mercredi, mars 18, 2009
De Notre-Dame à la mer
Je suis repassé devant Notre-Dame. Ce n’est pas par hasard. C’est là que tant de choses se sont passées ! Notre-Dame, fière, droite, belle, majestueuse…. Notre-Dame, me reconnais-tu ?…
Je me suis assis sur le parvis. Longuement. Je n’ai pas eu le courage de re-rentrer dedans, ni de me re-diriger vers le mémorial en contrebas.
Ça m’aurait rappelé trop de souvenirs : des bons, des magnifiques, des inoubliables…. mais des souvenirs passés… : le moment de notre baiser, si tendre, si doux, si fou, si… . C’est là que nous nous sommes regardés de façon si soutenue, si forte, et que nous nous sommes serrés dans les bras, nous embrassant passionnément, sensuellement.
Sur le chemin qui me ramenait à l’hôtel, je me suis arrêté chez le parfumeur pour acheter le parfum le plus enivrant de la Terre : le sien. Celui que, tant de fois, j’ai pris l’habitude de sentir en entrant chez tous ces vendeurs de fragrances devant lesquels je passais, comme si j’étais un acheteur en puissance… Mais cette fois, j’en ai acheté un. Et il est pour moi.
- Vous n’avez pas de bagages ? m’a dit le réceptionniste de l’hôtel, étonné de mon petit viatique.
- Non, je n’ai que çà, lui ai-je répondu.
J’ai choisi, sciemment, l’hôtel du poète. C’est évidemment là que je dois aller, car c’est celui qu’elle connaît le mieux, après tout…. Et puis je suis rentré dans cette chambre. Peut-être a-t-elle déjà eu l’occasion d’en franchir le seuil… peut-être…. Mes larmes ne venaient pas. J’avais dépassé ce stade.
J’ai pris le temps de faire un tour d’horizon rapide de la chambre. Soignée. Puis j’ai punaisé sur l'un des murs notre photo, que j’ai faite agrandir en un poster immense. Cette photo : notre photo… prise un jour à la hâte dans un photomaton d'une station de métro ventée. Une fois agrandie, elle trahissait malheureusement la grossièreté du grain… mais qu’importe ! C’est notre photo, à nous… et l’important est que, de suffisamment loin, je puisse la voir. De la salle de bain, à l’autre extrémité de la chambre, on la voit très bien, alors c’est parfait. Qu’est-ce qu’elle est belle, sur cette photo ! Je la regarde encore : je pose à ses cotés, et, à l’instant du déclenchement du flash automatique, je lui offre un doux baiser sur sa joue. Et elle, elle sourit… ou plutôt elle illumine l’environnement de son sourire.
Que tu es belle, mon coeur... Et qu'est-ce que tu me manques...
Puis j’ai fermé les volets à fond et allumé quelques lumières tamisées. J’ai orienté la lampe de chevet de telle sorte qu’elle mette en valeur le poster de notre amour passé. Voilà, un peu plus à droite… Voilà, là… c’est parfait comme çà. Les lumières de coté, combinées au silence de cette chambre, … tout cela donnait un caractère presque religieux à l’endroit.
Je suis serein. Je m’étonne de me voir aussi serein. Aussi calme. Je n’en reviens pas. J’ai mis en route la radio de la chambre d’hôtel en choisissant une radio douce… tiens, RFM, çà c’est très bien. J’ai ouvert la porte de la salle de bain, et je l’ai laissée grande ouverte. J’ai fait quelques pas dedans, et me suis retourné vers la pièce principale ; de là, je peux enfin contempler ce fameux poster. C’est bon, je ne change rien. Puis je me suis déshabillé. Complètement. Et j’ai fait couler un bain. Un bain chaud, comme elle les aime tant… mais aujourd’hui elle n’est pas là…
Elle n’est pas là. Où est-elle, en ce moment ?
Avec un amant qui lui caresse les genoux dans un café ? Avec un ami qui la dévore des yeux en la regardant rire et fumer.... Peut-être est-elle dans un restaurant, dînant avec un homme, tout en espérant que celui-ci se jette très vite sur elle, arrachant avec sa bouche son string et son soutien-gorge, pour mieux gober sa peau douce, ses seins généreux, ses jambes qui n'en finissent pas.... Peut-être est-elle nue, se mouvant dans un lit de soie, criant de plaisir avec un mâle qui la fait jouir.... ou bien s'occupe-t-elle, lascive, du corps d'un homme en le faisant chanter de plaisir grâce à sa bouche gourmande qui s'est abattue sur son endroit le plus viril...
Je ne sais pas où elle est, mais elle va sûrement très bien, elle. C'est moi qui ne vais pas. Pas du tout.
Je suis rentré dans mon bain.
J'ai sorti le couteau de sa housse. « Attention, il coupe beaucoup – m’avait dit le vendeur. Soyez prudent, ne vous blessez pas ! ». Bien sûr, loin de moi l’idée de lui raconter le dessein que je lui réservais…. Il est à coté de moi, cet instrument de la délivrance. Et, surtout, il y a ce parfum magique que je veux sentir en fermant les yeux : j’ai ouvert le flacon et je peux enfin respirer ces senteurs d’un passé de bonheur qui ne se conjugue plus au présent. En le respirant, enfin je me mets à pleurer. Enfin ! Qu’est-ce que çà fait du bien ! Ces larmes tièdes coulent le long de mon visage et atterrissent dans l’eau. Je me souviens alors d’une citation que j’avais lue dans une carterie, et que j'avais partagée avec elle : « Je voudrais être une larme pour naître de tes yeux, couler sur ta joue, et mourir sur tes lèvres ». Cette phrase que je lui avais écrite un jour… un jour…. Soudain, une musique connue me renvoie à la réalité : j’entends « Bad News » à la radio, sa chanson préférée... Je ne sais pas si je rêve ou pas, mais il faut que je le fasse. C’est le moment.
Là, maintenant, il faut que je le fasse. Je suis ici pour çà, alors il le faut.
Maintenant.
Et tout a été très vite. Je n’ai même pas eu mal lorsque le couteau à tranché les veines de mes poignets. Je n’ai presque rien senti. J’aurais même pu penser avoir raté mon affaire si je n’avais vu l’instrument de la délivrance au fond d’une eau qui prenait cette teinte chaude et pourtant synonyme de mon froid à moi. L’eau a rougi de plus en plus, et mon dernier geste a été de prendre son parfum et de le sentir à pleins poumons, comme un baume infiniment rassurant.
Je ne sais pas depuis combien de temps je baigne dans cette eau trouble qui sent l’urine froide. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Pourquoi est-ce si long ? Et comment c’est, après ? Mes yeux s’embrument. Comme si une vapeur froide et blanche se mettait devant mon visage. Je tourne la tête et j'arrive à distinguer le poster… Oui, je le vois... Même si je ne le vois pas aussi distinctement que tout à l’heure, je le ressens.
Et puis il est tellement gravé dans mon cœur que, même aveugle, je l’aurais vu.
Cette photo... nos deux visages : elle de face, moi légèrement de profil.... j'arrive à "sentir" nos silhouettes complices... Et ce parfum, cette radio douce…. Je suis bien. Il me semble qu’elle est là, à mes cotés. J’ai l’impression de voir une silhouette près de moi… un mirage…, mais une sensation de bien être.
« Mon coeur, mon Amour, c'est toi qui t'approches de la baignoire ? Fait attention, ne glisse pas sur le carrelage humide... Tends moi la main... comme çà, oui... Ta peau est douce... Je t'aime, ma vie, mon coeur... Viens m'embrasser une dernière fois... »
Je délire, je le sais, mais c’est bon… Quelques ultimes efforts pour me rappeler cette odeur de parfum… Je suis déjà dans le couloir de l’après.

