mardi, juin 24, 2008
Entre l'une et l'autre
Entre l’une à l’autre.
Aujourd’hui, exactement aujourd’hui, je suis à mi-parcours. Exactement entre l’une et l’autre. A mi-chemin. Tel un équilibriste qui a quitté il y a quatre mardis l’assurance du haut de son immeuble pour franchir l’espace qui le sépare du toit de l’autre : arrivée dans quatre semaines. Mais aujourd’hui, je me retrouve au milieu, au plus bas du câble, à l’endroit le plus périlleux, le plus instable, seul et sans filet. Seul au milieu des vents les plus dangereux, à cette place inconfortable où le moindre souffle un peu rude pourrait me surprendre et me faire chavirer. Je ne peux m’empêcher de regarder vers le bas, vers les toits des voitures qui brillent comme des petits démons qui m’appellent, faisant scintiller leurs chimères colorées dont je ne veux pas. Je survis à cette place inconfortable où mes points de départ et d’arrivée m'apparaissent avec horreur flous et lointains. J'ai peur. Je me sens si fragile... Une plume dans le monde des cieux, des dragons et des sorcières. Mais je ne tombe pas.
Alors j’avance…
Entre l’une et l’autre.
A vingt-huit jours de l’une, à vingt-huit nuits de l’autre. Un cycle de passé, un cycle à venir. Celui de la lune. Au centre de ces jours sans parfum, je compte et recompte sans cesse les étapes de la vie de l’astre de la nuit, quartier après quartier, entre l’une et l’autre. Je geins dans ce milieu qui se confond avec les feux de la Saint-Jean, les feux de la joie pour certains, ceux du désert pour moi. Ce feu qui n’arrive pas à me réchauffer, malgré les crépitements des paillettes et des pétards qui ne prennent pas. Ce feu qui brûle mais qui ne me rassure pas.
Et puis j’avance…
Entre l’une et l’autre.
J’ai quitté le camp de base, laissant ma tendre sœur et sa douceur, ses cheveux clairs et son regard de lumière, pour gravir seul, sans corde ni piolet une montagne inconnue dressée devant moi. Car il faut bien avancer. Toujours avancer. L’adret, l’ubac, peu importe le coté, le soleil ou l’ombre… C’est toujours la solitude qui me tient compagnie. Cette discrète compagne qui m’a mené là où je suis aujourd’hui, sur la cime, dans le froid glacial qui me ronge l'âme, au niveau du drapeau que des conquérants passés auraient fièrement planté en chantant leurs hymnes patriotiques, mais qui pour moi a toutes les couleurs du vide.
Il faut que j’avance…
Entre l’une et l’autre.
Et puis ce soir je vais commencer ma redescente, parcourir autant de nuits et autant de nuits qu’à la montée. Pour tenter de trouver mon camp d’arrivée, en évitant les jets des grenades et des gaz factices. Ce camp inconnu dont je vais essayer de déchiffrer les arcanes, les recoins…. Et puis inévitablement après, juste après, reprendre ma route vers une autre solitude. Entre l’une et l’autre. Puis entre l’autre et l’une. Comme le flux et le reflux de la vague, comme l’eau de cette mer qui emmena jadis les aventuriers au bout du monde, je quitterai bientôt l’autre et tenterai de revoir l’une… Comme cette vague qui met trop de temps à me mouiller les pieds, je voudrais que le métronome de la vie s’emballe… Que les profondeurs du pianoforte m’enivre de son tempo cadencé comme les chocs des roues de l’autorail de campagne sur les voies de métal, me menant clandestinement de l’une à l’autre et puis de l’autre à l’une…. Clandestinement, caché entre les roues. Sans ticket. Sale. Nu. Sans papiers. Sur un rythme de train, infini.
Je continue : j’avance...
Entre l’une et l’autre.
Et puis dans ce capharnaüm, fermer les yeux et rêver. Rêver que les mouvements des vagues divaguent et que, tout au contraire des plages calmes pour lesquelles elles s’éternisent en longs rouleaux, elles puissent ici s’enchaîner, se rapprocher et se toucher presque. Alors, peut-être que ce jour-là, je pourrai dans un même instant de grâce te frôler toi, et puis toi, dans une même communion, chacune d’une main tétanisée d’émotion. Vous rapprocher l'une de l'autre pour doucement, tout doucement, appuyer ma tête entre vos épaules et laisser jaillir mes larmes, le visage bien calé sous le toit de vos cheveux roux et sombres.
