vendredi, novembre 28, 2008

Miroir de soie

Nous ne sommes nés pas du même ventre, mais nous avons marché sur les mêmes sentiers.

 

Le tien, le mien, étaient émaillés de vieilles caillasses, de pierres coupantes difficiles à enjamber et sur lesquels nous avons trébuché bien souvent. Notre enfance, si peu idyllique, a ainsi été soumise à ces vents froids que nous ne méritions pas, à ces mêmes odeurs des sales alcools qui nous ont tant fait de mal. Ces odeurs qui sentaient la tôle froissée pour moi, et les mains trop lestes pour toi… mais il en va ainsi de la vie, qui, au détour d’un chemin, nous refusant tout répit, nous oblige à nous courber, à nous agenouiller pour franchir les obstacles, à nous dépêcher pour éviter les flammes qui sortent du sol, nous interdisant ainsi de nous reposer pour pouvoir jouir des moments de l’insouciance que les autres ont eus. Nos chemins ne s’étaient pas encore croisés, mais ils étaient construits par le même architecte, cynique, impitoyable, qui les avait truffés de chausse-trappes, de pièges en tout genre et sur lesquels nous avons failli nous empaler maintes fois. Et c’est ainsi, les genoux écaillés, les blessures s’enchaînant sur les croûtes à peine cicatrisés, le cœur gros, que nous avons tenté d’évoluer, fragiles, sans jamais pouvoir vraiment grandir, le long de nos routes qui s’effondraient en poussière juste après notre passage, nous obligeant ainsi à avancer sans nous poser de questions. Nous obligeant à avancer vers d’autres heurts, d’autres pavés instabilisés, dangereux, à travers les glaces brisées éparpillées au milieu des cours des écoles… jusqu’à nous trouver devant ce pont censé nous amener à l’âge de raison.

 

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Et c’est dans cet état d’émotion extrême que nous avons pris la route vers l’âge adulte, sur une petite passerelle de papier, soumise à tous les vents. Petit à petit, à tous petits pas, le cœur gros, nous avons toi et moi tenté de la franchir, nous demandant à tout moment si elle allait tenir le choc. Mais la traversée a été rapide. Très rapide. Trop rapide. En un instant, nous nous sommes retrouvés de l’autre coté, les plaies encore saillantes, devant les forêts de l’inconnu, peuplées de féroces ennemis que nous n’étions pas préparés à croiser. Trop fragiles pour nous prendre en charge, trop sensibles pour accepter nos destinées, nous avons essayé de rechercher ici ce que nous n’avions pas trouvé là-bas…. En vain, nous nous sommes laissés menés par des guides traditionalistes, qui, usant de notre fragilité, nous ont mis sur des rails tous faits, nous privant de toute notre liberté….

 

La vie avance, et rien ne sert de regarder en arrière… C’est trop tard… Il faut avancer. Coûte que coûte. Aller droit devant.

 

Et c’est sur cette charrette instable qui glisse trop vite sur la voie du temps que nous nous sommes rencontrés, par un matin de mai. C’est là qu’alors nous nous sommes arrêtés quelques heures dans cette gare commune, pour faire connaissance. Enfin. Pour nous regarder, hébétés, apeurés. Et nous comprendre du premier regard. Du premier mot. Comme si à travers un miroir de soie, je voyais une autre photo de moi. Pas du même sexe, pas tout à fait du même âge. Mais partageant la même sensibilité et la même émotion qui coule dans nos veines.

 

Le long de nos vies distantes, nous avançons, toi et moi... Mais dès que la visibilité s'éclaircit, dès que nos chemins sont à vue l'un de l'autre, nous nous regardons, pour nous rassurer d'un clin d'oeil complice. Tu te souviens, un jour je m'étais fait piéger... croyant que mon destin atteignait une dalle ferme, décorée avec des pétales de roses, j'avais posé le pied dessus.... Et je n'avais pu retenir ma chute... Sous les pétales, le vide, l'absence, rien... Sous ce vernis creux, je m'étais senti perdu, ayant tant de mal à remonter pour atteindre le sol ferme... Et oui, c'est là que tu m'as vu.... C'est là que, sautant les jardinets qui séparaient nos sentiers, tu es venue me tendre la main... pour me récupérer in extremis....