J'ai de plus en plus de mal à sentir ma carcasse, mais il me semble que je ressens toujours sa peau. Sa peau douce, chaude, rassurante... Ma peau blanche et froide me joue sûrement des tours, mais c’est si bon. Je suis shooté, complètement ivre, en plein délire, incapable de bouger quoi que ce soit. Je ne sens plus rien. Alors, c’est quand que çà vient ? C’est encore long ?
Subitement, je me sens attiré vers le plafond. Je lève la tête, mais il me semble que c’est le plafond qui se rapproche.... Je décolle... Qu’est-ce qui se passe ? Et c’est quoi cette lumière tout autour de moi ? Je regarde au dessous et je me vois dans cette eau sale. Que c’est pitoyable, un pachyderme mou, désarticulé, informe dans cette eau rouge ! Et cette lumière, qui surgit subitement ! Qu’est-ce qu’elle est vive ! Elle est éblouissante ! Merveilleuse. Elle vient de la chambre. J’y vais et constate que le poster grossièrement agrandi de tout à l'heure, celui que j'avais punaisé sur l'un des murs de la chambre, celui-là même ... s’est métamorphosé en tableau de maître, Vinci ou Véronèze, Rembrandt ou David... Je n'ai pas, comme elle, une bonne culture dans ces arts, mais j'associe volontiers cette perfection à ces noms-là : je suis devant une oeuvre digne des plus grands tableaux de maître. La précision est magnifique, tout dans le détail… presque du relief… Et il revêt maintenant un encadrement en or. Un encadrement rustique, immense, de toute beauté, magnifique, ciselé à la main par un artiste de génie…. Et c’est de ce tableau que vient la lumière. C’est splendide. Même au Louvre, il n’en n’ont pas des comme çà… La précision du regard, c’est inimaginable.
Complètement fasciné par cette peinture, je ne suis même pas surpris de voir que je ne figure plus dessus : maintenant, elle y est seule. Et, tout doucement, elle se met à bouger. Son sourire se fait encore plus tendre, son regard plus appuyé. Elle me tend la main, m’invitant à « entrer » dans ce tableau de maître. Comment refuser une telle invitation ?
J’y plonge comme dans une piscine lumineuse, et je me retrouve dehors, en l’air, dans la rue, près du Lac. Bien sûr... c’est là qu’elle habite, près du Lac… je reconnais l’entrée de son bâtiment, seuil que je n’ai pourtant jamais franchi… et j’y entre enfin, comme un souffle. Voilà où me portait son invitation… chez elle, tout simplement. L’air de ne pas tout comprendre à ce qui m’arrive, je me trouve flottant dans l’air, dans sa chambre. Je suis enfin là, près d’elle. Je la vois en léger contrebas. Elle dort, toujours aussi belle. Elle est seule. J’arrive à ressentir son parfum, celui dont je m’étais enivré dans ma vie antérieure. J’essaie de tendre ma main mais je viens de réaliser que mon corps n’est plus qu’un souvenir. J’ai envie de descendre vers elle, mais je ne peux pas. J’ai envie de la caresser encore une fois, mais je ne peux pas la toucher.

Alors dans ce silence que sa seule présence illumine, je souffle vers elle un baiser. Soudain mille petites étoiles s’envolent et tombent doucement sur elle. Elle bouge. Je ne voulais pas la réveiller… mais elle a senti quelque chose, puisqu’elle ouvre les yeux. Elle semble étonnée de ce réveil, ne comprenant pas pourquoi son sommeil s’est brusquement brisé. Pas un bruit dans cette chambre chaude de sa présence. Pas un bruit, à part peut-être le froissement du drap doux qui enveloppe son corps entièrement nu. Ce drap dans lequel j'aurais tant aimé me blottir, comme dans un suaire tiède... Les étoiles se sont évanouies, sauf une, qui s’est matérialisée, et qui est tombée près de son oreiller. Bien que minuscule, elle l’a vue. Elle la prend ; puis, d’un air étonné, la regarde, lève les yeux vers le plafond, vers moi, mais sans me voir. Mais non, elle ne peux pas me voir. Je n’existe plus pour les terriens. Pourtant, elle sent quelque chose. Comme une appréhension. Elle s'immobilise, les yeux dans ma direction... : je suis heureux... Puis je la vois qui pose délicatement cette étoile sur sa table de nuit, se rallonge, et se rendort, remettant vraisemblablement au lendemain l'explication de ce mystère stellaire. Cela m’a permis de la revoir une dernière fois, d’admirer son corps si parfait, sa peau si douce, sa bouche désirable et si tendre, sa générosité si exceptionnelle.
Il est temps pour moi de partir d'ici et de la laisser à ses rêves, en priant qu’elle ait une vie de joies, de bonheur, entourée de passion, d’amour et de nombreux enfants d’amour.
L’appel du large devient le plus fort. En un instant, je me retrouve sur un rocher de sa Normandie natale. Près du Grouin du sud.
C’est ici que je veux rester pour l’éternité ; parce que je sais que c’est là qu’elle vient se retrouver avec elle-même quand elle en a besoin. Alors, je me sublime, me mélangeant à l’air de la mer qui tournoie dans ce lieu mythique, dans cette baie qui deviendra mon havre de paix. Elle m’a montré les anges ; maintenant, c’est à moi de prier pour tout le bonheur que je lui souhaite… tout ce bonheur que je n’ai pas su lui offrir. Maintenant je serai, au-delà du temps, cet ange gardien qui veillera sur elle.
Et puis un jour, dans des temps très lointains, elle aussi décollera de cette terre, perdra son habit de peau d’arrière-grand-mère comblée qu’elle sera devenue… et je la retrouverai. Elle viendra sûrement par ici, près de l'un de ces rochers, sur l'une de ces plages. Et moi je serai là, et je sentirai sa présence. Peut-être alors, si la magie de l’amour nous redonne un semblant de corps pour quelques instants, alors je la ré-admirerai et je prendrai sa main dans la mienne, tout simplement...
... Et là je verrai au fond de ses yeux aux couleurs de l’espérance, gorgés de tendresse, une immensité de paix aux couleurs des émeraudes qui donnent tout leur charme à la Manche.

08:03 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, amour, tragédie, passion, extrème, femme, homme
mercredi, janvier 28, 2009
Dernier éveil - deuxième partie
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Mes mains me font mal. Elles semblent, à leur tour, se réveiller ; et je ressens à cet endroit comme un feu brûlant me dévorer. Pourquoi cette douleur est-elle constante à ces endroits précis, même quand la femme n’y jette pas ses chaussures aux semelles si pointues ?… Il m’a fallu un grand effort pour tenter de regarder dans leurs directions. Et c’est là que j’ai vu qu’elles étaient ensanglantées. Toutes les deux.
Et là, j’ai compris : Je suis le Christ.