Confortablement installé, la tête dans contre vos joues et le cœur dans les étoiles. Exactement entre l’une et l’autre…
08:30 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2], ♣ Mi-ganesh mi-ganach | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tendresse, amitié, femme, société, beauté, féminin, ecriture
mercredi, juin 04, 2008
En nuisette...
Et ben voilà... le résultat de mon premier sondage. Vous avez été plus de 60 à me répondre et j'en suis très touché.
Alors comme çà, vous êtes 48% de mes visiteuses à dormir nue.... et 27% à dormir en toute petite tenue.... Je n'oublie pas les 25% qui disent dormir en pyjama, c'est leur droit, même si je pense qu'elles devraient essayer autre chose...
Alors c'est pourquoi j'ai mis en place un second sondage (sur la colonne de gauche).... N'oubliez pas de voter !
Encore merci et gros bizous à toutes !!!!!

09:34 Publié dans ♣ Jamais sans mes copines | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, femme
mardi, mai 27, 2008
La hase et le bouc
"Le jour où tu es tombée du ciel,
J’ai enfin compris qui j’étais
Tu es mon ange providentiel,
Celle dont j’ai toujours rêvé.
Mon ange est tombé du ciel,
Le monde enfin se révèle,
Tout m’a semblé plus léger,
J’ai trouvé ma vérité."
Grégory Lemarchal - "Mon Ange"
19:20 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : société, amitié
lundi, mai 26, 2008
Un parfum de douceur, pour mieux m'endormir cette nuit
21:55 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [2] | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : chanson, amitié, société, ray charles
mardi, mai 20, 2008
Nu
Chambre 61. Dans mon lit d’hôtel, je n’arrive pas à dormir. Il fait une chaleur atroce, à croire que l’acclim' est encore en panne. Et si j’ouvre la fenêtre, c’est encore pire car dehors, c’est une véritable cacophonie de klaxons et de coups de frieins.
Il est 2 heures du matin, et il n’y a rien à faire, c’est à toi que je pense. Je suis complètement nu dans mon lit poisseux de cette transpiration synonyme de désir. De sexe.
Oui, ma Belle, ce soir je n’ai pas envie de te faire l’amour, j’ai envie de sexe. J’ai envie de me rouler sur toi, de te caresser avec une douce violence érotique.
Je suis dur de ta pensée, dur de ne pas t’avoir vue depuis tout ce temps. Si çà se trouve, tu es nue dans les bras d'un homme, à l'heure qu'il est. Et moi j’ai envie de te toucher, de te palper les seins comme si je te pétrissais de passion et de désir.
Mon sexe est dur, infamement dur. Et je me caresse dans cette humidité virile. J’ai viré d’un revers de main énergique ce drap blanc qui m’étouffe comme une couverture de bure, rèche et irritante. J’ai le lit pour moi. J’ai pris contre moi le second oreiller et j’imagine que c’est ton corps. Alors je me suis retourné sur lui. Je le serre contre moi et je pilonne le matelas et le marque de mon épée de mousquetaire. Je me sens grand. Je suis un roi. Je suis le Grand Louis qui pénétre Louise de la Vallières.

Je te reconstruis de toutes pièces à coté de moi. Tu es nue, retournée et appuyée sur les coudes. Ton visage repose sur l’oreiller, les cheveux en désordre. Tu as gardé les fesses très en hauteur, me les proposant en hommage buccal. Tu es cambrée et tes cuisses sont écartées, laissant ouvertes toutes les entrées possibles. Alors je te caresse. J’enfourne mes doigts partout et toi tu aimes çà… Puis je te chevauche dans un fantasme inavouable…
Sur mon lit, de ma main droite, j’augmente le mouvement de ma main, montant et descendant en pensant à toi. Je suis comme un paquebot retourné, le mat vers le bas, enfoncé dans la vase, et qui essaye de s’en sortir.
