingt-huit nuits de l’autre. Un cycle de passé, un cycle à venir. Celui de la lune. Au centre de ces jours sans parfum, je compte et recompte sans cesse les étapes de la vie de l’astre de la nuit, quartier après quartier, entre l’une et l’autre. Je geins dans ce milieu qui se confond avec les feux de la Saint-Jean, les feux de la joie pour certains, ceux du désert pour moi. Ce feu qui n’arrive pas à me réchauffer, malgré les crépitements des paillettes et des pétards qui ne prennent pas. Ce feu qui brûle mais qui ne me rassure pas.
Et puis j’avance…
Entre l’une et l’autre.
J’ai quitté le camp de base, laissant ma tendre sœur et sa douceur, ses cheveux clairs et son regard de lumière, pour gravir seul, sans corde ni piolet une montagne inconnue dressée devant moi. Car il faut bien avancer. Toujours avancer. L’adret, l’ubac, peu importe le coté, le soleil ou l’ombre… C’est toujours la solitude qui me tient compagnie. Cette discrète compagne qui m’a mené là où je suis aujourd’hui, sur la cime, dans le froid glacial qui me ronge l'âme, au niveau du drapeau que des conquérants passés auraient fièrement planté en chantant leurs hymnes patriotiques, mais qui pour moi a toutes les couleurs du vide.
Il faut que j’avance…
Entre l’une et l’autre.
Et puis ce soir je vais commencer ma redescente, parcourir autant de nuits et autant de nuits qu’à la montée. Pour tenter de trouver mon camp d’arrivée, en évitant les jets des grenades et des gaz factices. Ce camp inconnu dont je vais essayer de déchiffrer les arcanes, les recoins…. Et puis inévitablement après, juste après, reprendre ma route vers une autre solitude. Entre l’une et l’autre. Puis entre l’autre et l’une. Comme le flux et le reflux de la vague, comme l’eau de cette mer qui emmena jadis les aventuriers au bout du monde, je quitterai bientôt l’autre et tenterai de revoir l’une… Comme cette vague qui met trop de temps à me mouiller les pieds, je voudrais que le métronome de la vie s’emballe… Que les profondeurs du pianoforte m’enivre de son tempo cadencé comme les chocs des roues de l’autorail de campagne sur les voies de métal, me menant clandestinement de l’une à l’autre et puis de l’autre à l’une…. Clandestinement, caché entre les roues. Sans ticket. Sale. Nu. Sans papiers. Sur un rythme de train, infini.
Je continue : j’avance...
Entre l’une et l’autre.
Et puis dans ce capharnaüm, fermer les yeux et rêver. Rêver que les mouvements des vagues divaguent et que, tout au contraire des plages calmes pour lesquelles elles s’éternisent en longs rouleaux, elles puissent ici s’enchaîner, se rapprocher et se toucher presque. Alors, peut-être que ce jour-là, je pourrai dans un même instant de grâce te frôler toi, et puis toi, dans une même communion, chacune d’une main tétanisée d’émotion. Vous rapprocher l'une de l'autre pour doucement, tout doucement, appuyer ma tête entre vos épaules et laisser jaillir mes larmes, le visage bien calé sous le toit de vos cheveux roux et sombres.
Confortablement installé, la tête dans contre vos joues et le cœur dans les étoiles. Exactement entre l’une et l’autre…
08:30 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2], ♣ Mi-ganesh mi-ganach | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tendresse, amitié, femme, société, beauté, féminin, ecriture
samedi, juin 21, 2008
Jean XXIII - seconde partie
SUITE ET FIN DE LA PARTIE N°1 (clique ICI si tu l'as manquée)
.....