Je suis le Christ, non pas dans sa foi, ni dans sa bonté, ni dans sa croyance. Mais je suis le Christ, dans sa souffrance, crucifié et mourant, cloué sur une croix de bois, dure et froide, devant un monde qui continue à vivre et à danser.
Je suis le Christ humilié.
A cet instant de prise de conscience, la musique s’est soudainement arrêtée. Brutalement. Sans prévenir.
Tous les hommes se sont figés instantanément, comme paralysés en l’air, en lévitation à quelques centimètres au-dessus de moi.
Et la femme, comme dans un film au ralenti, s’est baissée vers moi, c’est à dire vers le tapis, vers la carpette sur laquelle elle a dansé pendant des heures. Elle s’est accroupie, ses talons comme des épées sur mon ventre déjà rouge de plaies, l'abîmant encore davantage par son poids immobile ; mon ventre est à deux doigts de se perforer sous ses aiguilles.
Et j’ai reconnu ce visage. C’était celui de celle que j’avais tant aimée, un soir d’été sur une plage de Normandie. Ce visage qui m’avait tant manqué et qui, aujourd’hui, me faisait tant souffrir…
Le visage de l’Amour. Celui de la vie et de l’espoir.
Le seul. L’unique.
Mais ce visage était le sien sans être celui dont le portrait tapissait l'intégralité de mon coeur : à la place du regard doux et chaud, brillaient des yeux banals, verts et durs. A la place du sourire d’ange, un air convenu, sans cœur. Froid et sévère. Un sourire glacial.
Non, ce n’est pas elle, c’est impossible… Et pourtant…
J’avais l’impression d’être acculé comme un taureau dans une arène. Comme un animal blessé, humilié.

Alors, toujours comme dans un film au ralenti, elle a glissé sa main sous mon pagne, à la recherche d'un sexe qui, à cet instant de douleur et de panique, était quasiment inexistant. Ne trouvant qu’un petit bout de chair insignifiant, elle s’est lâchée d’un immense éclat de rire qui montrait toute sa jouissance face à mon humiliation poussée à son paroxysme.
Puis elle a sorti sa langue et s’est léché avec une scandaleuse sensualité le pourtour de sa bouche.

D’un air sévère, elle s’est redressée, posant un de ses talons sur mon sternum, au niveau exact de mon cœur. Serrant les dents, monopolisant toutes ses forces pour une mise à mort qui la ferait jouir, elle m’a fait comprendre d’un sourire que la comédie était terminée.
Comme un cloporte, comme une fourmi, comme un insecte nuisible, elle allait m’éliminer. Me supprimer comme une blatte. Et quand elle aura dégusté son geste, surexcitée par celui-ci, elle pourra se redresser et reprendre enfin sa danse, avec tous ces hommes laissés quelques minutes en jachère de sexe.
Nous nous sommes regardés. Ma bouche a commencé à s’ouvrir. Avant qu’elle n’appuie de tout son poids sur son talon, j’ai voulu lui dire une dernière chose. Une toute dernière.
Mes lèvres ont commencé à murmurer : « Je t’aim... », mais l’a-t-elle entendu ? En tout cas, elle ne m’a pas laissé finir. Et là, c’est moi qui n’ai plus rien entendu, à part mon cœur qui, dans un dernier râle, dans un dernier sursaut de lumière, s’est mis à battre un ultime instant comme un fou, à l’image de l’écho lourd et profond du glas des églises.

Et puis…
Et puis… plus rien...
09:42 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, amitié, tendresse, société, solitude, journal intime
dimanche, janvier 25, 2009
Dernier éveil - première partie
Je viens de me réveiller comme d’un grand somme. Je suis allongé, mais sans savoir où je suis. Pour tout dire, je me souviens à peine de mon nom… Impossible de reconnaître la pièce dans laquelle je me trouve. Ni la ville. Ni même l'époque.
Je ne suis rien. Rien, au milieu de nulle part.
La seule chose dont je sois sûr, c’est que je suis plein de courbatures, que j'ai mal partout, et que le sol est dur. Dur comme du vieux bois ou de la pierre froide.
Ce n’est que quelques minutes après que j’ai commencé à entendre la musique. Une musique festive, légère et gaie, à laquelle ont succédé des rafales de rires d’hommes et de femmes.
J'ai du mal à voir. Mes yeux s'éveillent à leur tour. Peu à peu. Pour l'instant, je ne vois qu'un brouillard à travers lequel je distingue des mouvements furtifs et indéfinissables.
Je ne sais pas comment j’ai fait pour en arriver là. Impossible de me souvenir de quoi que ce soit. Comme si je ressortais d’un coma profond, lourd de plusieurs siècles. Mais enfin d’où viennent toutes ces courbatures ? En plus, il y a des parties de mon corps que j’ai du mal à sentir… Et même à voir, car, tout allongé que je suis, je ne peux même pas relever suffisamment la tête pour voir ne serait-ce que mes mains ou mes pieds…
Et j'ai commencé à ressentir des coups de poignard portés sur mon corps. Et de plus en plus fort. Sur mon buste, sur mon visage, sur mon être tout entier. Des coups piquants, incessants et épars, de plus en plus présents. Comme des coups de tournevis qui pénétreraient dans ma chair. Mes sensations s’éveillant, j'ai de plus en plus mal ; et je ne sais pas d’où cela vient.
Puis la musique s’est faite plus nette. Les rires aussi. Des silhouettes sont peu à peu apparues juste au-dessus de moi. Il y a beaucoup de mouvements. Les gens bougent au son d’une musique dont je ne reconnais pas le style, mais qui plaît à mes hôtes…. Je repère tous ces pieds d’hommes qui semblent voler à quelques centimètres au-dessus de mon visage et au-dessus de mon corps, en m'effleurant, sans me toucher. Je vois tout par le dessous : j’ai l’impression d’être transformé en une sorte de tapis, un tapis au-dessus duquel des gens dansent…
Je vois de plus en plus nettement les formes, au-dessus de moi : comme dans un nuage vaporeux, je vois par le dessous une pièce enfumée. Des hommes dansent en volant à fleur de moi. Je ressens aussi de plus en plus fort et douloureusement ces coups indéfinissables. Et de partout. Mais je ne sais toujours pas d'où ils proviennent.
Dieu que j’ai mal…
Je ne comprends rien… Je suis abasourdi. Douloureusement abasourdi.
Mais je n'ai pas mis beaucoup de temps à comprendre à quoi étaient dus ces coups de poignard qui me blessaient : Autant les semelles de tous les hommes qui valsaient ne me touchaient pas, autant l’unique femme, elle, me piétinait réellement, avec des chaussures à talons aiguisés. Et à chaque pas qu’elle faisait, c’était ma peau qu’elle meurtrissait. Ses talons fins provoquaient des chocs sanguinolents sur ma peau à chaque mouvement. Et comme la femme dansait de façon effrénée, à chaque fois ses talons, en se reposant sur moi, rayaient ma peau, la pinçaient, la bleuissaient, la trouaient : Je suis, pour elle, une carpette, comme une peau d’ours dans une chambre bourgeoise, pour laquelle on ne porte plus aucun intérêt. Et que l'on peut piétiner allègrement.
Pourquoi ce châtiment ? Pourquoi cette torture ?
La danse s’est emballée. Elle est devenue maintenant une valse folle autour d’une femme et de plusieurs hommes. Et des hommes, il y en a de plus en plus. Cinq, puis dix. Puis quinze. Ils se pressent juste au-dessus de moi et se rapprochent d’elle. Et elle, elle se rapproche d’eux. Elle a l’air d’aimer ça puisque dans ma tête résonnent des éclats de rire qui cognent comme ces gongs que l’on entend autour des rings de boxe, dans la fumée des cigares virils et de la sueur fétide.
Et maintenant, je vois qu’elle soulève sa légère tenue de soie, montrant à qui le veut son sexe nu, et ses fesses que je vois par dessous…