 

bougie.jpgNous continuerons à marcher ainsi sur des sentiers semblables, que nous essaierons d'embellir du mieux que nous le pourrons. A force d'efforts. A force de volonté. A force de ces postiches que nous savons habillement plaquer sur nos lèvres pour les faire sourire... pour masquer, avec pudeur, la nostalgie. La mélancolie. L'ombre de la tristesse. La solitude.

 

C'est vrai, nous ne sommes pas nés du même ventre... et pourtant ! Tu vois, malgré le temps, malgré la distance, je n'ai pas oublié... Je n'ai pas oublié que c'est un jour qui ressemble à celui-ci que tu as poussé ton tout premier cri.... Comment l'oublier ? Aujourd’hui, c'est vrai que je suis loin de toi, mais sache aussi que je suis tout prêt. Juste là, tout prêt de toi. Parce que ta présence me manque énormément. Injustement. Aussi, lorsque tu souffleras tes bougies, ce soir, entourée des tiens, rappelle-toi qu’à ce moment précis, je m’approcherai de toi et je te ferai ce petit baiser que j’ai tant envie de te faire, dans ton cou. Tu ne me verras peut-être pas, mais peut-être sentiras-tu les effluves de mon parfum, ce Fuel de Diesel que je porte depuis longtemps maintenant, au moins depuis ce jour où tu m’as dit que tu en aimais la fragrance...
 

Regarde la vie. Elle est devant toi... Au-delà des prés qui séparent nos routes, je continuerai à tourner les yeux vers toi. Mais au prochain carrefour, j'espère qu'ensemble nous pourrons nous retrouver un instant. Juste un instant, pour boire cette coupe de champagne que j'ai tant envie de t'offrir, pour l'événement du jour, et aussi tout simplement pour te remercier d'être là... Un champagne pétillant comme tes yeux, et doux comme ton sourire...

En attendant... heureux anniversaire, petit Ange. 

samedi, novembre 08, 2008

Petit cadeau rien que pour toi...

Pour te faire plaisir… imagine….

Oui... imagine… 

   

Il fait beau. Tu es face à la mer. Un léger souffle tiède baigne les pins, et toi, tu domines la baie. De ta hauteur tu peux contempler les vagues qui se jettent contre les rochers du bas, volant en éclat, giclant contre les terres, dans le bruit d'une agréable violence qui résonne avec sensualité sur la terrasse.

Oui, toi tu es là, seule, assise sur ton grand fauteuil en bois, à quelques pas seulement de la falaise. Face à l'océan.

Tu fermes les yeux, jouissant de cette solitude, de ce parfum, de ces bruits délicieux qui communient avec les battements calmes de ton cœur. Tu es bien. Tu fermes les yeux. Tu as décidé de ne porter qu’une petite robe cette après-midi. Fine et légère. Féminine. Et, pour te faire plaisir, tu n’as rien mis dessous.

Rien du tout...

Les minuscules poils de tes bras, de tes jambes et de tout ton corps se dressent de paix et de sérénité. Tu fermes les yeux, et tu te laisses aller.

 

Tu es bien...

 

Alors tu imagines…. Tu as envie d’entendre quelques pas derrière toi. Des pas discrets, doux mais virils. Des pas d’un homme qui viendrait vers toi, doucement, pour te surprendre… Pour t'étonner. Il s’approcherait de toi sans que tu puisses le voir. Il poserait délicatement sa bouche sur ta tête, t’offrant ainsi un doux baiser sur tes cheveux clairs. Aussi doux que le tableau que tu vois devant toi…. Il poserait ses mains sur tes épaules, doucement… tu sentirais ses mains tièdes, fermes et si tendres en même temps. Il les laisserait descendre autour de ton cou, puis elles contourneraient ton visage, se posant sur le haut de ta gorge, et glisseraient avec une douceur infinie dans le haut de ta robe, caressant et réchauffant tes seins discrets mais tout excités de cette présence mâle...