Je te regardais. Tes yeux étaient fermés. Je te voyais respirer à la montée et à la descente de tes seins, si fiers et si féminins… Une respiration à la fois calme et soutenue… Et à chaque inspiration, je pouvais entrevoir une bretelle de ton soutien-gorge, une bretelle rose que je maudissais d’être là… ou alors peut-être que je la jalousais d’être si près de toi…
Contemplant mon si agréable travail, toujours assis en tailleur près de toi, j’ai alors pensé que ton autre pied me ferait rapidement une crise de jalousie si je ne m’en occupais pas rapidement… Alors j’ai reposé ton pied droit sur l’herbe, nu sur le sol, et j’ai voulu reprendre son frère jumeau. Mais à ce moment-là, celui dont je voulais m’occuper est venu tout seul, sans que je le touche : c’est toi qui, après lui avoir ôté d’un coup sec la sandale, me l’a déposé, déjà nu, au creux de mes jambes croisés. Est-ce un mauvais calcul de ta part, l’effet du hasard ? Ou bien était-ce bien attentionné ?… Mais le fait est que ton pied gauche est arrivé un peu plus loin que sa place prévue, touchant nettement mon pantalon, à cet endroit précis qui donne tant d’indications sur le bien-être d’un homme… Et, sentant la pierre de mon corps, il est revenu sagement se repositionner à la place qui lui avait été réservée…
Lorsque j’ai distingué un léger rictus sur ton visage, j’ai bien compris que le hasard et les coïncidences, dans ce genre de cas, c’est plutôt rare… Et je n'ai plus eu de doutes sur la bonne réponse à ma question…
Surpris par la teinte fatiguée de ton pied gauche, teinte qui contrastait vivement avec l’éclat de l’autre, dont je venais de m’occuper, j’ai de suite remis ma main dans la potion magique concoctée suivant la recette du sage des Antilles, cette recette qui laissait toute la place à la douceur sensuelle de l’huile et au parfum enivrant du rhum de là-bas.
J’ai commencé à l’enduire, à son tour, de ce vernis bienfaiteur. Tout en faisant cela, et comme je suis poli, j’ai dit bonjour à mon nouveau compagnon et lui apposant délicatement des petits baisers au-dessous des orteils, et sur ta plante ; ces mouvements combinés, de mes mains, de ma langue, et l’odeur d’alcool ambré… tout cela a créé une ambiance presque surnaturelle ; quant à ma bouche, elle, elle ne se lassait pas de ce dessert pris avant tout repas qui aurait été bien terne d’ailleurs…
Ce dernier a profité d’un même massage. Un massage doux et profond en même temps, et à plusieurs reprises j’ai du remettre du baume sur mes mains tant ton pied en était avide. Après un long instant d’un massage doux, durant lequel ta respiration devenait de plus en plus soutenue (et j’espérais que cela fût sous l’effet d’un plaisir discrètement érotique), j’ai mis dans ma bouche le plus fiers des cinq, le suçant comme s’il s’agissait d’un bonbon que l’on donne à un gamin.
Oui, j’étais comme un gamin avec ses jouets… et en même temps j’étais aux antipodes de cela car j’étais là non pas pour jouer, mais au contraire pour le plaisir de te faire plaisir… tout simplement… En faisant ce geste avec ma langue, j’ai vu que tes mains agrippaient le tapis d’herbe, se crispaient, et que tu commençais à te pincer les lèvres.
Et puis, alors que tes yeux se rouvraient et que tu me regardais avec un sourire qui rayonnait sur ton visage, j’ai sorti de mon sac de voyage un petit paquet, que j’ai ouvert. Un petit cadeau que je t’ai ramené d’un de mes précédents voyages, un bracelet de cheville. Je l’ai ouvert et refermé sur l’une d’elle. Tu n’as rien dit. Pas bougé. Un sourire de remerciement, c’est tout. J’ai caressé ta cheville, butant sur un jean que j’ai trouvé, sur le coup, un peu trop long…
Et puis tes yeux m’ont dit « Viens… ».
Alors je me suis approché de toi. Et quand mon visage a été suffisamment proche du tien, alors que j’étais en appui sur un coude, tu as passé ton bras autour de mon cou, et rapproché ainsi mes lèvres des tiennes… Le baiser que tu m’as offert était moins chaste que les précédents, ta langue beaucoup plus volontaire, et les parfums de rhum se sont mélangés avec étourdissement dans nos bouches qui fusionnaient. De ton autre main, tu as saisi mon autre mienne et tu l’as plaquée contre l’un de tes seins, que j'ai commencé à caresser malgré tes vêtements qui ne savaient plus cacher la saillie de ton téton en erection. Je crois que ces quelques secondes ont été pour moi des moments de grande douceur et de grand plaisir. Un érotisme calme, une sensualité à peine avouée… Un grand moment de tendresse.
