samedi, juin 27, 2009
Oserais-tu... ?
Que ferais-tu si j’arrivais la veille ?
Imagine qu’au lieu de coucher à Paris et de prendre le train aux aurores, j’arrivais dans ta ville dès la veille au soir. Qu’à la sortie de la gare, après avoir longé quelques mètres la rue déserte, j’entrais dans le hall de l’hôtel des voyageurs. Qu’un portier à moitié endormi me confie ma clef…. Et que j’aille passer ma nuit ainsi, peut-être à cinq kilomètres seulement de toi…
Imagine….
Oserais-tu changer tes plans ?
Oserais-tu te lever plus tôt, bien plus tôt que nécessaire ?… Prétexter une urgence au bureau…
Alors tu pourrais mettre ta plus belle jupe, et surtout la plus courte, la plus sexy... certainement la moins raisonnable au regard de la saison trop fraîche… Et te vaporiser de ton parfum fétiche. Et après une dernière touche de maquillage tu ouvrirais la porte de ton garage…
Oui, là j’ai envie de t’imaginer faire çà… t’imaginer oser changer nos plans, oser chambouler le convenu. T’imaginer te presser, jusqu’à en oublier te fermer la barrière de ta maison, comme tu as oublié, mais peut-être à dessein, de mettre une culotte ce matin-là…
Oserais-tu ainsi monter dans ta grosse voiture noire, et conduire prudemment le long des chemins déserts, dans le matin noir, dans le froid de l’automne, sans âme qui vive, puis reprendre la grande route un peu plus loin… Faire les quelques centaines de mètres qui te séparent du centre de la ville où j’aurais élu mon domicile provisoire pour quelques heures. T’avancer à mesure que le soleil transperce les couches de la terre pour venir nous saluer de ses premiers rayons ?
Je ferme les yeux. Et je t’imagine, le cœur battant, les mains légèrement moites, délicieusement emprisonnée entre la culpabilité et une irrésistible envie d’oser… Je t’imagine cherchant une place au plus près de l’entrée de l’hôtel, pour ne pas croiser une belle-sœur ou une amie trop matinale…
Un dernier petit créneau… Juste un dernier. Et puis couper le moteur.
Le silence.
Seuls tambourineraient les battements de ton cœur et l’appel de ton corps, comme un écho à ton envie…
Fermer la portière et très vite entrer dans l’établissement. Demander mon numéro de chambre à un veilleur de nuit en fin de cycle, qui attendrait avec impatience de passer la main à son collègue de jour… Que serait-il en train de penser, à ton avis ? Mais est-ce que soudainement tu t’intéresserais à ce que pensent les gens ? …
Tu serais venue jusqu’ici pour me faire la plus délicieuse des surprises…. Venir me surprendre deux heures avant notre rendez-vous prévu dans un café. Sagement dans un café. Trop sagement à ton goût…
Alors oui, j’ai envie de t’imaginer prendre l’escalier en colimaçon, l’escalier mal éclairé, serré contre le mur beige, les marches nappées d’un tapis rouge mangé depuis longtemps par les coups de chaussures marquant les trajets incessants des visiteurs, anonymes ou habitués….
Encore quelques marches…
Oserais-tu ?
Encore un peu… c’est peut-être au second qu’il te faudrait aller…
Pousser la porte du palier.
Et derrière cette porte qui permet l’accès aux cinq chambres de l’étage, c’est le noir. Et le silence total.
L’interrupteur est juste là, à droite.

L’attente insupportable… Où est la numéro 14 ?… Elle est au fond. Au fond et à gauche…
Quelques pas…
Juste encore quelques pas.
Oserais-tu t’approcher ? T’approcher de la porte de ma chambre ?…
Doucement, tout doucement. Tes pieds survoleraient le parquet clair que j’aurais emprunté quelques heures auparavant… Quelques toutes petites heures auparavant. Peut-être ressentirais-tu déjà, en faisant tes derniers pas, l’odeur de mon parfum. L’odeur de ma peau.
Et si tu fermais les yeux, maintenant… Là, tu es arrivée. C’est là… Je suis juste derrière la porte.