Et les hommes la touchent. Et les hommes la caressent. Et moi, simple carpette immobile, je regarde ce tableau par dessous, ressentant de plus en plus fort les coups de ses talons féminins sur mon corps ensanglanté. J’ai mal. Il faut que çà s’arrête, mais je ne peux presque pas bouger… Je n’ai même pas la force d’ouvrir la bouche pour la supplier d’arrêter… Dans un effort surhumain pour relever ma tête, j’ai pu constater que je ne portais qu’un simple pagne ridicule qui ne couvrait que mon intimité. Un tissu dérisoire. Rien d'autre. J’ai les jambes nues, droites et tendues ; je ne peux pas les bouger, et çà, je ne sais pas pourquoi… J’ai les bras tendus, perpendiculaires à mon buste… Et j’ai mal... De plus en plus. Quand je regarde vers le ciel, je vois cette femme se frotter avec tous ces hommes. Je vois des doigts d’homme pénétrer dans son sexe sous son déshabillé de soie.
Chacun son tour. A tour de rôle. En plus d'être une carpette que l'on se plaît à torturer, je suis devenu une piste de danse... et de débauche.

Et plus le tableau devient sexuel, plus elle me piétine fort. Je suis maculé d'innombrables blessures desquelles jaillissent des flots de sang.
Plus çà va, plus çà rit, plus çà chante, et plus mes blessures sont larges et profondes. Et plus j’ai mal. Et plus les hommes se défoulent devant elle. Elle se laisse caresser par tous dans une jouissance qui la fait chanter et hurler de joie. Ses éclats de voix résonnent dans ma tête. Les hommes passent, entrent et sortent dans cette pièce. Il y a des hommes virils, des androgynes. Peu importe : ils ont toujours une place contre elle, sur elle,… dans elle.
Certains d’entre eux se mettent à lui lécher les seins ; d’autres commencent à se masturber en la regardant, dans un délire d’humiliation que tous m’infligent, et qu’il m’est difficile de retranscrire avec des mots.
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11:56 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, amitié, tendresse, société, solitude, journal intime
mardi, décembre 09, 2008
Les anges
Je te regarde. Tu es près de moi. Tout près. Tu t’es endormie et ton visage est reposé. Nous sommes nus tous les deux, allongés sur ce lit en friches, et ta tête repose sur mon bras. Je te regarde, assoupie : tu es belle.... non, tu es plus que çà : belle au-delà des mots. Ta bouche parfaite orne ton visage que, même clos, tes yeux arrivent à illuminer.
J’admire tes cheveux, aux reflets auburn et roux. Je contemple tes seins, splendides, et tes jambes qui n'en finissent pas de me faire envie.... Toute l’après-midi, nous avons fait l’amour dans cette chambre d’hôtel… une succession de plaisirs, de dons de soi pour l’autre, d’échanges de caresses, d’instants de passion, de sensuelles et douces communions : un tourbillon enivrant de tendresse. Mais avec toi, nous n’étions pas dans la chambre 111 d’un hôtel anonyme. Avec toi, nous sommes dans un Palace. A Deauville peut-être, au milieu du luxe et de la sérénité élégante. A Végas peut-être, dans l’inconnu, parmi les jeux et les excès d’un autre lieu. A Paris sûrement, dans ces palais qui dominent la place Vendôme.
Enfin, nous avons fait l’amour. Enfin…
En te contemplant, je me souviens de mon message inattendu de l’autre jour, qui t’expliquait que je venais de revenir en France, après toutes ces années passées si loin, et que je voulais te revoir... je me souviens aussi de notre première conversation au téléphone...., et de la hâte que tu avais, tout comme moi, de nous retrouver après toutes ces années où ton absence a rendu mes jours fades.
Je me rappelle nos tendres retrouvailles, il y a quelques heures à peine, devant le café, près de la statue... Une attente démente d'impatience, combinée à une excitation inouïe : les minutes qui ont précédé notre rencontre furent insoutenables... Des minutes, ou plutôt des mois, des siècles qui n’en finissaient pas de remettre leurs fins à encore plus tard. Et puis je t’ai revue, enfin. Et puis enfin tu m’as revu, et tu as tout lâché. Mon cœur s'est emballé, mes lèvres sont devenues sèches de tous ces mots que je voulais te dire... Et je me suis approché de toi. D'un pas modéré, compromis entre une impatience difficilement contrôlable et le souhait de goûter ces instants, de laisser ces secondes se prolonger dans l'éternité. Puis nous nous sommes touchés. Alors tes yeux se sont fermés ; ton corps ne te répondait plus, et te disait simplement de te laisser aller dans mes bras.

Nous avons fusionné, communié dans un baiser tendre, sensuel et passionné, fondant dans une étreinte profonde, au-delà des conventions et du temps. Combien de temps que je ne t'avais revue ? 4 ans ? 7 ans ? Ou peut-être les deux à la fois... Je ne sais plus. Peu importe : tu n'avais pas changé, car depuis toutes ces années où un océan m'a séparé de toi, pas une seule nuit tu n'as quitté mes rêves... ; en te revoyant, j'ai ressenti toutes ces sensations comme une douce gifle du passé, aux embruns de bien-être. Ces secondes, je sais que je vais les revivre des centaines et des milliers de fois.... quand je t’ai prise contre moi, dans un état second, puis quand j'ai senti tes seins se plaquer contre mon torse, quand ton coeur s'est emballé, au contact de mon corps si clairement modelé pour l’occasion... quand tu as vibré en ressentant mon souffle dans ton cou, mes mains dans tes cheveux, nos baisers sur nos lèvres.
Je te regarde, assoupie contre moi et je me rappelle quand, enfin, nous avons refermé la porte de cette chambre d’hôtel : nous nous sentions protégés contre le monde entier, dans l’obscurité de notre petit nid douillet de l’après-midi. Quand, la porte à peine refermée, j’ai plaqué tes mains au-dessus de ta tête, contre le mur. Tu as crocheté tes doigts dans les miens et tu m’as embrassé jusqu'à l'ivresse. Un baiser langoureux, sensuel, passionné, fou et complet. Un baiser comme je les aime, un baiser comme tu les aimes : bourré de tendresse. Puis j’ai senti nos doigts se séparer, et en un clin d’œil j’ai ôté ton pull ; sans prendre le temps de contempler ta poitrine, déjà mes mains ont soupesé tes seins et les ont caressés avec une douceur infinie. Alors tu as pris ma tête dans tes mains et tu as plaqué mon visage contre ton buste, afin que je les mordille, les titille .... délicieux moments de sensualité et d’érotisme.
Tu es allongée tout près de moi. Ta médaille gît entre tes seins généreux ; je regarde ta poitrine ferme, si parfaite, que j’ai tant aimé caresser. Je revois cette médaille en mouvement, tout à l’heure, quand, dans un lotus parfait, nous la faisions se balancer d’avant en arrière, au rythme de ton buste excité et chaud d’envie. Au rythme de notre union d’amour.
Je te contemple, nue, et je repense à nos langues humides de désir qui se sont mêlées et ont échangé les plus belles des saveurs, ces textures si douces, ces gourmandises sucrées comme des bonbons. Un abandon complet qui rimait avec la tendresse que nous nous échangions.