Mais la sentence de Dieu arrive toujours à un moment ou à un autre. Et là, c’est Notre-Dame qui s’est réveillée brutalement, en sonnant deux grands coups assourdissants, signifiant que l’heure de notre départ était venue. Ces deux coups de gong correspondaient au retour prévu des terrassiers, ainsi que l’un d’eux me l’avait chuchoté à l’oreille le matin même…

Alors il a fallu partir. En quelques secondes, nous nous sommes redressés. Tu as remis tes sandales et nous sommes repartis en sens inverse. Il était temps car ils revenaient sur le chantier après leur petite heure de pause. Nous les avons croisés juste lorsque nous quittions cette zone fermée au public, en passant à travers les cônes interdits. Au moment de les franchir, celui qui m’avait renseigné, le matin, sur l’horaire de la pause méridienne de l’équipe, s’est mis à sourire. Il a prononcé à l'un de ses collègues quelque chose dans une langue étrangère et ils ont tous ri. Puis nous sommes ressortis du parc, en direction de la bouche de métro qui allait me conduire dans une gare pour prendre un train qui allait partir dans une heure à peine.
Dans le métro, nous étions debout. Tu me tournais le dos. J’étais derrière toi et ma main droite te cernait et se reposait sur ton ventre, sur ton nombril que j’avais déshabillé partiellement et très discrètement de ton tee-shirt trop encombrant à mon goût… Tu me tenais l’autre main. Je te faisais des bisous dans le cou… Et je soufflais sur ta nuque pour la rafraîchir de la moiteur désagréable qui règne dans les transports en commun parisiens. J’aimais bien les arrêts que faisait notre rame au niveau des stations intermédiaires. Le freinage du métro faisait que tu te plaquais davantage contre moi… A chaque fois tes fesses se collaient encore davantage sur mon bas-ventre, et tu ressentais bien, là aussi, mon état d’homme comblé… Et tu ne te retenais pas… Et moi, au contraire, je m’étais adossé à une barrière de maintien pour être sûr de ne pas bouger lors de ces freinages. Car nous aimions çà, toi comme moi… Mais le trajet est passé beaucoup trop vite… et nous nous sommes rendus compte au dernier moment qu’il fallait descendre à la station de la gare où mon train m’attendait…
En nous disant au revoir, sur le quai, tu avais l’air triste, et je l’étais tout autant… Mais ton visage s’est vite éclairci lorsque je t’ai confié, ma bouche plaquée contre ton oreille, pendant un grand câlin affectueux, tendre et moelleux, … que je reviendrai très bientôt.
09:21 Publié dans ♣ Chauds shows... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : femme, erotisme, société, beauté, féminin, sexe, ecriture
mercredi, juin 18, 2008
Jean XXIII - première partie
J’étais juste venu pour quelques heures à Paris. Juste quelques heures entre un avion et un train... et je te les ai consacrées…
Je me souviens de ces instants doux.... Quand nous nous sommes promenés dans le quartier latin à l’Odéon, puis sur les quais de Seine, s’arrêtant parfois devant des bouquinistes, pour regarder des images insolites ou des vielles affiches de concert… Des heures d’une marche douce, durant laquelle, sans se lâcher les mains, nous n'avons cessé de rire, parler, chanter… une promenade qui nous a menés, les jambes fatiguées, contre la Cathédrale Notre-Dame. Plus exactement dans un petit parc qui porte le nom d’un Pape dont je ne me rappelle plus le nom…
Puis nous nous sommes assis sur un banc, entourés par les oiseaux qui chantaient, dans un Paris calme de ce milieu de matinée, un Paris si agréable en cette période de vacances… Nous étions tous les deux sur un banc, dans notre position préférée ; dans les bras l’un de l’autre, ta jambe sur l’une des miennes, nos mains les unes dans les autres. Simplement, sans rien dire. Moi, la tête dans ton cou, je respirais ta peau authentique, sans fard, ta peau douce. Et toi de même. Doucement, tendrement. On était bien, tout simplement. Oui, bien. Sans parler, simplement avec nos respirations qui communiquaient, tranquilles, douces.