 

Mais si ce n'était pas qu'un rêve ? Regarde. Il est là, oui, juste contre toi. Il est là. Tu le sens ? Maintenant, son visage s’approche du tien. Tu ne l’as pas encore vu, puisqu’il est toujours dans ton dos, et tu ne sais pas encore qui c’est. Mais tu aimes son souffle près de ta joue. Son odeur d’homme. Mâle et doux en même temps. Tu tournes ton visage vers le sien, toute attirée par sa bouche. Et là, tu le vois pour la première fois. Ou plutôt non, tu le connais ce visage, tu l'as déjà vu : c’est celui du plaisir, du bien-être, du désir. De la douceur. Ce n’est pas celui de l’amour, mais ça tu t’en fiches pas mal…. Tu le connais, cet homme. C’est celui que tu as croisé la semaine dernière… Celui pour lequel tu as fantasmé l’autre nuit, dans les bras de ton partenaire. Oui, c’est lui. Et tu as envie de l’embrasser goulûment.

 

Il se lève, vient sur le coté du fauteuil, et s’assoie sur le repose-bras.

 

Et là tu vois son corps : il est nu.

Complètement nu.

 

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En le voyant ainsi dans une nudité absolue, tes poils se hérissent de partout, tes lèvres s’enflamment, tu sens ton sang affluer jusque dans les parties les plus intimes de ton corps ; tu vois son sexe dressé devant toi, long, épais, raide, et qui te montre du doigt comme pour désigner l’offrande qu’il est venu chercher. Alors tu saisis cette queue mâle dans tes petites mains, alors qu'il penche la tête pour t'embrasser. Oui, tu aimes te laisser embrasser comme çà ; tu sens sa langue dans ta bouche, et qui frotte contre la tienne, sans retenue, jusqu’à ce que vous saliviez ensemble de joie et de plaisir non retenu. Alors qu’il t’embrasse jusqu’à perdre haleine, ta main contourne son sexe, d’un bout à l’autre, et tu aimes sa texture. Il est fier. Long. Dur. Comme tu aimes. Tu le masturbes avec une grande délicatesse... Des petits mouvements. Des tous petits mouvements... Tu sens que ton corps va exploser. Tu ne t’en es même pas rendue compte, mais sans même le vouloir, tu as ramené tes jambes vers tes fesses, sur l’assise du fauteuil, et puis tu as entrouvert tes cuisses. Ton sexe se sent libéré dans cette position qui lui permet de s’épanouir sans honte, comme un fruit juteux et tiède des tropiques. Et le vent caresse maintenant tes parties les plus intimes. L’homme commence à caresser tes genoux, tes cuisses. Mais toi tu as faim de cet homme. Tu le veux dans ta bouche.

 

Abandonnant un baiser qui a duré le temps d’une douce mais trop courte éternité, tu te penches en avant pour gober sa queue, rouge du sang qui y a afflué. Tu aimes la sentir ainsi. Tu te régales. Oui, tu es en train de te faire plaisir, avec cet homme que tu as désiré toute la semaine, cet homme sur lequel tu as mis le visage du plaisir. Et c’est de cela dont tu as envie : du plaisir… Ta bouche monte et descend le long de sa tige d’acier, dure comme l’excitation qui vous a envahi tous les deux. Ta langue mouille son sexe de ta salive, sans retenue…. Oui, il aime ça, mais toi encore plus... Oui, en ce moment, tu as envie de te faire plaisir. Egoïstement.

 

Alors, et parce que tu sais que tu attends autre chose d’encore plus fort, tu te décides à lâcher son membre humide. Tu le regardes. Oui, c’est bien lui… ce visage... Et cette peau. Et ce sexe... Tu n’attends maintenant qu’une chose, c'est qu’il se lève, puis qu’il se mette en face de toi, qu’il se positionne entre tes jambes. Qu’il t’honore comme tu l’as rêvé durant ces dernières nuits.

Qu'il te domine. L'envie d'être dominée est irrésistible... Tes yeux le supplient... Et comme s’il t’avait entendue, comme s'il t'avait comprise, il se lève… mais non, il ne se met pas en face de toi. Il te demande de te lever. Il te dit simplement « Viens », en te tendant la main.

 

Obéissante, tu te lèves, et il saisit ta main pour t’accompagner le temps de quelques pas. Puis vous vous arrêtez. Il te regarde, et enlève d’un geste rapide de la main ta robe qui vient s’affaler par terre. Le vent pousse une colère qui rafraichît ton corps nu et fragile. Il caresse tes fesses, les frôlant d’une main toujours aussi douce, contournant le petit tatouage sur le bas de tes reins que tu viens de t’offrir.