Oui, j’ai envie de ton corps, j’ai envie de rentrer mon sexe dans toi. J’ai envie de sucer tes lèvres, celles que tu ne montres qu’à tes amants. Les chatouiller du bout de ma langue, puis sans prévenir les laper comme un chat affamé laperait du lait... les faire passer dans ma bouche, ma main caressant tes cuisses, tes fesses… ma main s’aventurant entre tes demi-pêches fruitées.
Dans mon délire solitaire, je te vois changer de position. Tu es maintenant allongée sur le dos. Je suis à genoux à tes cotés, un pot de crème fraîche liquide à la main. Je la fais couler sur ton ventre. Un mince filet dessine sur tes seins des ronds, des formes blanches et goûteuses. Sur ton ventre, puis plus bas, beaucoup plus bas. Pendant ce temps, toi tu t'occupes de mon sexe… Je te masse et te lèche en même temps, faisant pénétrer cette sauce en toi pour te faire luire. Toute excitée que tu es, chaude par la moiteur de l'atmosphère combinée à celle de l'intérieur de ton corps, c’est maintenant toi-même qui te masturbes les seins, les pinçant et les remuant sauvagement en gémissant…
Et là, pour moi, c’est Versailles. Mon sexe tourné vers le Ciel comme pour y rechercher une bénédiction. En nage, sans limites. Sans tabous avec moi-même… Et enfin le feu d’artifice ; enfin le feu qui gicle du vasque des jardins de Lenôtre et qui bondit vers le haut pour atterrir sur mon ventre. Enfin le cri de la délivrance. Celui du condamné à l'instant où il sent le froid de la lame caresser son cou…
Et là, en une fraction de seconde, je prends conscience... le paquebot peut maintenant se retourner et sombrer. Sombrer dans le regret. Et dans la honte.
Seul...
17:08 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, solitude
jeudi, mai 08, 2008
La rouille
Maxime le Forestier / La rouille
08:28 Publié dans ♣ Idem, et Ibid aime [1] | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, amour, amitié, société, journal intime, maxime le forestier
mercredi, avril 30, 2008
7h26
7h26. L’heure pour moi d’ouvrir la fenêtre pour aérer ma chambre d’hôtel, avant de descendre dans cette sombre salle collective pour y prendre mon petit déjeuner.
La chemise à peine boutonnée, la cravate gisant encore sur mon lit de solitude, je contemple la vue que m’offre mon 6ieme étage de passage. Vue sur la Tour. Vue sur des gens, tous petits en contrebas. Ceux qui sortent du métro pour aller travailler. Ceux qui courent attraper leur train… Ça grenouille comme près d’une fourmilière… Oui, ça grenouille déjà à cette heure-là…
Et à cette heure-là, il y a peut-être toi. Toi qui viens de l’autre coté, toi qui prends ton travail dans 4 minutes, juste dans la rue derrière. Est-ce toi là-bas ? Ce petit point sombre qui traverse la rue ? Toi que j’aperçois au loin emmitouflée dans un manteau noir ?
J’ai envie de le croire. J’ai envie de me mettre sur la balustrade de mon balcon et sauter te rejoindre… Si je faisais çà, je sais que je serais miraculeusement rattrapé par un câble magique, comme ceux que portent les trapézistes maladroits… En venant vers toi, ce câble se ferait filin de soie, arrimé au ciel. Solide comme mes sentiments. Doux et tendre comme ta peau et ton regard… Un cordelet de tendresse rivé à son autre extrémité à l’une des trois étoiles d’Orion qui me regardent là-haut…. Un doux cordon de tissu soyeux grâce auquel je pourrais t’enlever et nous projeter instantanément dans ton lit, où je me retrouverais, juste à coté de toi… toi à demi-nue sous un simple haut en coton, qui attendrais que mes mains caressent ton ventre et remontent sur tes seins voluptueux…

Mais il se fait tard… il faut que je descende vers cette salle aveugle pour prendre mon petit déjeuner… ma réunion va bientôt commencer….
07:56 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [1] | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société
mardi, mars 25, 2008
Super tag
La mode des tags, c'est la mode du moment... un façon sympa de créer de liens et de se connaître davantage les uns les autres... Comme beaucoup, j'ai été tagué et j'y ai répondu (voir mon post pour ceux qui ne l'ont pas lu : X ).