J’étais bien, la tête dans tes cheveux !! un peu comme dans une forêt aux douces et fines lianes, auxquelles on ne peut pas se pendre. La peau de tes mains était douce et confortable. Nos doigts se caressaient de temps à autres, valsant avec l’un, avec l’autre, puis changeant de partenaire ou allant prendre l’air sur le dessus après quelques minutes passées dans la douce chaleur sensuelle de nos paumes respectives… Cela a dû durer … je ne sais plus en fait… Ce que je sais, c’est que, dès que nos lèvres ont pu reprendre leur rôle de transmetteurs de paroles, tu m’as dit que cette marche t’avait fait mal aux pieds. Pas étonnant… avec tes petites sandales…

C'est à ce moment que je t’ai suggéré de me suivre. J’avais une idée derrière la tête… Avec ton sourire toujours aussi merveilleux, nous nous sommes dirigés vers l’intérieur de ce petit parc, tout contre la Cathédrale, car j’y avais remarqué une zone en travaux, condamnée par des cônes de chantiers. Tu as bien vu que je chuchotais quelque chose à l’un des ouvriers, mais tu n’as pas compris quoi… Puis, l’air interrogatif, tu m'as suivi et nous avons quitté un instant ce parc pour nous diriger vers l’une des para-pharmacies avoisinant la Cathédrale, près du parvis. Je souriais intérieurement en pensant que tu te demanderais bien pourquoi j'en étais ressorti avec ces deux produits et ce flacon vide…
« Alors, tu me proposes quoi, maintenant ? ».
Oui, bien sûr, tu te demandais ce que je te réservais… Alors je t’ai pris par l’épaule, toi par la taille, et, nous avons repris notre chemin vers le parc.
Puis 13 heures ont sonné à la grande Église.
« Viens Zoé… ».
A ce mot, tu m’as suivi et nous sommes revenus vers ce petit parc, et plus particulièrement vers la zone de ce parc qui était condamnée et fermée au public. Les ouvriers venaient d’en partir à 13 heures… Comme par hasard… Il nous a suffi de déplacer les cônes (et de bien les remettre en place pour que personne ne vienne derrière nous), de dépasser la tranchée en attente (attention à ne pas salir tes sandales !), dépasser une haie.... et nous nous sommes enfin retrouvés seuls, tout contre Notre-Dame, entourés de thuyas hauts et ainsi protégés de tous. Seule Notre-Dame nous regardait, mais je savais qu’elle ne dirait rien…
Quelques petits mètres carrés, cachés en plein Paris... Sans que je te le demande, tu t’es allongée sur le dos. Je t’ai appris que les ouvriers viendraient un peu plus tard, et que l’on pouvait souffler ici un peu. Disons que nous avions une heure clandestine à goûter à deux... Je me suis allongé près de toi. Tu es venue dans mes bras. Tu as déposé ta tête sur mon torse. C’était simple, doux, tendre. Ta jambe est venue contre la mienne et nous n’avons rien dit pendant plusieurs minutes. Seuls les chants de oiseaux et les voix des touristes meublaient notre environnement.
Presque pas de vent. Le calme… Puis je me suis redressé et pris les flacons achetés tout à l’heure. J’ai mélangé ces deux produits dans le récipient vide et ai sorti de mon sac de voyage une petite bouteille de rhum.
« Je te l’ai apportée pour toi. De là-bas. Mais avant de te la donner, je t’en vole quelques gouttes. C’est un sage de Basse-Terre qui m’a donné la recette… ».
Les quelques gouttes de rhum mélangées aux deux autres produits ont de suite généré une odeur forte et agréable. Je me suis assis en tailleur, à tes pieds. Toi, tu es restée allongée, et je t’ai demandé de te laisser aller, de ne penser à rien… J’ai saisi ton pied droit, enlevé la sandale, et l’ai mis dans le creux de mes jambes croisées. J’ai d’abord fait de tout petits bisous sur la plante de ce petit pied tiédit par les kilomètres du matin.
J’ai pu contempler tes orteils, parfaitement alignés, d’une rectitude parfaite. J’ai souri car tes cinq orteils, contemplés de dessous, me faisaient penser à des Petrouchka… J’ai doucement embrassé ton talon, tes petits orteils, puis j’ai pris avec ma main une grosse noisette de cette crème transparente, légèrement huileuse et odoriférante ; j’ai commencé à t’en enduire le pied droit. Tel l’effet d’une laque sur un tableau d’artiste, ton pied a commencé à briller sous l’effet de l’application. Puis j’ai voulu la faire pénétrer en massant doucement. Le plus difficile, dans ce cas-là, est de ne pas confondre le massage et un chatouillis qui ne pourrait être que désagréable. Mais je savais ce que je voulais te procurer comme émotion, et ce n’était que du plaisir, rien d’autre !!