Je te contemple et je repense à tes yeux qui se sont révulsés de bien-être ; moi je n'avais plus de nom, plus de sens, car seul comptait le fait que je sois avec toi. Il y a quelques minutes ou peut-être quelques siècles, je ne me souviens plus, mes mains te caressaient, courant sur toi, caressant et massant chaque partie de ton corps, sans tabou ni retenue. Tu as aimé mes caresses tendres, de la tête aux pieds. Sur tes épaules, sur ton cou, sur ton dos. Quelques gouttes d’un lait que j’ai déposé sur ton corps nous a envoûtés de son parfum de l’ambre qu’il dégageait en se chauffant de mes caresses. Puis plus doucement j’ai caressé tes seins, tendrement, les baisant de ma bouche gourmande, léchant et mordillant leurs bouts raidis d'excitation, avec une délicatesse qui te faisait fermer les yeux et gémir de plaisir ; et ton ventre, et tes cuisses, et tes fesses, nobles et douces, friandises érotiques parfaites, qui réagissaient à chaque passage de mes mains.
J’étais un pianiste de concert, jouant, sur le piano de ton corps, toute l'oeuvre de Chopin. Les Nocturnes langoureux, forts, sensuels et intimes, les Scherzos plus légers, presque ludiques, et les Polonaises plus romantiques, plus énergiques, profondes, fortes ou puissantes. Et de cette salle de concert imaginaire ressortait une symphonie magnifique, celle de l’amour, de la passion, que nous jouions tous les deux. Toi, tu laissais tes doigts se régaler de mon corps. Tu n’avais pas une main, ni deux mains. Tu en avais des milliers, car tu étais partout. J’ai tant aimé quand tu t’es occupé de moi... Conjuguant ta bouche avec tes mains, tu t'es laissée aller, et c’est çà qui importait. Pas de tabous, pas de censure, quand tes mains couraient sur mes épaules, mon torse,... et mon ventre... tandis que ta bouche osait se régaler en entamant un dialogue intime avec la partie la plus fière de mon corps.
Je repense, déjà nostalgique, à notre communion, et notre bien-être absolu. Quand tes lèvres ont laissé échapper ces petits cris si particuliers et caractéristiques du bonheur.
Dans ma tête, je te réentends hurler de joie et quand, entre deux cris délicieux, tu me disais, presque à bout de souffle, le visage en feu, les cheveux en déroute, que tu m’aimais. M'aventurant dans ta partie la plus intime, je me suis régalé à tempérer de ma langue tiède ton volcan de braise, examinant en détail cette région délicieusement instable, goûtant ce fruit royal, ce miel des Dieux, cet elixir enivrant, sensationnel, unique. Tes jambes se sont alors écartées et tout ton corps a ondulé au rythme de ma bouche, au rythme de ta respiration, au rythme de tes gémissements, au rythme de ton désir.... au rythme d'une mer invisible où tu flottais, lascive, sensuelle, terriblement.... oui... terriblement désirable....
Enfin, alors que j'étais au bord du gouffre, tu m'as demandé de larguer les amarres, de me laisser aller sur l'océan du bonheur. Alors enfin j’ai réchauffé ton ventre par le plaisir que toi-même tu as voulu m’offrir comme un cadeau du Ciel ; point d’orgue de notre amour, la communion de nos deux cœurs, de nos deux corps, de nos deux êtres passionnés. A ce moment-là, j'ai eu le ciel et les nuages à mes pieds ; j'étais bien. A ce moment-là, nous ne formions plus qu'un.
Je te regarde et j’ai encore envie de toi. Mon sang a afflué dans toutes les parties de mon corps et je voudrais tant te remontrer encore combien je t’aime ! Je regarde ton ventre, tes jambes douces, fines et longues qui s’achèvent sur tes petits pieds adorables, si féminins, si mignons… Mais toi tu es toujours assoupie, la tête sur mon bras. Alors, je n’ose pas te réveiller. Ma main s’aventure pourtant sur ton corps, mais sans te toucher. Elle reste à quelques millimètres de ta peau, tissu doux et soyeux, rassurant, moelleux, unique ; je te caresse sans te caresser. Tendrement, mais à distance. Mais malgré ma précaution, ton corps a senti ma présence et tes milliers de petits poils se dressent au passage de ma main.
Je ne te touche pas, et pourtant je te caresse.
Tu es assoupie, et pourtant tu me réponds.

On entend souvent de bien piètres métaphores sur le plaisir. Certains parlent de jouissance, de septième ciel... Mais tout ça ne me m'intéresse pas vraiment... Parce qu'avec toi, j’ai enfin compris qu’il existait un plaisir physique qui soit le prolongement d’un amour absolu, tendre, et définitivement sensuel et passionné. Et alors ces expressions sont pour moi bien mièvres. Bien fades !
Avec toi, mon image à moi, elle est simple. Beaucoup plus simple :
Avec toi, j’ai vu les anges.
Il y en avait des centaines ou peut-être des milliers… mais chacun d’eux avait ton visage.
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samedi, septembre 20, 2008
20 septembre 2004 (2)
08:05 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société
mardi, septembre 09, 2008
"Dans la peau d'une femme" : Le Jardin des Délices - [seconde partie]
[Suite de la première partie : clique ICI si tu ne l'as pas lue...].
* * * * * * * * * *
Avec un naturel guidé par l’amour qu’il me porte, il a fait courir sa main de haut en bas, puis de bas en haut sur ma peau, de mes orteils à mes fesses, sans discontinuer. J’ai aimé sa main. J’ai aimé ses caresses. J’ai aimé qu’il s’occupe de moi ainsi…
Il me regardait fixement et tendrement. Nos regards échangeaient des éclairs de complicité et d'amour. Puis sa main est remontée vers mon ventre, puis vers ma poitrine gonflée à bloc, qu'il s'est amusé à caresser avec une sensualité indescriptible.
Mais comment s'appelle cet instant d'ivresse qui fait que l'on ne sent plus son propre corps, si ce n'est à travers les mains qui le touchent ? Comment s'appelle ce moment où l'on est si bien que l'on croit voir de la lumière partout, où les yeux sont mi-clos, comme drogués d'amour, où l'on baigne dans une grâce telle que la respiration s'emballe et que les lèvres deviennent sèches à cause du flux d'air exigé par un corps devenu immaîtrisable, et où ces lèvres ne retrouveront l'humidité qu'à travers la langue aimante d'un homme qui les lapera comme un chat du lait... Peu importe le nom de ce moment, l'essentiel est que je l'ai vécu...
Dieu que j’ai aimé sa peau. Il n’y a qu’elle qui sache vraiment me faire vibrer.
Vibrer. Décoller. J’avais envie de jouir…
Me redressant, j’ai ressaisi son sexe, et je l’ai invité à se laisser aller à son tour sur la banquette afin qu’il soit en position presque allongée. Il ne bougeait plus. Alors je l’ai masturbé avec passion et douceur. Quand il m’a fait comprendre qu’il voulait que j’aille « jusqu’au bout », j’ai acquiescé d’un sourire ; il s’est alors redressé, pour aller chercher un mouchoir en papier dans son cartable qu’il avait laissé au pied du fauteuil avant de la voiture. Pendant quelques secondes, j’ai pu ainsi voir ses fesses penchées en avant, et j’ai eu une irrésistible envie de les caresser. Ses fesses douces, viriles, agrémentées de duvet tendre que je n’ai pu me retenir de toucher… Je sais qu’il a aimé ce moment de caresses, puisqu’il a pris tout son temps avant de revenir près de moi.
Nous ne disions rien. Cela aurait été bien inutile.
Puis il est revenu derrière, et a souri. Il s’est rallongé près de moi, ne me laissant qu’un tout petit morceau de banquette arrière.
Alors j’ai repris l’avion pour la passion. J’ai quitté le Maroc pour l’Afrique Centrale, là où la chaleur est encore plus moite. Plus forte. Sans parachute, j’ai sauté en direction de cette terre tiède et désirable. J’ai atterri au cœur du continent, dans les contrées sauvages de Tanzanie, du Burundi ou du Rwanda ; j’étais entouré de singes grands et sombres.