En retour, j'ai tagué quelques personnes.... dont Sidonie. Franchement, elle a complètement déliré sur son tag et en a fait une conversation virtuelle époustouflante.
Allez la lire en cliquant ICI !!!
Bravo et merci Sidonie pour ce super délire !!
07:59 Publié dans ♣ Mi-ganesh mi-ganach | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tag, blog, société, amitié
jeudi, mars 13, 2008
La boue
Au départ, je n’ai pas compris dans quoi je m’aventurais….
Au début, j’ai suivi le chemin qui se présentait devant moi. Comme un enfant bien élevé. Sans réfléchir. Par réflexe, comme un robot pré-programmé, un lapin automatique qui bat des pattes quand on le remonte. J’ai cru que j’aurais pu aller ainsi en toute confiance, sans me poser de questions. Des gens me regardaient avancer de mon pas décidé. Ils m’applaudissaient, m’encourageaient, me disaient de continuer sur cette voie, que c’était la bonne. Parmi la foule autour de moi, j’ai vu des gens venir me faire une bise tiède et convenue. J’ai aussi vu un prêtre, l’air grave, qui acquiesçait lourdement à chaque pas que je faisais, le long du chemin…. Alors j’ai continué la route, sans me prendre la tête. Et sans plaisir.
Mais, peu à peu, la terre sur laquelle je marchais est devenue humide, puis franchement mouillée. Mais çà je n’ai pas voulu me l’avouer à moi-même. Les pas que je faisais se sont faits lourds, de plus en plus lourds. Je ne me suis même pas aperçu que je marchais dans de la boue… J’étais tellement programmé pour avancer de derrière à devant, un pied devant l’autre, que j’en étais asphyxié, abruti, abêti, vidé de ma consistance. Et vidé de toute notion de plaisir.
Mais la boue, sans que je m'en aperçoive, s’était faite de plus en plus collante, entourant bientôt mes pieds jusqu’aux chevilles, d’une sauce grasse, gluante, adipeuse, et puante. Et collante. Les pas que je faisais, les uns après les autres, sont alors devenus de plus en plus pénibles. J’avais l’impression d’être un vieux cheval de labour, à la merci d'un jockey qui me demandait d’aller encore plus vite, encore plus avant, malgré la qualité du sol, malgré la fatigue : un propriétaire invisible me fouettait avec sa cravache, de toute sa hargne, de toute sa jouissance, de tout son cynisme… Et puis j’ai eu de plus en plus froid… Froid comme quand j’étais malade, enfant, et que je me blottissais sous mes couvertures, cherchant du réconfort… froid comme le dernier souvenir du père, enveloppé dans une housse sombre, au soir d’un sinistre octobre. Mais dans ce moment à l'aube d'une prise de conscience, je me suis rappelé le prêtre et les spectateurs qui applaudissaient… alors j’ai refusé de me poser les questions, et j’ai refusé de me demander pourquoi ma tête se remplissait de plus en plus vite de souvenirs lugubres, de parallèles macabres, d’évocations noires comme la mort… comme un récipient que l’on saoule avec un entonnoir d’un élixir nauséabond jusqu’à ce qu’il en vomisse le contenu dont il a été gavé… alors j’ai étouffé mes doutes, et j'ai continué de marcher, sans m’apercevoir que la nuit commençait à tomber. J’ai continué ainsi, d’un cœur vidé de plaisir.
Ce n’est que très tard que j’ai décidé de réagir. De regarder autour de moi… ce n’est que trop tard que j’ai pris conscience de la géographie qui était devenue la mienne… Plus personne pour m’applaudir… plus ce prêtre prêt à me montrer la direction, plus d’amis encourageants… Seul… Seul parmi les cailloux qui fondaient dans le sol devenu liquide à certains endroits. Froid. Seul. Les pieds pris dans un mastic gluant. Oui, ce n’est que très tard, que trop tard que j’ai constaté que le chemin qui était le mien s’enfonçait de plus en plus dans le sol, comme s’il était grossièrement tracé par une immense ornière créée par un engin monstrueux qui aurait laissé des bulles grises des gaz d’échappement derrière lui… C'est là que je me suis arrêté. Enfin j’ai regardé autour de moi… Je sentais ce vent de neige, froid, cinglant, qui me fouettait l'âme. Ce vent d'outre-tombe qui souffle dans les paysages glauques de Trauner... Ces visions grises et noires, visions apocalyptiques d'une fin de mon monde annoncé. D'un monde qui m'avait privé de tout plaisir.