Mes mains sont passées entre tes orteils, puis mes doigts ont massé un à un tes petits grains de raisin. Doucement. Très doucement…

A deux reprises j’ai dû ré-enduire ma main car ta peau aimait tant cette préparation qu’elle la buvait très vite… Et les effluves de rhum qui, sous la chaleur tiède du massage, se dégageaient enfin, arrivaient même jusqu’à ton nez, le peu de vent qui régnait sur Paris ce jour-là permettant de garder pour nous et pour nous deux seulement cette fragrance alcoolisée si typique… En frottant ton talon, l’odeur est venue encore plus vite… Encore plus forte… Mes mains passaient et repassaient sur toute la surface de ton dessous de pied, de l’extérieur, droit et presque rectiligne, à l’intérieur cambré. Et de l’intérieur cambré vers l’extérieur.
Et encore. Et encore…
Puis mes lèvres sont venues embrasser cette texture douce et sensuellement érotique…
SUITE AU PROCHAIN POST (ICI)
12:00 Publié dans ♣ Chauds shows... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : femme, erotisme, société, beauté, féminin, sexe, ecriture
mardi, juin 10, 2008
Revoir le soleil...
Pourquoi faut-il que je m’y prenne à une heure du matin pour avoir le courage de me l’avouer à moi-même… car oui, j’en ai conscience : l’émotion m’a fragilisé, la timidité m’a paralysé... et j’ai dû te paraître bien froid… beaucoup trop froid. Et pourtant, la journée a été tellement parfaite… tellement géniale… tellement oxygénante… Mais je m'en veux quand je me revois au moment de notre rencontre… A ce moment, oui, je l’avoue, j’ai été très ému. Peut-être trop, même... Je ne connaissais pas l’endroit, mais peu importait, puisque tu étais là. Si c’était à refaire, j’aurais le courage de te serrer dans mes bras. Fort. Pour sentir ton petit cœur battre à travers nos vêtements. J’aurais même abandonné ma tête dans le creux de ton épaule. Et je t’aurais fait plein de bisous dans le cou et près de ton oreille. Et puis des gros sur tes joues. Des chauds, des chaleureux… Doucement. En laissant le temps se calmer pour nous offrir ces minutes d’une tendresse clandestine… Rien qu’à nous. Si je pouvais revenir en arrière, c’est çà que je ferais….
Si j’avais ce pouvoir, je te retrouverais dans ta voiture... et si c’était à refaire, j’oserais prendre ta main dans la mienne. Tout simplement. Juste pour faire courir de nous à nous ce magnétisme qui nous caractérise si bien. Je t’aurais tenu la main, et on aurait été bien. Oui, bien. J’aurais pris tes doigts entre les miens, j’aurais caressé ta paume. J'aurais massé ton poignet, et baisé ta peau. Être plus proche de toi. Juste en tenant ta main dans la mienne, au lieu de te laisser maltraiter ton bracelet...
Mais pour pouvoir ainsi revenir en arrière, il faudrait que je sois un remarquable magicien ! Un être qui aurait enfoncé Houdini dans l’anonymat le plus complet…. Il faudrait que je remonte le temps, jusqu’au début de la création de l’homme, puis que je reprenne la route du présent. Et sur le trajet, j'aurais pu regarder naître les religions et tous les saints, Homère réécrire son Iliade, les révolutionnaires guillotiner leur roi…. Revivre le siècle passé, changer de millénaire, et puis très vite reprendre le train…
Reprendre le train. Et ta main. Respirer ton parfum de plus près. Oser te masser doucement les épaules. Juste tes épaules. Tout doucement pour te détendre… juste pour que tu soies bien. Laisser mes mains contourner ta nuque, déborder sur le haut de ton dos, te donner de la chaleur pour faire fondre tes inquiétudes. Et disparaître tes angoisses. Si seulement j'avais pu mieux te rassurer...
Si j’avais été moins froid… si j’avais été plus courageux… si j’avais été plus moi-même…
Si…
01:05 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
mercredi, juin 04, 2008
En nuisette...
Et ben voilà... le résultat de mon premier sondage. Vous avez été plus de 60 à me répondre et j'en suis très touché.