Ils criaient dans tous les sens, sautant et gesticulant sans arrêts. J’étais sur la place d’un village, entourée par des autochtones qui chantaient pour louer leur Dieu. Il faisait chaud. Humide. J’avais les oreilles brûlantes, les lèvres rouges du travail accompli, le ventre chaud comme de la lave giclant du volcan. Je baignais dans une atmosphère poisseuse et suffocante. J'étais au paroxysme de l'excitation. Ca sentait la paille, la craie, les fruits exotiques, et le sexe de l’homme. La place du village était bondée de gens qui couraient autour du totem érectile sur lequel j’étais arrimée. Et moi j'entendais les tamtams de mon coeur résonner dans la brousse au rythme de mon plaisir grandissant. Je ne le lâchais pas, mon totem à moi, le serrant de toutes mes forces et de toute ma langue, au milieu des singes grands et sombres qui dansaient avec les nègres du villages.
Et puis, derrière eux, sont arrivées leurs femmes, nues sous leurs pagnes : elles sont arrivées en portant chacune à bout de bras de gros sacs chargés de matériaux lourds. Il en venait de plus en plus, et ces femmes pliaient presque sous le poids de leurs deux bourses en peau, ces outres chaudes remplies d'eau, de pépites d'or ou bien de diamant. Et moi, dans la fièvre de mon délire causé par un bonheur si intense, je me prenais pour l'une de ces femmes, en prenant soin de ces sacs fragiles et alourdis, caressant ces poches de velours du bout des doigts, avec douceur et velouté.
J’avais chaud.
J’étais bien.
Si bien.
J’avais envie d'hurler « je t’aime » mais ma langue était bien trop occupée à se délecter du mets qui m’était offert.
Alors, juste avant que le totem ne devienne fontaine, j’ai retiré ma bouche, le laissant ainsi se libérer sans honte.
Au moment de son plaisir suprême, il a saisi mon bras, et l’a serré très fort.
Alors nous avons pris, ensemble, un plaisir communié : au moment de son plaisir, j’ai poussé un jappement de bien-être. Un moment de jouissance passionnée et démensément amoureuse.

C’était cet après-midi.
Il n’y a que quelques heures, mais çà me semble si loin déjà… Loin comme lui, déjà reparti à des milliers de kilomètres d'ici... Et je ne suis pas rassasiée !
Et maintenant, en repensant à tous ces moments, dans mon lit, je ne me suis même pas rendue compte que j’avais ôté mon drap.
J’ai même surpris ma main se promener sur mon buste nu, une légère transpiration perlant entre mes seins. Si çà se trouve, j’ai dû passer des heures à danser dans mes draps de soie ! Mes doigts ont saisi mes tétons saillants ; j’ai envie de jouir.
Je l’aime.
Mais pourquoi ne l’a-t-il pas compris ? Qu’attend-il ? Pourquoi ne vient-il pas m’enlever comme le font tous les hommes des films d’Hollywood ? Je me sens si bien, avec lui. En sécurité. Entourée d’amour.
C’est en me reposant pour la millième fois la même question sans y trouver davantage de réponses que je me suis retournée vers le coté : mon regard s’est arrêté net devant les heures rouges-sang du réveil. Plus que 5 minutes avant qu’il ne sonne… Déjà... Drôle de nuit ! Pas une nuit blanche, mais au contraire, une nuit multicolore, à dominante rouge, la couleur de la passion. Rouge comme ces fleurs exotiques des îles lointaines dont les pétales s’écartent à leur maximum en laissant ainsi exploser un énorme pistil à disposition des oiseaux gourmands et des yeux voyeurs.

Mais j’ai aussi pris conscience que dans quelques instants, la même comédie du mensonge va reprendre. Dans quelques instants, la même scène de l’illusion, avec un « colocataire de lit » qui n’est pas celui avec lequel je veux être heureuse…
Alors, juste avant que le radio-réveil ne sonne, je me suis levée discrètement, tout doucement, sans faire de bruit, pour aller prendre ma douche. Celui qui a passé sa nuit à coté de moi est encore assoupi pour quelques instants. Je le regarde… Malgré sa gentillesse, je n’arriverai jamais à l’aimer... C’est pourquoi je vais m’enfoncer sous ma douche, prendre des dizaines de litres d’eau bien chaude sur mon visage et sur mon corps ; des dizaines de litres d’eau presque brûlante pour laver mes regrets, laver mes remords, laver ma honte…
J’avais à peine refermé la porte de la salle de bains que j’ai entendu le radio-réveil se mettre en marche. Je me suis dit qu’à cet instant, mon « voisin de nuit » devait se demander pourquoi je m’étais levée si tôt. Et j'imagine sa déception en ne me voyant pas nue au réveil, comme il aime tant m’admirer chaque matin. Mais non. Pas aujourd’hui ; çà aurait été bien au-delà de mes forces ! Je n’aurai qu’à lui dire que j’ai mal dormi, à cause de ce que j’ai mangé chez ma copine Emilie, chez qui je suis sensée avoir passé « très officiellement » l’après-midi. Ca ou autre chose, de toute façon, qu’importe !… je ne suis pas à un bobard près…
Mais c’est aussi à ce moment là que j’ai compris l’absurdité de ma détermination : cette douche pourra laver mon corps. Elle pourra effacer la transpiration douce et érotique qui perle sur ma peau. Elle pourra redonner un semblant de vie à quelqu’un qui, après tout, n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Mais rien de plus. Rien ne peut ni ne pourra effacer ce qu’il y a dans mon cœur : aucune douche, aucun médicament, aucune fête... ni aucun autre homme.
Alors s’il te plaît, viens vite…

Ne tarde pas : je t’attends.
Je suis remplie de toi, viens...
Je t'aime...
Dis,... tu m'entends ?
11:07 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, homme
samedi, septembre 06, 2008
"Dans la peau d'une femme" : Le Jardin des Délices - [première partie]
Comme ma copine FISO s'y met à changer de sexe, allez hop !, je fais le symétrique... (non, c'est pas une position du Khama-Soutra !...). Bonne lecture !
Pour être complet (après, c'est promis, vous pourrez lire !!) je mets un lien vers le blog-initiateur de cette idée : X
* * * * * * * * * *
Je tourne et je me retourne interminablement dans mon lit depuis des heures. Le réveil égrène ses chiffres rouges des minutes impitoyablement cycliques qui me rappellent que je ne dors toujours pas. 1h, 2h, 3h… impossible de trouver le sommeil. Et pour cause…
A coté de moi, dans mon grand lit, je distingue une silhouette masculine, à la lumière des rais de lune qui passent à travers les lattes des volets. Une forme humaine endormie qui ronfle de temps en temps. Une silhouette qui ne m’inspire rien de mauvais,… mais qui ne m’inspire pas l’amour.
Alors, serrant très fort mon oreiller comme pour essayer d’y retrouver son improbable présence, je me re-passe pour la millième fois dans ma tête le film de cette après-midi si folle et si délicieuse… Cette après-midi que j’ai passée avec mon amour… avec mon amant… Nous ne nous étions pas vus depuis des mois. Insoutenable fut le temps de l’absence et de l’éloignement : nous vivions à la limite du supplice… Nous ne pouvions continuer, lui et moi, à nous satisfaire de ces coups de téléphone passés en cachette, de ces mots doux échangés, à travers les kilomètres : nous n’y tenions plus : il fallait que l’on se voit. Et vite !
Mais après ces longues semaines d’épreuve et de patience, notre rencontre est enfin arrivée. Enfin !
C’était il y a quelques heures, en début d’après-midi, dans une allée du Jardin des Plantes, en plein coeur de Paris. J’avais mis une petite robe d’été, courte et décolletée… Une tenue très féminine, comme il les aime tant...