L’ornière dans laquelle j’étais était devenue très large, tellement large qu’il m’était impossible de toucher les bords et tenter de remonter pour rebondir… des bords qui culminaient à plusieurs mètres de hauteur au-dessus de moi... et dire que je n'ai rien vu venir... Alors j’ai dû demander de l’aide. Moi qui ai toujours tout fait tout seul, moi l’ancien battant, moi qui ai toujours cherché la gloire dans mon indépendance, il m’a fallu supplier, crier, mais çà ne suffisait même pas… J’ai entendu, à l’étage des vivants, les bruits d’une fête foraine, puis j’ai senti le parfum sucré des barbes à papa de mon enfance, et alors j’ai crié de plus en plus fort… Et plus je criais, plus je me sentais sucé par cette boue avide de mon être, me tirant vers le bas sans relâche. Toujours un peu plus, à l'image de ce vent qui se faisait de plus en plus mordant sur mon corps en haillons. Juste au dessus de moi, à l’étage des vivants, je prenais conscience que d’autres vivaient dans le plaisir.
Parfois, certains visages se rapprochaient, pour regarder… Certains ont ri de me voir ainsi, esseulé dans la boue merdeuse dans laquelle j’étais devenu prisonnier… Certains m’ont lancé des papiers en essayant de me viser, comme si j’étais devenu un chamboule-tout à moi tout seul… Un stand de foire comme un autre, coincé entre le train fantôme et l’exhibition de la femme-araignée… Ils ne prenaient même pas le temps de me regarder avec attention… Ils venaient, jouissaient de me voir, et repartaient aussitôt, comme devant un objet inintéressant… Certains, moins agressifs, à l’apparence plus compatissante, tentaient de me lancer un câble pour me tracter en dehors. Mais, quand j’arrivais à en saisir un de mes doigts engourdis de froid et de solitude, il ne résistait pas à mon poids augmenté de la force collante du sol qui empêchait tout mouvement… Et, pire encore, tout mouvement vain me faisait m’enfoncer davantage… Car leur compréhension n’était que pitié… et dans ces conditions, çà ne pouvait pas me faire décoller de la fange qui commençait à me mordre la peau par son froid et son acidité... Une fange qui, à force d'éructer ses odeurs fétides, attirait les moustiques, les cafards, et les mouches vertes.
Alors j’ai crié encore plus, j’ai hurlé à la mort, tel un chien abandonné, sale de tiques et de puces, tel un bâtard amaigri de solitude. Tel un hérétique se cachant de l'inquisition, un lépreux mis au ban de l’humanité, dans les oubliettes du temps… Comme un suppliant dans l’église du monde, loin de Dieu et déjà si loin des hommes…
Et c’est là je t’ai vue, avec tes cheveux soyeux… Je t’ai remarquée de suite, parmi les curieux qui jetaient un œil dans ma direction. Car toi tu m'as regardé avec des yeux doux et tièdes comme un ciel d'azur, et surtout tu m'as regardé avec ton coeur. Et avec ton cœur tu as compris. Avec tes émotions. Avec ta sensibilité. Oui, tu as compris. Tu étais infiniment loin, comme un point sur une carte, mais je savais que c’était justement vers ce point qu’il fallait que je regarde… Oui, déjà de loin, je t’avais repérée, et pour une fois, mon intuition avait été la bonne. Tu as de suite compris que me jeter un filin d’acier pour me repêcher aurait été un acte impuissant. Toi tu as saisi une longue mèche de tes cheveux et tu me l’as lancée. J’ai failli sourire devant la lumière qui jaillissait de cette idée, devant l'intelligence de ton coeur, car je savais que, loin de la fragilité apparente de ce cadeau, cette mèche serait bien plus solide que les câbleries industrielles et courantes ; oui, j’étais tellement soulagé que tu m’aies compris, que j’aurais volontiers souri si les gerçures de mes lèvres ne m’en avaient empêché… J’ai saisi avec passion tes éclats roux et fleuris… J’ai saisi cette mèche douce qui, comme je m’y attendais, s’est révélée très solide. D'une solidité exceptionnelle. Alors je m’y suis arrimé franchement, comme on fait en grand naufrage avec une bouée de sauvetage, je m’y suis appuyé de tout mon poids. J’ai tiré dessus en pleine confiance… à aucun moment je n’ai eu peur qu’elle rompe…