Alors comme çà, vous êtes 48% de mes visiteuses à dormir nue.... et 27% à dormir en toute petite tenue.... Je n'oublie pas les 25% qui disent dormir en pyjama, c'est leur droit, même si je pense qu'elles devraient essayer autre chose...
Alors c'est pourquoi j'ai mis en place un second sondage (sur la colonne de gauche).... N'oubliez pas de voter !
Encore merci et gros bizous à toutes !!!!!

09:34 Publié dans ♣ Jamais sans mes copines | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, femme
dimanche, juin 01, 2008
Gaétan Babeux
L’oublié… c’est ainsi qu’on l’a toujours qualifié… oublié des hommes, oublié des femmes, oublié des gens. Alors à force de ressentir l’oubli, il s’est oublié lui-même, dans un cercle de déchéance dans lequel il s’est pris un jour les pieds… et dont il n’est jamais ressorti.
L’oublié… c’est ainsi qu’on le nomme, lui, considéré par tous comme l’éternel raté de la famille, si marginal par rapport à son frère Edwin. Son frère, celui qui a réussi…
Alors retrouvons Gaétan Babeux en ce dimanche de brocante, marchant près du vieux tilleul. Il est là, Gaétan, là, sur la place du village.

Depuis très tôt ce matin il est là, le regard dans le vide. Depuis les aurores il fait semblant de s’intéresser à ce qui l’entoure, l’air absent.
Il se fait surtout croire que l’on s’intéresse à lui. Car en vérité c’est un sentiment dont il a fait son deuil depuis longtemps… Alors il se contente d'imaginer qu’il sert à quelque chose. Qu’il est utile.
L’oublié… c’est ainsi qu’on le nomme.
Et en ce matin de ce dimanche de brocante, il erre, solitaire, dans son vieux jeans usé, dans sa veste râpée, sa veste d’occasion aux couleurs grises de son cœur, dans sa chemise bleue claire assombrie par la saleté....
Oui, il erre, seul. Il erre parmi les leves-tôt qui installent leurs tréteaux, comme si il était à la recherche d’une bonne affaire… mais pour pouvoir faire une bonne affaire, il faudrait être nanti, ce qu’il n’est pas… C'est pourquoi il se contente de promener sa carcasse d’homme raté au milieu des familles normales toutes excitées de pouvoir faire enfin « la brocante annuelle du village »…
Son regard croise cette petite fille, aux cheveux clairs, et qui court après son grand frère en l’appelant « Thierry, Thierry, rend-moi mon pompon que tu m’as pris »…. Il croise ce couple d’amoureux, venu très tôt chercher parmi les ventes proposées de quoi meubler leur maison, ce couple dont la femme veut à tout prix trouver, ce dimanche, des bibelots anciens mais rouges, en harmonie avec sa cuisine…
Plus à droite, il voit ce jeune homme proposer à la vente ses souvenirs de vacances en Asie, avec un écriteau plaisantin « Toute l’Inde est ici »…
Gaétan Babeux, lui, l’oublié, celui qui semble transparent ici, sans prise avec son entourage. Lui, qui a peut-être un jour été un homme mais qui aujourd’hui ne ressemble plus à rien. Si ce n’est à un paumé en loques, à un clandestin de la vie, un zappé du bonheur…. Gaétan Babeux, l’oublié.

Dans ses errements, traînant ses vielles chaussures molles (les seules compatibles avec l’état calamiteux de ses pieds), il s’arrêta devant ce marchand-d'un-jour qui proposait des tableaux, croquis, sous-verres, glanés çà et là dans l'année et mis en vente à cette occasion. Pourquoi Gaétan s’est-il arrêté ici, à cet instant, devant lui…. Il n’en sait rien. Mais ce qu’il sait, c’est que son intuition lui a demandé de le faire.