C’était il y a quelques heures, en début d’après-midi, dans une allée du Jardin des Plantes, en plein coeur de Paris : Dieu que cela a été fort ! J’ai vibré comme lors de notre tout premier coup de foudre ; j’ai senti une flèche passionnée de rouge embrocher nos deux âmes au même instant. Mon cœur s’est emballé à sa vue… Je n’ai pas pu le maîtriser… Et je n’ai pas voulu, surtout… Puis nous nous sommes touchés. Puis nous nous sommes enlacés doucement.
On était bien, dans les bras l’un de l’autre. C’était bon…
Nous nous sommes embrassés, comme le font les amants, comme le font ceux qui s’aiment vraiment, en fermant les yeux pour mieux goûter l’instant. Pour mieux goûter ce délice, cocktail de douceur, d’amour et de passion… Je l’ai serré de toutes mes forces dans mes bras tremblant d'émotion. Je l’ai senti, mâle, m'enlacer, puis me rassurer, me conforter de son odeur d’homme, de sa douceur et de sa sensibilité. De sa voix calme. De son amour. Nous nous sommes embrassés longuement. Avec passion et gourmandise. Avec ferveur et chaleur. Avec une fougue humide.
Je revois nos bouches fondre l’une dans l’autre, tourner comme des folles en se frottant l'une l'autre, à la cadence de nos langues tièdes. Nous nous sommes regardés, et nous avons souri.
On était bien...
Je ne sentais plus mon corps : je n’avais plus de poids. Les nuages flottaient à mes pieds et je ne sentais plus rien. J'étais heureuse, tout simplement. Des enfants couraient. Mais à cet instant, rien ne comptait plus que lui et moi. Que nous deux.

En nous serrant l’un contre l’autre, ma poitrine contre son buste, mon ventre contre le sien, j’ai bien perçu chez lui l’excitation que j’attendais. J’ai remarqué la cadence de ses reins, cadence qui se voulait discrète mais qui pour moi était très perceptible ; cette cadence qui m’avait tant manqué… J’avais envie de lui. J’avais tellement envie de lui. Manque de chance, je savais qu'aujourd'hui je ne pourrais pas aller jusqu'au bout de mon désir, car les hasards du calendrier n’étaient pas favorables en ce moment, et notre rencontre tombait bien mal de ce point de vue-là… mais tant pis : ses venues en France ne sont pas si fréquentes, alors il faut « faire avec »… Néanmoins, j’étais très excitée ; j’avais envie d’un voyage et je voulais le réussir : destination plaisir.
Nous avons sauté dans ma voiture que, par une chance inouïe, j’avais réussi à garer tout près de l’entrée du Jardin des Plantes.
Nous avons longé Austerlitz, puis traversé la Seine en direction du grand parking souterrain de la gare de Lyon.
Durant les minutes qu’a duré le trajet, il n’a pas arrêté de me toucher, d’une façon ou d’une autre. Quand ma main maintenait le changement de vitesse, il mettait la sienne dessus, crochetant ses doigts dans les miens… ou alors il l’abandonnait sur ma robe, voire même sur ma cuisse qu’il a su dénuder avec tact et douceur, la révélant à vif pour mieux toucher ma peau fraîche et pâle.
Ma peau révélait des frissons de bien-être. Un doux courant électrique m’a envahie.
Il me caressait doucement et avec tendresse… et il a été difficile pour moi de rester concentrée sur ce qui se passait sur la route. A l’entrée du parking, nous avons d’ailleurs évité de justesse une collision avec une voiture qui roulait un peu trop vite et que mon esprit déjà envolé vers des contrées de sexe et de plaisir n’avait pas pris le temps d’intégrer comme élément à risque…
Enfin nous sommes descendus rapidement au plus bas du parking, à la recherche du coin le plus sombre.
Au dernier niveau, dans un recoin, le long du mur : une place de libre, coincée entre un gros pilier et une fourgonnette. Personne en vue : là, nous serons bien cachés !
Encore quelques secondes pour reculer la voiture au maximum... et lui, pendant cette manoeuvre, qui commençait déjà à se déshabiller !!
J’ai aimé sa hâte.
Il a enlevé son pantalon, ses chaussures qu'il portait pieds-nus ; il a déboutonné sa chemise.
Il a ôté son slip, avec un naturel qui m’a presque décontenancée, et avec une envie manifeste de me montrer qu’il avait envie de moi…
J’avais à peine coupé le contact que, déjà, il s'était assis sur la banquette arrière, dans cette simple tenue, avec sa chemise déboutonnée comme seul habit. Il ne m’a pas fallu longtemps pour le rejoindre. Il faisait sombre. Nous nous sommes enlacés chaudement.
J’étais excitée comme une puce. Nous nous sommes embrassés goulûment. Mes lèvres étaient gonflées et je sentais mes seins durcir. Pour ne rien arranger à mon état, il s’est mis à me mordiller les lobes de mes oreilles. Supplice extrême… Il les a gobés l’un après l’autre, les suçant voluptueusement, comme il l’aurait fait avec des sucettes. Sa langue tournait autour de ces appendices rouges, chauds de désir et sucrés de passion. Ses dents les mordillaient doucement, avec sensualité…
Je ronronnais comme une petite chatte que l'on caresse là où elle aime... Mon ventre criait famine : j’avais faim de plaisir…

Il avait ses bras autour de mon cou, mais déjà je les sentais descendre vers mes épaules et sur ma gorge. Il a plaqué ses mains contre mes seins, et les a palpés avec excitation, à travers le fin tissu de ma robe.
N’y tenant plus, moi aussi j’ai laissé aller mes doigts sur son torse. J’ai écarté sa chemise, caressé et baisé son buste d’homme. Son buste poilu que j’ai léché avec érotisme. Puis ma main a continué sa course un peu plus bas, là où son désir m’appelait… J’ai enfin saisi son sexe nu et fier à pleine main. J’ai senti une secousse de bien-être, un vibrato de tout son corps qui voulait dire « enfin ! »… Lui aussi, il attendait cela depuis si longtemps...
Il a enfourné ses mains dans mon soutien-gorge pour saisir mes seins dénudés dans ses paumes tièdes...
Puis il m’a rappelé, avec un sourire complice, qu’en ce moment des caméras de surveillance filmaient peut-être nos caresses… Nous avons ri de ce propos qui a eu pour effet de m’exciter encore davantage.
N’y tenant plus, je me suis décidée à poursuivre mon voyage en allant gober l’interdit, en me dirigeant vers ces zones douces et chaudes, comme celles qui existent dans les pays du Maghreb. Direction Casablanca. Direction le Jardin des Délices, là où le sable fouette les visages, là où les lèvres sont sèches du sirocco qui nous embaume d’une tiédeur agréable, là où trône une obélisque immense, fierté des alentours. Une obélisque dure et chaude que j’ai pu goûter jusqu’à m’en saouler, sans limites, sans tabous, sans retenue. Oui, ma bouche a élu domicile dans ce Jardin des Délices, mes lèvres et ma langue enlaçant cette statue pharaonique et fière, l'escaladant dans un sens, puis dans l'autre. Je baignais dans une moiteur excitante jusqu’à l’insoutenable.
Je me suis aperçue que tout ce temps sans le voir n’avait pas altéré le souvenir que j’avais de la turgescence de son membre, dont j’aurais pu dessiner de mémoire tous les contours avec précision. J’avais les yeux fermés et ma bouche gobait sans discontinuer sa virilité : son sexe doux, marqué par un relief discret, un peu comme s'il était enveloppé d’une fine dentelle ciselée à la main, comme celles que créent les célèbres ouvrières d’Alençon…
Mais cette longue absence m’a également montré combien il m’a manqué. Et combien je l’aime…
J’ai aimé goûter son sexe… J’aurais pu faire çà pendant des heures…
Puis je me suis redressée, et nous nous sommes encore enlacés et embrassés.
Son excitation avait décuplé. Ses mains ont repris leur manège en direction de mes seins ; mais cette fois-ci, il les a nettement dénudés, les sortant complètement de leurs logements de dentelle, sans ménagements pour mon pauvre soutien-gorge, définitivement endommagé… ; il les a pris virilement, en a saisi leurs bouts durs et raidis. Les a pincés. Son visage s’est approché d’eux et il les a mordillés, titillés, léchés comme il l’aurait fait d’un dessert délicieux. Tenant fermement mes tétons, il m’a secoué les seins, les faisant tourner, les masturbant délicieusement.
J’avais envie d’hurler ; j’avais envie de sa puissance. Mon corps ne me répondait plus. Je ne maîtrisais plus rien. J’étais en lévitation dans une sphère de plaisir. Une bulle d’amour et de passion.
Je sentais son odeur mâle se propager dans la voiture. Nous bougions beaucoup, et je pensais que le véhicule devait tanguer par notre faute. Rien que d’imaginer que des gens circulant à cet étage du parking de cette gare pouvaient remarquer notre voiture en mouvement, j’étais encore plus excitée. Je m’imaginais faisant l’amour dans un train, la porte de la cabine à peine fermée… Bougeant au rythme des aiguillages, au rythme des courbes, du relief, des accélérations, des montées et des descentes.
C’est à ce moment qu’il m’a suggéré de m'allonger le plus possible sur la banquette arrière, en m’embrassant d’une fougue à la fois douce et exquisément surhumaine. Nos lèvres se sont mariées de nouveau ; accroupi, sa main est venue sur ma cuisse, puis sur le genou. Je l’ai sentie descendre sur ma jambe, puis sur mon pied qu’il a saisi pour le remonter, posant mon talon sur la banquette.
Puis il a ôté mes sandales....
....
[Suite au prochain post... ; clique ICI pour y lire la suite]
10:28 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, caresses
mardi, mai 20, 2008
Nu
Chambre 61. Dans mon lit d’hôtel, je n’arrive pas à dormir. Il fait une chaleur atroce, à croire que l’acclim' est encore en panne. Et si j’ouvre la fenêtre, c’est encore pire car dehors, c’est une véritable cacophonie de klaxons et de coups de frieins.
Il est 2 heures du matin, et il n’y a rien à faire, c’est à toi que je pense. Je suis complètement nu dans mon lit poisseux de cette transpiration synonyme de désir. De sexe.
Oui, ma Belle, ce soir je n’ai pas envie de te faire l’amour, j’ai envie de sexe. J’ai envie de me rouler sur toi, de te caresser avec une douce violence érotique.
Je suis dur de ta pensée, dur de ne pas t’avoir vue depuis tout ce temps. Si çà se trouve, tu es nue dans les bras d'un homme, à l'heure qu'il est. Et moi j’ai envie de te toucher, de te palper les seins comme si je te pétrissais de passion et de désir.
Mon sexe est dur, infamement dur. Et je me caresse dans cette humidité virile. J’ai viré d’un revers de main énergique ce drap blanc qui m’étouffe comme une couverture de bure, rèche et irritante. J’ai le lit pour moi. J’ai pris contre moi le second oreiller et j’imagine que c’est ton corps. Alors je me suis retourné sur lui. Je le serre contre moi et je pilonne le matelas et le marque de mon épée de mousquetaire. Je me sens grand. Je suis un roi. Je suis le Grand Louis qui pénétre Louise de la Vallières.

Je te reconstruis de toutes pièces à coté de moi. Tu es nue, retournée et appuyée sur les coudes. Ton visage repose sur l’oreiller, les cheveux en désordre. Tu as gardé les fesses très en hauteur, me les proposant en hommage buccal. Tu es cambrée et tes cuisses sont écartées, laissant ouvertes toutes les entrées possibles. Alors je te caresse. J’enfourne mes doigts partout et toi tu aimes çà… Puis je te chevauche dans un fantasme inavouable…
Sur mon lit, de ma main droite, j’augmente le mouvement de ma main, montant et descendant en pensant à toi. Je suis comme un paquebot retourné, le mat vers le bas, enfoncé dans la vase, et qui essaye de s’en sortir.
Oui, j’ai envie de ton corps, j’ai envie de rentrer mon sexe dans toi. J’ai envie de sucer tes lèvres, celles que tu ne montres qu’à tes amants. Les chatouiller du bout de ma langue, puis sans prévenir les laper comme un chat affamé laperait du lait... les faire passer dans ma bouche, ma main caressant tes cuisses, tes fesses… ma main s’aventurant entre tes demi-pêches fruitées.
Dans mon délire solitaire, je te vois changer de position. Tu es maintenant allongée sur le dos. Je suis à genoux à tes cotés, un pot de crème fraîche liquide à la main. Je la fais couler sur ton ventre. Un mince filet dessine sur tes seins des ronds, des formes blanches et goûteuses. Sur ton ventre, puis plus bas, beaucoup plus bas. Pendant ce temps, toi tu t'occupes de mon sexe… Je te masse et te lèche en même temps, faisant pénétrer cette sauce en toi pour te faire luire. Toute excitée que tu es, chaude par la moiteur de l'atmosphère combinée à celle de l'intérieur de ton corps, c’est maintenant toi-même qui te masturbes les seins, les pinçant et les remuant sauvagement en gémissant…
Et là, pour moi, c’est Versailles. Mon sexe tourné vers le Ciel comme pour y rechercher une bénédiction. En nage, sans limites. Sans tabous avec moi-même… Et enfin le feu d’artifice ; enfin le feu qui gicle du vasque des jardins de Lenôtre et qui bondit vers le haut pour atterrir sur mon ventre. Enfin le cri de la délivrance. Celui du condamné à l'instant où il sent le froid de la lame caresser son cou…
Et là, en une fraction de seconde, je prends conscience... le paquebot peut maintenant se retourner et sombrer. Sombrer dans le regret. Et dans la honte.
Seul...
17:08 Publié dans ♣ Elle... avec deux ailes [2] | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, sexe, amitié, tendresse, société, solitude