Puis il te reprend la main pour t’amener à l’intérieur de la maison. Son sexe est tellement raide qu'il fait une ombre par terre, comme une horloge solaire qui indiquerait l'heure... mais pour toi, va commencer l'heure du plaisir. L'heure du sexe à son zénith. En passant par une grande baie ouverte, vous entrez dans la grande maison. Vous vous retrouvez plongés tous les deux dans l’obscurité.

 

Dans la pièce, il y a un lit…. Un lit sur lequel une autre personne vous attend… Tu lui fais confiance, car tu sais que le moment que tu vas passer sera inoubliable…. Un trio….. Le fantasme absolu...

 

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Encore éblouie par la clarté extérieure, tu ne distingues sur le lit qu’un corps nu, couché sur le ventre….. Ce corps t'attire, tu ne sais pas pourquoi, mais tu as envie de le toucher. Il sent bon. Il est beau, musclé. Est-ce un homme, un autre ?, ou bien est-ce une femme, comme celle que tu as croisée hier, au bureau ?.... La nouvelle vendeuse de la cristallerie d'à coté ? Cette femme dont tu désires lécher les reins, dont tu désires gober les seins généreux, les fesses musclées... Dont tu veux saisir les mains, pour les porter à ton corps, dans l’expression douce d'un regard coquin….. Celle dans les bras de laquelle tu as envie de te blottir avec sensualité. Et te laisser faire...

 

Tu ne le sais pas encore à qui tu auras à faire, et ça t'excite encore davantage…. Perdu dans ce nuage de plaisir infini, tu ne penses qu'à ce que te dicte ton corps : t'abandonner à eux deux. Sans limites..... Tu es tellement en communion avec tes fantasmes que tu ne t’es même pas rendue compte que ton accompagnateur s’était mis à genoux, près à te rendre un hommage buccal qui ne sera que le prélude d’une après-midi de plaisirs inoubliables….

jeudi, novembre 06, 2008

Obsession...

Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…Il a pris mes mains pour les poser sur lui…. J’avais son sexe dans les mains… il a soulevé ma jupe…

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mardi, octobre 21, 2008

Le chant des violoncelles

Il ne m’a pas fallu longtemps pour que je trouve l’endroit que je cherchais : une grosse pierre, là, sur la plage, face à l’horizon et au vent. Une grosse pierre sur laquelle je pourrais m’asseoir et regarder la nuit avaler l’Atlantique, prendre possession de la terre et du large, quand l’ultime langue de lumière se meurt en faisant danser sur les flots ses dernières étoiles oranges et froides, là-bas, vers l’ouest. Vers les terres rouges de la Bretagne.

 

Mais en cette soirée de novembre, c’est la fraîcheur qui règne. L’eau sombre joue à mouiller toujours un peu plus le sable à marée montante. Le sol est enveloppé d'une humidité glacée.

Personne alentour. Personne, pas même le cri des goélands.

 

Et le vent qui souffle.

 

Emmitouflé dans ma parka, assis sur cette pierre jetée sur le sable, je regarde les couleurs s’évanouir pendant que les sursauts de l’océan se répètent à chaque vague, inlassablement, à chaque fois pareils, et à chaque fois différents.

 

A cette heure, je voudrais tant ressentir encore une fois les vibratos annonciateurs de ses bonjours, de ses bonsoirs. Des témoignages de son affection. Ces vibratos qui ont si bien su donner de la musicalité à ma vie, comme les trilles ou les appoggiatures donnent l'émotion à la musique des grands romantiques...

 

Alors, dans le silence, je regarde la mer sombre, me demandant ce qui m’arrive. Ne comprenant pas mes erreurs. Instinctivement, posant par terre un téléphone devenu muet, je plonge la main dans le sable et j’écarte doucement les doigts. Le sable froid coule rejoindre le sol. A cet instant, je me sens comme un petit loup inoffensif et abandonné. Seul. Sans défenses.

 

Les yeux humides, contemplant cette immense étendue d'une liberté qui se meurt, je viens de comprendre que désormais, au plus profond de moi-même, résonnera pour très longtemps encore le triste chant des violoncelles.

 

 

dimanche, septembre 28, 2008

Silence

C'est devenu une habitude, mon troisième mail un jeudi…

Mais l'inquiétude est tous les jours, dimanches compris.