Et depuis, tu sais, j’ai l’impression qu’un de mes pieds recommence à bouger… Mais tu es si loin encore, et le chemin qui pourrait me mener à toi est si long…
Tu as vu, on dirait que la boue se solidifie... que l'odeur part... que la tiédeur revient peu à peu... tout doucement.... Il y a une fleur qui repousse à mes cotés… regarde-là. Elle sent bon. Elle est belle… Je crois que je vais trouver la force de me baisser pour la cueillir… et si tu te rapproches un tout petit peu de moi, je crois que je viendrai te l’offrir… Et le jour où je te l'offrirai, ce jour où je pourrai tout simplement te serrer dans mes bras, même si cela doit être dans un an ou dans un siècle, à ce moment-là, à cet instant-là, je lèverai les yeux vers le ciel.
Et je sais que j'y verrai des anges...
07:32 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [1] | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : poesie, société, amitié, confiance, passion, desespoir, tendresse
lundi, mars 10, 2008
Tic et Tag sont sur un Norio...
"Tic et Tag sont sur un Norio... Tag tombe à l'eau...." - post sous-titré :"Dialogue avec mon psy"...
J’ai tellement attendu que, du coup, j’ai été tagué deux fois !!! Pour la peine, après avoir remercié mes deux charmantes camarades, Mi-souris et Manue, c’est à moi à me révéler en 6 points… mais comme je fais jamais les choses comme les autres, je vais en faire 6 pour chacune, donc 12…. Et toc … pour les tic du tag ! çà compensera le fait que je ne connaisse pas assez de monde pour faire suivre ce test à une demi-douzaine de blogueurs… Mais bon, arrêtons là la parlotte :
- Si j'en crois ce que me disent certaines de me copines, je suis complètement marteau.... Je n’hésite pas à faire des kilomètres pour voir une amie, à faire des folies pour les gens que j’aime…. Et pour m’arrêter dans ma lancée, il faut une tétrachiée d’ABS… Tête de mule ? ben oui, pourquoi le nier… Fidèle ? en amitié, là y a pas de doutes !
- Je ne juge pas les autres, je ne me mêle pas de la façon dont ils vivent. Et réciproquement...
- Y a des gens avec qui j'ai du mal à m'entendre : en particulier avec ceux qui font semblant, ceux qui s’arrêtent au premier écueil, ceux qui suivent les sentiers battus, mais aussi avec les pédants qui mettent un mot d'anglais toutes les phrases, rien pour nous faire croire que l'anglais, c'est la langue du management... Mais non, Sigmund, je t'aime bien, toi... j'aime bien les teutons, tu le sais bien... (hein ? oui, y a un jeu de mots, là...).
- Exigeant ? Certainement… Chiant ? c’est (fort) possible… mais j’ai pas voulu un test édulcoré… alors vous allez en avoir pour votre argent dans cette restit’ !
- Quand j’enlève mes chaussettes, le soir, j’ai la manie de les sentir…. Sigmund, c’est quoi ce syndrome ?… Plein de mecs font çà ?... ah bon, çà va, tu me rassures alors !
- Mon premier critère pour choisir un livre à lire : l'épaisseur. Les bouquins de moins de 800 pages, çà m'ennuie. J'aime bien les pavés... En ce moment, je me tape "A la croisée des mondes".... Je sais, c'est pour les ados... Ça te pose un blème, Sigmund ? J'ai dit que c'était le premier critère, mais pas le seul ! (non, je lirai pas l'annuaire de Paris... y a beaucoup de personnages, mais l'histoire est d'un rasoir !!...). Le prochain ? peut-être "Le monde de Narnya".
- Je peux m’énerver pour des conneries, par exemple je ne supporte pas le mot « orangeade », ni l’expression « c’est chic »… Ça me fait penser à la bourgeoise qui parle la bouche pincée et qui embrasse les lèvres dans le vide. Moi, quand je fais un bisou, je fais un vrai bisou. Je serre dans les bras. Sinon, c’est la main que je serre…
- Jaloux ? oui, c'est possible. Mais jamais du matériel. Je m’en fous du matériel. Comme je me fous de la marque d’une bagnole, de celle des fringues, et de la marque des cigares de Sigmund...
- Bordélique ? ouh là là... j'ai droit à un joker ?...
- J’aime bien les jeux de mots à deux balles, et sur tous les registres…. et en particulier sur la religion ! (à ce propos, si je ne crois que très peu à un Dieu dont je n’ai pas encore vu la trace, çà fait belle lurette que je ne crois plus en ses hommes à lui… moi je crois en l’être humain et en l’amour…). Brel a tout dit... et encore mieux que Sigmund !
- Affectueux ? oui, trop, même. Limite "pot de colle"... Papouilles, câlins, bisous baveux, … çà va avec « sensibilité féminine », je crois, non ? Hein Sigmund ?

- Quand j’ouvre mon piano, avant de prendre une de mes partitions, je fais toujours quelques phrases en tonalité de la-mineur et, rebondissant sur le sol#, j’enchaîne sur un accord de miM7… Et j'alterne les deux tonalités, de l'une à l'autre, de l'autre à l'une... Les mélomanes comprendront… Pour faire simple, ce que je retiens de çà, c'est l'alternance entre la nostalgie du mineur et la volonté du majeur... je crois que c’est assez moi, çà… Et quand j’ai le blues, c’est un bain de musique qui me ravive. Direct dans les oreilles. Un piano profond, une voix, des mots forts… Et là, on me laisse tranquille svp…
- Oui, j'ai déjà pleuré devant un film... "Les lumières de la ville", par exemple. Moi je trouve que c'est pas une preuve de faiblesse qu'un mec avoue çà... Sigmund, tu peux me préparer une synthèse sur un 21x29.7 là-dessus ?
- Je peux regarder pendant des heures une carte de France, d’Europe, ou d’un pays méconnu… je regarde les noms des contés, des fleuves, des montagnes. Sigmund, c’est le révélateur d’un besoin d’évasion ?
- J'adore jouer au Kaplas avec ma fille, faire des énigmes avec l’un de mes fils…. Sigmund, çà veut dire quoi, çà ? Que je suis un éternel enfant ? Je reviens du ciné où j'ai vu "Le dragon des mers" (parce que ma 'tite soeur me l'avait conseillé...) ; pas mal, mais j'ai préféré le dernier Disney : "Il était une fois"...
- Fana des sms ? ah que oui... j'adore faire des textos à mes amies quand je m'ennuie en réunion... A propos, çà fait longtemps que tu m'en as pas fait toi... Non Sigmund, c'est pas à toi que je cause.... Je cause à mes copines...
- Couche-tard, lève-kantipeut...
- La nuit, j'aime ne rien porter... le contact de la couette... j'adore ! Mais bon, lors d'un grand froid sibérien, là je peux mettre un simple tee-shirt...
- Une bonne affaire au lit ? C'est pas à moi à le dire.... mais "j'aime" comme "je suis", avec mes émotions, et ma tendresse. Pour décoder, je suis un de ceux qui attachent une importance essentielle aux préliminaires... Y en a qui aiment, d'autres non... Non, Sigmund, toi tu m'intéresses pas, sur le coup !
- J'aime pas quand un femme se met du rouge aux ongles... Généralement, çà me "bloque"... Va savoir pourquoi !...
- Imprévisible ? ben oui, je vous avais promis 12 points de restitution, et j'ai dépassé, non ? Sigmund, écrase, tu me fais ch***...
D’autres questions ? Merci de votre attention.
Alors maintenant, je passe le relais à Sidonie, Peewee, Ficelle, Kitty.
08:18 Publié dans ♣ Jamais sans mes copines | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié, confiance, société, littérature, tag, poésie