Guettant chaque mouvement de ce vendeur du dimanche, il fût subitement attiré par un sous-verre tout juste installé, représentant un femme nue, de dos. Pourquoi cet tableau-là ? peut-être parce qu’il se dégageait de ce dessin une puissance de magie, de tendre pudeur, de sensibilité qui n’était pas ordinaire… Parce que cette femme, de dos, rayonnait d’une authenticité éclatante et qu’il se dit que le dessinateur a vraiment beaucoup de talent….. Sentant l’âme de l'artiste transcender sa plume pour éclater au grand jour dans cette silhouette, Gaétan décida de s’approcher de la table pour voir de plus près cette œuvre, se rendre compte… peut-être même la toucher ? la saisir ? C’était sans compter l’agressivité d’un vendeur apeuré par l’état de présentation hors-normes de cet hôte qui, s’il restait là, pourrait devenir encombrant et préjudiciable pour les potentiels autres acheteurs…
« On ne touche pas » ! meugla le jeune homme, haut et fort, pour se faire entendre de tous. « On ne touche pas » !… Et le sage et bon Gaétan, oublié de tous, se rappela soudainement que pour son apparence, il ne serait oublié à la seule condition qu’il passe à distance hygiénique et convenue des autres hommes…
Une distance convenue… C’est quoi, une distance convenue ? C’est loin des autres, tout simplement. Et alors, encore une fois, Gaétan choisit de s’éloigner, courbant l’échine, respectueux (on ne sait pas pourquoi), poli (on ne sait pas non plus pourquoi), et en souriant presque…
Et c’est là, à cet instant précis qu’il se passa quelque chose de spectaculaire… quelque chose de fou…, de sur-réaliste. La femme du tableau se mit à bouger… Elle leva tout doucement un bras en direction du ciel… Mais… mais c’est impossible… C’est un dessin… Comment un dessin pourrait bouger…?....
« Elle bouge ! » cria-t-il… « Barre-toi, t’es déjà bourré, papy à cette heure ? », lui répondit le vendeur qui finissait de préparer ses produits à la vente….
Mais non, il ne rêvait pas. Il eut juste le temps de voir cette femme lever un doigt vers un endroit précis, comme si elle voulait lui montrer quelque chose… avant d’être chassé par le vendeur avec pertes et fracas…
Mais il n’avait pas rêvé, il n’avait pas bu. Cette femme, sur le croquis, avait vraiment bougé… Elle a bien remué ses fesses pour attirer son attention, puis levé son doigt en direction du chemin, là-bas, celui qui mène à la piscine….
Suivant son intuition, Gaétan prit çà comme un signe. Et il décida de s’y rendre. Comme s’il s’agissait d’une demande du destin qui avait besoin de lui, là, à ce moment-là. Maintenant.
Il s’y dirigea à pas rapides, ne sachant pas pourquoi il y allait, ne sachant pas si c’était ce qu’il devait faire, mais il y alla. Contournant l’entrée, il entra dans le petit parc, et regarda par la vitre. Il n’aurait pas été surpris que la piscine fût vide, les rares matinaux s’étant attachés à se promener entre les rangs de la brocante, cette festivité annuelle qui attirait de plus en plus de badauds.
Mais en regardant de près, à travers la vitre, il vit quelque chose bouger à l’intérieur. Gaétan colla son visage pour mieux voir. Mais oui, c’est une main qui dépasse. Un main dans l’eau !
« C’est une main qui dépasse ? Bon sang, mais quelqu’un est en train de se noyer ! » ... Il voulut crier pour alerter quelqu’un , mais il n’y avait personne ; il était seul, seul à contempler quelqu’un en train de se noyer de l’autre coté de la vitre.
Il fallait qu’il fasse quelque chose. Le moment pour lui, ce raté de la vie, ce marginal oublié, de sortir de l’ombre et faire quelque chose de bien… Enfin…
Alors il entreprit de tambouriner à la vitre mais au moment où son poing toucha la vitre, il se mit à la traverser, comme si elle était devenue un voile transparent. N’étant pas au bout de ses surprises, il se trouva ainsi comme par magie de l’autre coté de la vitre, dans cet intérieur surchauffé par l'eau chlorée. Et il s’approcha de l’eau. Oui, il vit une main qui dépassait, comme si elle allait se noyer… je dis « elle » car effectivement, c’était une femme…
Il fallait faire vite. Cette femme avait du avoir une crampe en plein milieu d’une de ses traversées, et elle allait mourir s’il ne faisait rien. Elle n’était pas très loin du bord, alors il se baissa, Gaétan Babeux. Lui, l’oublié, le loup solitaire, le raté du bonheur… celui qui ne savait même pas nager… Il se baissa tant qu’il pût et tendit jusqu’à la limite son bras et sa main attrapa enfin la nageuse à bout de force.