J'ai peur que tu soies malade, que tu n'ailles pas bien

Et si loin de toi, las, j'ai l'impression de ne servir à rien…

 

Je te l'ai demandé sans succès en prose, alors j'essaie les rimes,

Pour te demander simplement si tous tes feux sont au vert…

Et que si tu veux plus me voir, j'essaierai de ne pas sombrer dans l'abîme

Je prendrais çà dans la figure... l'essentiel est que tu prospères.

 

Je n'ai pas le bras assez long pour que d'ici je puisse toucher ta main

Mais si tu le souhaites, venir te voir est si simple par le train…

Je ne dors pas très bien, je suis plus nerveux, j'en deviens irritable,

 

Sans toi c'est un pan de mon équilibre qui devient instable.

J'ai peur de ne plus te lire. Et même si j'ai abusé de certaines confessions,

Laisse moi t'imaginer encore dans ton lit. Et je te fais une bise sur le front.

 

 

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mercredi, juillet 16, 2008

Je retournerai là-haut

Oui, je retournerai là-haut.

Je ne sais pas encore quand, je ne sais pas encore comment, mais j’irai. J’essaierai le train. Ou alors l’avion. Pourquoi pas même le stop, le pouce levé sur le bord de la route…

Sur le chemin que j'emprunterai, j’arracherai de rage les toiles d’araignées naissantes, et fracasserai de mon piolet les congères en formation.

Même si je dois y arriver comme les fanatiques de Fatima, qui terminent leurs pèlerinages sur les genoux, je n’hésiterai pas à me casser les rotules. A m’arracher les peaux. Juste pour te revoir.

Un fois sur place du village, même en lambeaux, j’irai saluer le gardien, robuste gaillard coiffé de son heaume d'acier : je le reconnaîtrai sans problèmes, puisqu’il garde nuit et jour l’entrée sans sourciller… Sans bouger. Fidèle à son poste, sur la même portion de trottoir. Seul, je rentrerai dans le restaurant qu'il est sensé surveiller, et je m’installerai en haut des trois marches. Dans cette antre vidée de toute âme, je m’assoirai à notre table. Dans l'atmosphère grise, terne, vide de ces lieux, je commencerai à te parler, à t’expliquer ce qui s’est passé depuis. Je te raconterai mes douleurs, mettrai des mots sur les piquants qui m’assaillent en plein sommeil et qui brisent mon repos de leurs lances aiguisées et perverses. Grâce à toi, je pourrai enlever les échardes qui poussent sur mes doigts et à l’intérieur de mes paumes.

Je te parlerai. A force de te parler, je suis sûr que ta silhouette se dessinera en face de moi. Tout doucement. Comme si un magicien caché derrière un pilier, armé de seulement de quelques bulles de savon, arrivait à te recréer devant moi. Alors tu apparaîtras, telle une image presque transparente, devant moi, dans un halo de lumière orangée. Je reconnaîtrai le sourire sur ton doux visage, celui de la sœur qui m’a déjà sorti du cercueil une fois, dans un passé pas si lointain. Je te parlerai, et te reparlerai encore. Te raconterai les tiraillements qui sabotent mes jours, les transformant en nuits permanentes. Je sais que tu m’écouteras.

Et si entre mes larmes l'envie me prennait de tendre une main vers toi, juste pour te caresser ta joue d'un timide revers de mes doigts, alors il est possible que tout disparaisse, que la bulle de savon explose par la simple rugosité de ma peau, laissant ainsi jaillir des milliers de gouttelettes infimes vers le plafond, juste avant qu’elles ne retombent sur le sol. Je profiterai de ce moment pour me lever, et sortir en traversant le rideau de brume que tu auras créé. Le dos voûté.

Dehors, il pleuvra peut-être. Il pleuvra sans doutes. D’une petite bruine fine qui aura le goût et la texture agréables des gouttelettes de l’instant d’avant. Et puis j’irai sur le parking. J’irai sur le parking pour essayer de retrouver ta grande voiture sombre. Au milieu du crachin, je chercherai parmi les numéros des plaques celui qui caractérise la tienne. Je la reverrai certainement, garée à la même place. Son 1, son 8 et son 4 brillants comme des lumières de paix et de sérénité. A l'intérieur, toi au volant, et un autre moi-même à tes cotés, te serrant doucement la main pour te réconforter.

