vendredi, mai 23, 2008
Le pont
Pour la troisième fois, j’ai enjambé le grand pont. A cet instant, là où j’ai commencé mon ascension en direction du ciel, à ce moment-là, oui, j’ai entendu cette musique. Comme si la station de radio m’envoyait un clin d’œil complice.
A ce moment là, à l’endroit où le fleuve s’abandonne dans la mer, j’ai ralenti. J’ai levé le pied, juste pour mieux goûter ces douces minutes, me laissant flotter au-dessus de l’eau, au milieu des goélands qui volaient sans effroi autour de moi. Un instant déscotché de la terre, au milieu d’un nulle part aérien, parfumé par ces quelques notes qui tombaient à pic. Prélude d’un moment de fraîcheur.
Oui, tu l’as reconnu toi-même : tout est allé très vite. Trop vite. Beaucoup trop vite. Moi aussi, j’ai vu défiler le temps à toute allure. Je ne suis même pas sûr d’avoir vraiment déjeuné avec toi… en pourtant si ! Au moment du départ, j’ai bien cru qu’un diable espiègle avait changé les aiguilles de nos montres rien que pour raccourcir cette parenthèse qui avait osé casser la routine du quotidien. Cette parenthèse pulpeuse, truffée de confidences, celles qu’on n’ose pas clamer, mais qu’il fait tant de bien d’avouer. De s’avouer doucement, presque en secret, à l’ombre d’un Mouton-Cadet raffiné. Loin de ces conventions, celles dont on se demande bien si elles sont davantage néfastes que ridicules. Ou l’inverse. Mais peu importe…
Si j’étais si bien, c’est qu’au-delà des mots, dans la profondeur de ton regard, j’ai su percevoir les lueurs de ta fragilité, les fragrances d’une grande sensibilité… Dieu merci ! car le plus beau des regards, le plus radieux, le plus exemplaire, s’il ne cache pas l’émotion, la nostalgie, la tendresse, alors il n’est qu’une plate carte postale. C’est cette sensibilité, cette fragilité qui fait tout ton charme, et qui me motive… pour te revoir encore.
Pour la troisième fois, j’avais enjambé le pont. A ce moment de grâce où l’eau douce se meurt dans l’eau salée de l’Atlantique, à ce moment où je me suis senti partir vers le haut, grandir de chez les hommes... A ce moment-là, j’ai entendu cette musique douce.
Celle que je te dédie maintenant. Pour quelques instants d’émotion. Une émotion douce …et salée en même temps.
22:22 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : société, femme, tendresse, poésie, littérature, ecriture
lundi, janvier 07, 2008
Anna...
J’ai longtemps attendu ta réponse, et je l’attends toujours. Après ces rendez-vous rapides sur la pause de midi, là j’ai faim de te connaître mieux.
Maintenant, j’ai envie que tu me parles davantage. J’ai envie que ta voix, douce comme la soie et pétillante comme une boisson fraîche vienne enchanter mes oreilles. J’ai envie que tu me dises ce que tu aimes et ce qui te blesse. Ce qui t’étonne et ce qui t’excite. Tout simplement, tout doucement.
Maintenant, j’ai envie de te parler davantage. Te dire que j’ai adoré ta tenue, que tu portes avec une élégance raffinée tes bottes marrons avec ta jupe. Je te l’ai déjà dit, mais je te redirai une nouvelle fois, que tu as des cheveux absolument magnifiques, qui se marient si bien avec ton sourire et la douceur de ton regard.
Je te redirai que j’ai vraiment envie que tu sois bien, que tes inquiétudes s’évanouissent, toi qui mérites si fort la sérénité…

Ce matin, je suis passé à coté du grand pont qui enjambe l’Atlantique. J’ai vraiment eu envie de le franchir pour venir te voir, mais je ne l’ai pas fait… Mais j’ai vu dans ce pont, à la lumière naissante du jour, comme la promesse d’un accord de ta part…
J’ai longtemps attendu ta réponse, et je l’attends toujours.
Je sais que si tu m’autorises à franchir le seuil de ta maison, je serai doux avec toi. Je saurai te prendre doucement la main, te chuchoter des mots à tes oreilles. Peut-être qu’un baiser sera échangé, peut-être un seul et unique baiser, mais s’il est orné de ton sourire, alors tu me rendras heureux.
Je sais que si tu m’autorises à franchir le seuil de ta maison, je poserai ma main sur ta nuque et te caresserai tendrement, juste comme çà, pour te faire passer la tension de la journée. Pour t’apaiser.
Jeudi, je voudrai te dire combien j’aime être à tes cotés…
Tout doucement, juste à ton oreille.
Oui, juste comme çà…
Juste pour toi, Anna …
15:17 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre, amitié, amour, tendresse
jeudi, décembre 20, 2007
5h43
5h43.
Pas un bruit. Rien. Et pourtant je viens de me réveiller. Seuls les chiffres rouges-lumière m’indiquent le temps qu’il est.
5h43, je sors mon visage aplati par le mou du coussin et je me retourne vers le plafond. Les yeux ouverts…
5h43, le noir.
Et soudain, de douces pensées qui fleurissent mon esprit, ces images-mêmes qui ont cassé le rythme du sommeil.
Le parfum du midi précédent.
Une rencontre, un hasard, un déjeuner.
Un restaurant, un casino, la longue plage de l'Atlantique sous le ciel glacé de décembre, lumineuse sous une voute bleue limpide.
Un délicieux tête à tête, frais et agréable, comme si quelques embruns téméraires traversaient la vitre pour oxygéner la salle.
Et un sulky, au loin sur le sable…

Une rencontre, une poignée d’heures, autour d’une table délicatement organisée, et des Saint-Jacques parfumées d’une sauce légèrement citronnée…
Elle est jeune, follement sympathique, et follement seule aussi.
Délicieusement mignonne, elle sait cacher sous ses rires et l’amour du bon vin une grande sensibilité, aux traits griffés par un passé douloureux.
Une boite de chocolats échangée, des sourires partagés, une promesse d’un rendez-vous prochain… tout un cocktail de sensations douces qui ont eu raison d’un sommeil qui ne se voulait pas trop profond.
5h43, peut-être aussi le clin d’œil du destin qui aurait vu dans cette série de chiffres comme un décompte vers un nouveau départ ?
15:40 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, ecriture, poésie, amour