Et là, la magie du contact fit son œuvre. La femme ainsi ramenée vers le bord pût sortir de l’eau et enfin respirer. Elle était jeune, belle. Elle était nue, désirable. Et ils se sourirent. Oui, elle lui sourit, à lui à qui plus personne n’avait souri depuis si longtemps…. Et il sentit son cœur battre de fierté, parce que cette femme l’avait changé. Parce que grâce à elle, il serait quelqu’un d’autre. Définitivement. Et il se senti grand. Grand grâce à elle. Il l’aida à se redresser complètement, et maintint ses mains dans les siennes. Juste comme çà, doucement... Il vit ainsi de plus près cette jeune femme au visage exceptionnellement beau et fin, expressif et doux. D'un regard gorgé de générosité et de tendresse. Et là, il sentit son corps se ragaillardir, ses vêtements changer, comme par magie. Devenir beaux. Devenir propres.
Le regard de Gaétan fût à ce moment attiré vers le haut. Sans lâcher cette magnifique naïade, il vit le toit de la piscine disparaître et s’ouvrir vers un ciel enchanté. La voûte céleste changea de couleur et devint de feu. Et tous les deux furent plongés dans une douce lumière orangée.

Ils virent dans le ciel comme les lumières d’une autre ville, une ville inconnue où tout serait plus simple. Une ville aux lumignons verts qui crépitaient et dansaient comme dansent les gens heureux.
L’orange, cette teinte de la puissance des Dieux du ciel qui semblaient ainsi offrir un signe de remerciement à Gaétan Babeux. Gaétan Babeux, jadis appelé l’oublié, et qui à cette seconde, tenant la main à cette fée sortie des eaux, venait d’être rattrapé par la vie.
Orange… cette couleur chaude du bonheur et de la sérénité intérieure qu’il venait de retrouver… cette couleur dont le nom marie si justement l’éclat de l'or qui a illuminé le sourire d’un ange…
22:16 Publié dans ♣ La famille Babeux | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
vendredi, mai 23, 2008
Le pont
Pour la troisième fois, j’ai enjambé le grand pont. A cet instant, là où j’ai commencé mon ascension en direction du ciel, à ce moment-là, oui, j’ai entendu cette musique. Comme si la station de radio m’envoyait un clin d’œil complice.
A ce moment là, à l’endroit où le fleuve s’abandonne dans la mer, j’ai ralenti. J’ai levé le pied, juste pour mieux goûter ces douces minutes, me laissant flotter au-dessus de l’eau, au milieu des goélands qui volaient sans effroi autour de moi. Un instant déscotché de la terre, au milieu d’un nulle part aérien, parfumé par ces quelques notes qui tombaient à pic. Prélude d’un moment de fraîcheur.
Oui, tu l’as reconnu toi-même : tout est allé très vite. Trop vite. Beaucoup trop vite. Moi aussi, j’ai vu défiler le temps à toute allure. Je ne suis même pas sûr d’avoir vraiment déjeuné avec toi… en pourtant si ! Au moment du départ, j’ai bien cru qu’un diable espiègle avait changé les aiguilles de nos montres rien que pour raccourcir cette parenthèse qui avait osé casser la routine du quotidien. Cette parenthèse pulpeuse, truffée de confidences, celles qu’on n’ose pas clamer, mais qu’il fait tant de bien d’avouer. De s’avouer doucement, presque en secret, à l’ombre d’un Mouton-Cadet raffiné. Loin de ces conventions, celles dont on se demande bien si elles sont davantage néfastes que ridicules. Ou l’inverse. Mais peu importe…
Si j’étais si bien, c’est qu’au-delà des mots, dans la profondeur de ton regard, j’ai su percevoir les lueurs de ta fragilité, les fragrances d’une grande sensibilité… Dieu merci ! car le plus beau des regards, le plus radieux, le plus exemplaire, s’il ne cache pas l’émotion, la nostalgie, la tendresse, alors il n’est qu’une plate carte postale. C’est cette sensibilité, cette fragilité qui fait tout ton charme, et qui me motive… pour te revoir encore.
Pour la troisième fois, j’avais enjambé le pont. A ce moment de grâce où l’eau douce se meurt dans l’eau salée de l’Atlantique, à ce moment où je me suis senti partir vers le haut, grandir de chez les hommes... A ce moment-là, j’ai entendu cette musique douce.
Celle que je te dédie maintenant. Pour quelques instants d’émotion. Une émotion douce …et salée en même temps.
22:22 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture