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Alors, me tenant à distance de ce tableau pour ne pas interférer dans les raccourcis du temps et de l’espace, je sourirai d’une grimace mouillée de larmes. Des larmes d'infini. De ces larmes qui me rappelleront qu’il ne me reste plus qu’à faire demi-tour, à laisser ces parfums de fleurs et de fruits voguer dans l'atmosphère de ces lieux. Et, armé de mes seuls souvenirs, rentrer.

Seul.


LOVE SONG - SARA BAREILLES

mardi, juin 24, 2008

Entre l'une et l'autre

Entre l’une à l’autre.

Aujourd’hui, exactement aujourd’hui, je suis à mi-parcours. Exactement entre l’une et l’autre. A mi-chemin. Tel un équilibriste qui a quitté il y a quatre mardis l’assurance du haut de son immeuble pour franchir l’espace qui le sépare du toit de l’autre : arrivée dans quatre semaines. Mais aujourd’hui, je me retrouve au milieu, au plus bas du câble, à l’endroit le plus périlleux, le plus instable, seul et sans filet. Seul au milieu des vents les plus dangereux, à cette place inconfortable où le moindre souffle un peu rude pourrait me surprendre et me faire chavirer. Je ne peux m’empêcher de regarder vers le bas, vers les toits des voitures qui brillent comme des petits démons qui m’appellent, faisant scintiller leurs chimères colorées dont je ne veux pas. Je survis à cette place inconfortable où mes points de départ et d’arrivée m'apparaissent avec horreur flous et lointains. J'ai peur. Je me sens si fragile... Une plume dans le monde des cieux, des dragons et des sorcières. Mais je ne tombe pas.

Alors j’avance…

Entre l’une et l’autre.

A vingt-huit jours de l’une, à vingt-huit nuits de l’autre. Un cycle de passé, un cycle à venir. Celui de la lune. Au centre de ces jours sans parfum, je compte et recompte sans cesse les étapes de la vie de l’astre de la nuit, quartier après quartier, entre l’une et l’autre. Je geins dans ce milieu qui se confond avec les feux de la Saint-Jean, les feux de la joie pour certains, ceux du désert pour moi. Ce feu qui n’arrive pas à me réchauffer, malgré les crépitements des paillettes et des pétards qui ne prennent pas. Ce feu qui brûle mais qui ne me rassure pas.

Et puis j’avance…

Entre l’une et l’autre.

J’ai quitté le camp de base, laissant ma tendre sœur et sa douceur, ses cheveux clairs et son regard de lumière, pour gravir seul, sans corde ni piolet une montagne inconnue dressée devant moi. Car il faut bien avancer. Toujours avancer. L’adret, l’ubac, peu importe le coté, le soleil ou l’ombre… C’est toujours la solitude qui me tient compagnie. Cette discrète compagne qui m’a mené là où je suis aujourd’hui, sur la cime, dans le froid glacial qui me ronge l'âme, au niveau du drapeau que des conquérants passés auraient fièrement planté en chantant leurs hymnes patriotiques, mais qui pour moi a toutes les couleurs du vide.

Il faut que j’avance…

Entre l’une et l’autre.

Et puis ce soir je vais commencer ma redescente, parcourir autant de nuits et autant de nuits qu’à la montée. Pour tenter de trouver mon camp d’arrivée, en évitant les jets des grenades et des gaz factices. Ce camp inconnu dont je vais essayer de déchiffrer les arcanes, les recoins…. Et puis inévitablement après, juste après, reprendre ma route vers une autre solitude. Entre l’une et l’autre. Puis entre l’autre et l’une. Comme le flux et le reflux de la vague, comme l’eau de cette mer qui emmena jadis les aventuriers au bout du monde, je quitterai bientôt l’autre et tenterai de revoir l’une… Comme cette vague qui met trop de temps à me mouiller les pieds, je voudrais que le métronome de la vie s’emballe… Que les profondeurs du pianoforte m’enivre de son tempo cadencé comme les chocs des roues de l’autorail de campagne sur les voies de métal, me menant clandestinement de l’une à l’autre et puis de l’autre à l’une…. Clandestinement, caché entre les roues. Sans ticket. Sale. Nu. Sans papiers. Sur un rythme de train, infini.

Je continue : j’avance...

Entre l’une et l’autre.

Et puis dans ce capharnaüm, fermer les yeux et rêver. Rêver que les mouvements des vagues divaguent et que, tout au contraire des plages calmes pour lesquelles elles s’éternisent en longs rouleaux, elles puissent ici s’enchaîner, se rapprocher et se toucher presque. Alors, peut-être que ce jour-là, je pourrai dans un même instant de grâce te frôler toi, et puis toi, dans une même communion, chacune d’une main tétanisée d’émotion. Vous rapprocher l'une de l'autre pour doucement, tout doucement, appuyer ma tête entre vos épaules et laisser jaillir mes larmes, le visage bien calé sous le toit de vos cheveux roux et sombres.

Confortablement installé, la tête dans contre vos joues et le cœur dans les étoiles. Exactement entre l’une et l’autre…

mardi, juin 10, 2008

Revoir le soleil...

Pourquoi faut-il que je m’y prenne à une heure du matin pour avoir le courage de me l’avouer à moi-même… car oui, j’en ai conscience : l’émotion m’a fragilisé, la timidité m’a paralysé... et j’ai dû te paraître bien froid… beaucoup trop froid. Et pourtant, la journée a été tellement parfaite… tellement géniale… tellement oxygénante… Mais je m'en veux quand je me revois au moment de notre rencontre… A ce moment, oui, je l’avoue, j’ai été très ému. Peut-être trop, même... Je ne connaissais pas l’endroit, mais peu importait, puisque tu étais là. Si c’était à refaire, j’aurais le courage de te serrer dans mes bras. Fort. Pour sentir ton petit cœur battre à travers nos vêtements. J’aurais même abandonné ma tête dans le creux de ton épaule. Et je t’aurais fait plein de bisous dans le cou et près de ton oreille. Et puis des gros sur tes joues. Des chauds, des chaleureux… Doucement. En laissant le temps se calmer pour nous offrir ces minutes d’une tendresse clandestine… Rien qu’à nous. Si je pouvais revenir en arrière, c’est çà que je ferais….

Si j’avais ce pouvoir, je te retrouverais dans ta voiture... et si c’était à refaire, j’oserais prendre ta main dans la mienne. Tout simplement. Juste pour faire courir de nous à nous ce magnétisme qui nous caractérise si bien. Je t’aurais tenu la main, et on aurait été bien. Oui, bien. J’aurais pris tes doigts entre les miens, j’aurais caressé ta paume. J'aurais massé ton poignet, et baisé ta peau. Être plus proche de toi. Juste en tenant ta main dans la mienne, au lieu de te laisser maltraiter ton bracelet...

Mais pour pouvoir ainsi revenir en arrière, il faudrait que je sois un remarquable magicien ! Un être qui aurait enfoncé Houdini dans l’anonymat le plus complet…. Il faudrait que je remonte le temps, jusqu’au début de la création de l’homme, puis que je reprenne la route du présent. Et sur le trajet, j'aurais pu regarder naître les religions et tous les saints, Homère réécrire son Iliade, les révolutionnaires guillotiner leur roi…. Revivre le siècle passé, changer de millénaire, et puis très vite reprendre le train…

Reprendre le train. Et ta main. Respirer ton parfum de plus près. Oser te masser doucement les épaules. Juste tes épaules. Tout doucement pour te détendre… juste pour que tu soies bien. Laisser mes mains contourner ta nuque, déborder sur le haut de ton dos, te donner de la chaleur pour faire fondre tes inquiétudes. Et disparaître tes angoisses. Si seulement j'avais pu mieux te rassurer...

Si j’avais été moins froid… si j’avais été plus courageux… si j’avais été plus moi-même…

Si…


   
Nirvana - Lithium

mardi, mai 27, 2008

La hase et le bouc

"Le jour où tu es tombée du ciel,
J’ai enfin compris qui j’étais
Tu es mon ange providentiel,
Celle dont j’ai toujours rêvé.
 
Mon ange est tombé du ciel,
Le monde enfin se révèle,
Tout m’a semblé plus léger,
J’ai trouvé ma vérité."
 

               Grégory Lemarchal - "Mon Ange" 

 

lundi, mai 26, 2008

Un parfum de douceur, pour mieux m'endormir cette nuit