Quelques secondes d’hésitation… Juste quelques petites secondes.
Il est encore temps de revenir en arrière. Là, il est encore temps de tout revivre en marche arrière. La descente des escaliers, la voiture, la route jusqu’au travail qui n’est pas si loin… D’ailleurs çà tombe bien, tu as un rapport de synthèse de formation à finaliser pour la fin de la semaine… Et çà serait bien que tu t’y atèles... Maintenant, oui, maintenant, tu peux encore revenir en arrière….
La synthèse à rédiger ? Le plaisir à vivre ? Quoi choisir ?…. Comment choisir ?
Et qu’est-il préférable de supporter ? La culpabilité, ou … le regret ?
Je suis sûr que la minuterie, comme un clin d’œil coquin et complice, t’indiquerait la réponse. Comme un petit diable qui te pousserait dans la toile du plaisir, tu prendrais comme un signe du destin le fait d’être subitement plongée dans l’ombre… Revenir en arrière ? maintenant ?… mais par où ?… Le chemin n’est pas bien fléché…. Et le palier et tout noir...
Alors oui, ta décision est prise. Tu es là, le front frôlant presque la porte de bois. Pourquoi n’oses-tu pas frapper là ? Maintenant ?… Mais qu’attends-tu ? Le cœur à se rompre, tu veux sans doutes garder ce moment encore quelques secondes… ce moment à la fois insupportable et délicieux.
Un dernier geste vers ton chemisier… Enlever un bouton… Ou deux. Imaginer que dans quelques instants, c’est moi qui poursuivrai à tout petit pas le démontage de tes vêtements, jusqu'à te mettre nue de plaisir… de la façon la plus douce et la plus sensuelle possible…
Mais avant de frapper les trois coups sur la porte, comme ceux du théâtre, prends le temps de m’imaginer de l’autre coté de la porte… Sur le ventre, à moitié endormi. Nu. Les bras serrant l’oreiller comme une femme d’un gros câlin. Les jambes très légèrement écartées. Et çà ton corps ne peut pas se contenter de ne le vivre qu’en pensée…

Et c’est au moment précis où ta main a touché la porte pour commencer à frapper que celle-ci s’est ouverte… Tu vois, tu n’as qu’à pousser… Derrière, c’est le noir. C’est le silence…. Mais pour l’instant seulement…. Parce que si tu entres, très bientôt on pourra entendre le doux crépitement incandescent de la soie, de la peau, de nos souffles, et du plaisir...
Je t'attendais : viens me réveiller… Un parfum pour le plus doux des réveils, un baiser pour le plus doux des plaisirs…
Allez, ose....
Allez, viens...
15:56 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [3] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, passion, caresses, hommes, femmes, société
mercredi, juin 24, 2009
Sofia Essaidi
Evidemment.... Comment Sofia Essaidi pouvait ne pas figurer dans cette catégorie...

15:50 Publié dans ♣ Elles, étincelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sofia essaidi, star academy, chanson, chanson française, femme, beauté
samedi, juin 20, 2009
Petit cadeau d'amour...
19:16 Publié dans ♣ Idem, et Ibid aime [2] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tiesto, musique, chanson, dj, société
Fantasme....
La question du sondage était la suivante :
Très chère visiteuse, parmi ces 6 propositions, laquelle correspond le mieux à ton fantasme le plus fort ?.... : Faire l'amour avec...
| 15.55% | Un homme | |
| 31.11% | Des hommes | |
| 11.11% | Une femme | |
| 6.66% | Des femmes | |
| 6.66% | Un couple | |
| 28.88% | Plein d'hommes et de femmes... |
Plusieurs femmes, ça vous branche, certes, ..... mais dès qu'il y a plusieurs hommes, alors là..... c'est le panard !

Surveillez bien la colonne de droite ! Un nouveau sondage paraîtra prochainement !
08:51 Publié dans ♣ Laissons d'âge... | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, homme, société, sexe, amour, pulsion, passion
vendredi, juin 19, 2009
Gravatar
J'ai reçu des mails de petites curieuses qui me demandent ce que représente exactement mon gravatar (le gravatar est la toute petite photo qui apparaît en illustration des commentaires laissés sur les blogs ; cette photo est attachée à une adresse mail précise : il est donc possible d'en avoir une qui apparaisse, que l'on possède un blog ou non).
Il est vrai qu'elle est tellement petite qu'on ne voit pas toujours grand chose.... Alors la voilà en gros plan ci-dessous.
D'autres questions ?
;-)

Bizous à toutes...
13:58 Publié dans ♣ For my copine's [2] | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gravatar, image, blog, société, photo
lundi, juin 15, 2009
Do not disturb
Ce soir-là, j’ai eu du mal à m’endormir. Parce que j’étais trop nerveux pour trouver le sommeil. Trop ému, trop excité par avance de la journée qu’elle allait m’offrir… Et ce n’est que très tard dans la nuit noire que j’ai enfin trouvé un peu de repos… Mais à six heures, j’ai été brusquement réveillé par un bruit sourd dans la cour sur laquelle donnait ma chambre. C’est un comble !… j’avais demandé une chambre spacieuse et calme, éloignée des autres chambres de cet hôtel, et surtout éloignée de la rue du Départ, parfois trop bruyante au petit matin…. et c’est justement dans cette cour intérieure qu’a retenti le bruit du réveil.
« Six heures… c’est trop tôt. Elle ne doit venir que dans deux heures…. »
Je me suis tout de même levé, et me suis dirigé vers la salle de bains, pour me rafraîchir et me raser. Oui, je sais, c’est un peu triché de ma part, mais lui faire l’amour avec une barbe de plusieurs heures, ce n’est pas très soyeux, surtout avec mon gros appétit buccal, et ma langue constamment affamée, chercheuse et si gourmande de sa peau…
Une fois rasé de près, et avant de retourner dans le lit, je suis allé entrouvrir la porte de ma chambre, la laissant dans une position légèrement ouverte grâce à une cale de fortune. Ainsi elle n’aurait plus qu’à la pousser… Puis je lui ai envoyé un sms lui indiquant mon numéro de chambre. Elle devait être encore dans le train à destination de Paris, à cette heure…
Quelques instants plus tard, j’étais de nouveau couché, dans un état entre l’éveil et le sommeil, à mi-chemin entre l’émotion qui m'envahissait comme un fleuve à l'approche de l'estuaire, l'excitation, et la recherche de la quiétude. Volontairement, j’avais caché ma montre et tout appareil susceptible de me donner l’heure…. Je ne voulais pas savoir : je voulais être surpris. Surpris comme un malfrat pris la main dans le sac, surpris comme un enfant la main dans un pot de confiture….
Je bandais. J’essayais de ne pas y penser, de ne pas m’exciter…. Pas facile.... Se forcer à penser à autre chose, à d’autres paysages, à des champs de lin, à des villages aux maisons en briques…. Pourtant, ce sont les images de son corps que je désirais tant qui sont revenues à la surface, comme des ballons pleins d’air que j’aurais tenté bien inutilement d’immerger… L’image de ses lèvres de velours qu’elle allait m’offrir, de ses fesses qu’elle allait écarter devant moi, pour moi. J’essayais de ne pas penser à ses seins, ni à l’odeur de sa peau, ni à ses jambes, ni à sa façon si douce et si généreuse qu’elle a de s’occuper de moi, de ma peau, de mon membre excité… Se forcer à penser à autre chose, à d’autres paysages, à une énigme policière qui m’avait tenue en haleine il y a quelques mois, au texte calme d’une chanson de Cabrel....

Le temps a dû passer ainsi, doucement, rapidement, lentement... peu importe, il a passé. Mille images ont valsé dans ma tête, et je les ai laissées inonder l’écran géant de ma passion, de mon désir… et de mon amour total, intégral. De mon amour "plein écran".... Les parfums de sa peau, le tissu de son shorty, son regard, son sourire doux…. Mon coeur battait comme un fou. J'avais du mal à me maîtriser. J’ai fermé les yeux, ne voulant pas réaliser que dehors le jour s’affirmait et qu’il était déjà trahi par les interstices des volets de la chambre qui laissaient maintenant filtrer de généreux rayons de soleil. Combien de temps suis-je resté ainsi, dans cet état second ?
Soudain, j’ai entendu la porte s’ouvrir. Ma tête regardait à l’opposé de l’entrée, mais je savais que c’était elle. Je savais qu’elle venait pour s’occuper de moi, et pour que je m’occupe d’elle. Pour déguster ensemble le dessert interdit du plaisir à deux. La communion inavouable et inavouée de la passion de deux amants clandestins. La cérémonie nuptiale de l’amour, le bal du sexe, du plaisir, des touchers passionnés, des langues tièdes et humides mêlées l’une à l’autre dans une danse chaude comme la sueur qui allait bientôt perler de ma peau de mâle. La symphonie des caresses sublimes et interdites, aux positions à chaque fois nouvelles et différentes…

Oui, je savais que c’était elle. J’ai senti la porte se refermer et je l’ai imaginée abandonnant sa veste à terre. Je l’ai sentie s’approcher et mon cœur a explosé de joie et d'amour. Je l’ai sentie s’allonger contre moi, encore toute habillée, frôlant de ses habits ma nudité totale. Puis ses mains ont commencé à me toucher. J'ai tressailli d’émotion.
Je me suis retourné. Nous nous sommes regardés. Nous avons souri. Nous nous sommes embrassés. Amoureusement....
Oui, là a commencé le paradis. Là a commencé la féerie sensuelle et érotique de l’amour.
Viens, je suis à toi. Je suis ton tout petit homme. Je t’attends.
Je suis à toi, mon amour... Viens !...
11:21 Publié dans ♣ Chauds shows... [3] | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, femme, homme, société, bécaud, émotion
vendredi, juin 12, 2009
Récréation
22:40 Publié dans ♣ Norio rigolo [2] | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : depardieu, cinéma, tais-toi, humour, société
lundi, juin 08, 2009
Le chant du cygne
Je l'ai attendue des heures.... mais en vain.... Je peux couper mon téléphone portable, maintenant. Elle ne viendra plus.... : il est trop tard... Alors voilà, la belle histoire est terminée... sans prévenir, comme ça. De façon aussi fulgurante qu'elle avait commencé, au détour d'une nouvelle année...
Je n'ai plus qu'à marcher dans les rues. Seul. Devant, derrière, à gauche ou ailleurs... Partir. Errer. Fuir... Tourner en rond... Peu importe, après tout...
C'est ainsi qu'après de longs instants d'errance dans un Paris gris comme mes pensées, je me suis retrouvé dans une pizzeria minable, entre un arrêt de bus et une pharmacie dont la croix faisait des échos verts sur le trottoir, après la pluie qui était tombée en fin d’après-midi, et qui retombait de plus belle depuis une heure. Je n'ai pas faim. Je me traine de solitude. On m’a installé dans un coin, au bout d’une banquette. Une petite table de rien du tout avec pour seule compagne une chaise vide devant moi. Une chaise vide, vide comme l’absence et le froid. Je n’arrête pas de la regarder, cette chaise vide. J’ai presque envie de lui parler.
Je suis triste. Horriblement triste. Triste à en mourir. Elle me manque éperdument...

Je ne sais même plus ce que j’ai commandé pour dîner. En fait, je ne sais même pas pourquoi je suis rentré là-dedans… : je ne peux rien avaler. Le parfum qui se dégage de l'assiette que vient de m'apporter le serveur ne me procure même plus les douces sensations habituelles. Mon dîner refroidit. Il peut toujours attendre ! Il ne sera jamais aussi froid que ce que je ressens en ce moment dans mon ventre.
« Il vous manque quelque chose, monsieur ? ». Le serveur, par ces simples paroles, m’a rappelé où j’étais. « Non, merci, lui ai-je répondu. Tout va bien ». Alors j’ai ré-attaqué mon plat, comme un ouvrier à la chaîne qui reprend son dur labeur. Sans plaisir.
Un petit bouquet de fleurs est censé agrémenter chaque table. Le mien est un bouquet multicolore, à dominante sombre. Je ne saurais dire ce que c’est au juste, ni même si une odeur quelconque s’en dégage. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne sens plus rien. Je ne sens qu’elle, que son parfum que j'imagine, que l'odeur sensuelle de sa peau… Le restaurant est de plus en plus bondé, mais, malgré le bruit, j’ai l’impression d’être seul, dans le vide... Seul : je sais que c’est le mot qui marquera désormais ma vie jusqu’à mon dernier souffle….
J'ai l'impression de faner, loin d'elle. De ne plus exister. De mourir. Je fonds de minute en minute. Je voudrais être dans un petit village de Picardie, et regarder son monument aux morts… pour y lire mon nom inscrit dessus…

Je ne sais qu’une chose : je ne vais pas bien.
J’ai fini la moitié de mon assiette. Ça ira largement. J’ai demandé l’addition au garçon qui s’est empressé d’aller voir le responsable de la salle pour l’informer que ma table aller se libérer. Les affaires sont les affaires… Mais tout ce business me dégoûte. Ça y est, deux jeunes hommes viennent d'entrer et je vois le patron les accueillir avec une avalanche de sourires et leur apprendre qu'une table - la mienne - serait disponible dans quelques instants. Vu leurs manières de s’avancer, je pense qu’il s’agit d’un couple… Les deux jeunes hommes se sourient et dans leurs yeux passe un courant de gentillesse et de douces attentions. C’est écrit sur leurs fronts ! C'est beau...
Il y a peut-être cent personnes dans cette salle bondée. Il me semble entendre des milliers de voix. Je perçois des cris d’enfants... Et pourtant, je vis le supplice du néant. Le supplice de l’absence… Malgré tout ce monde qui grouille autour de moi, je ne vois personne. Parce que je ne peux pas penser à autre chose qu’à elle. Je revois sans relâche ses yeux profonds, je sens sa présence comme si elle était près de moi, avec son parfum si doux. J’ai envie de sa peau, de sa main… Elle me manque ! Elle seule sait me parler. Elle seule sait m'écouter. Elle seule sait me rassurer, sait m'aimer. J’ai envie de l’embrasser, de la caresser, de la prendre dans mes bras, de la sentir tout près de moi. J'ai envie de la chérir...
Vite, sortir d'ici… aller ailleurs !! Je ne sais pas où, mais sortir de ce restaurant où je n'ai pas ma place !! Je tends sans presque y réfléchir un billet au serveur ; il me remercie et s’apprête à me rendre la monnaie ; mais lorsque je lui ai dit qu’il pouvait la garder, il est resté sans voix, tant ce qu’il devait me rendre devait être important. Mais çà n’a aucune espèce d’importance : je m'en fiche comme de ma première chemise. Il faut que je prenne l’air.
En franchissant le seuil, je me suis aperçu que j’étais moite, les cuisses et le dos trempés d’une angoisse froide. Il pleut sans discontinuer mais ce n’est pas grave. Mécaniquement, je pourrais respirer, mais je n’y arrive toujours pas. Je halète. Je suffoque. Je pense que je vais étouffer. Je m’appuie contre un candélabre et les passants se posent des questions en me regardant dans cet état, trempé sous cette pluie battante... Alors je me suis remis à marcher... J'ai de plus en plus mal au ventre, comme si mes entrailles étaient attaquées par un acide impitoyable...
Et c'est là que tout s'est passé. Je n'ai rien vu venir tellement cela a été rapide, mais j'ai entendu. J'ai entendu une voix d'ange hurler mon prénom de tous ses poumons : la voix d'un elfe magique.... Elle, l'amour de ma vie, elle qui avait essayé de me joindre toute la soirée, et moi, pauvre idiot qui avait coupé la sonnerie de mon portable... Oui, c'est elle !
Du trottoir d'en face, Elle m'a aperçu sortir du restaurant. Alors elle s'est mise à hurler. Et moi je suis resté là, tétanisé de surprise et de bonheur devant ce revirement de situation. Je me suis demandé si je rêvais. Si les ingrédients de mon dîner ne contenait pas quelque élixir qui monte à la tête... Mais non. Elle est bel et bien là, à quelques mètres de moi. Trempée jusqu'aux os. Elle avait dû essayer de me trouver dans le quartier, arpentant les rues les unes après les autres, les cafés, les ruelles, les tavernes...
Elle hurlait "je t'aime" de l'autre coté de la rue, et moi j'étais abasourdi. Trempé comme elle. Ma bouche ne pouvait pas s'ouvrir. J'étais devenu une statue de cire.
Encore quelques secondes, juste le temps qu'elle traverse. Juste quelques petits instants avant le feu d'artifice. Avant le bonheur. Avant la vie, tout simplement.
Est-ce que je la mérite vraiment ? Quel crétin je suis ! Si seulement j'avais laissé mon téléphone portable ouvert, on aurait pu parler, et en ce moment nous serions dans les bras l'un de l'autre. Dans un grand lit.
Encore quelques toutes petites secondes.
Et c'est là que tout s'est passé. Je n'ai rien vu venir tellement cela a été brusque. Mais j'ai vu son regard se rapprocher de moi quand elle a commencé à traverser. J'ai vu son visage s'illuminer de plus en plus. Elle avait fait la moitié de la route quand j'ai entendu le crissement des pneus. Et puis l'anéantissement. La voiture qui a déboulé par ma droite, comme une folle. Une petite voiture noire, aux couleurs de la nuit. Comme une fusée d'horreur aux parfums de l'enfer, comme un bolide désarticulé et pénétré de folie meurtrière, cet engin destructeur venait de faucher mon Amour comme on fauche les blés.
La seconde d'après, j'étais accroupi auprès d'elle, en plein milieu de la rue. La voiture l'avait heurtée si fort que sa tête reposait maintenant sur une flaque de sang. Elle ne pouvait presque plus respirer. Des badauds arrivaient par dizaines. Des femmes hurlaient. Un homme est venu derrière moi me mettre la main sur les épaules, me disant "Ne vous inquiétez pas pour votre femme, monsieur, les secours sont prévenus".
Ma femme... C'était donc si visible, que l'on était fait l'un pour l'autre ?
Ma femme... Oui, bien sûr... Alors je me suis dit qu'il fallait le lui demander maintenant. Ne pas attendre davantage. J'avais déjà gaspillé tant de siècles ! Oui, à cette seconde, je me suis lancé, et lui ai demandé de m'épouser. Elle n'a pas répondu. Mais elle a souri. Un sourire qui voulait dire "Oui". Ce sourire qui parlait tant malgré le mutisme qui l'enveloppait... Puis j'ai vu un filet de sang sortir par la commissure de ses lèvres, et j'ai vu son attitude se crisper.
Un passant est allé récupérer une de ses chaussures qui, à cause du choc, avait fait un bon d'horreur et avait atterri de l'autre coté de la rue. Image dérisoire... si dérisoire ! J'ai senti des tiges de fer rouge chatouiller avec un cynisme incalculable toutes mes entrailles. Mais mon ventre torturé par la douleur me faisait moins mal que la vision du tableau que j'avais sous les yeux. J'ai senti une tenaille rouillée me compresser le coeur et la nuque. Une chape de plomb lâchée d'un avion s'est projetée sans retenue sur mes épaules. Je ne pouvais même plus voir, tant les larmes me brouillaient la vue. J'ai commencé à mourir à ce moment-là.
Alors j'ai hurlé "Ne pars pas, reste, je t'aime".... Je criais comme un fou, mêlant mes pleurs à la pluie qui tombait. J'aurais voulu frapper à la porte du Bon Dieu, de Vishnou, d'Allah et des autres pour leur demander, leur supplier à genoux de retourner dans le temps. Juste dix minutes. Ça pouvait être possible, dix petites minutes. Mais les Dieux, dans ces moments-là, sont bien loin. Mes larmes, mes cris, ma blessure, tout s'est révélé impuissant face à la tragédie. Et inutile : en une secousse, elle est partie rejoindre les Anges. Elle est partie en me serrant fort la main. Une main qu'elle n'était toujours pas décidée à lâcher...

Des gens m'ont saisi par les épaules car les secours arrivaient. Trop tard. Un pompier m'a demandé de m'écarter pour l'examiner. Deux hommes m'ont conduit à l'abri de la pluie qui tombait à seaux dans la nuit noire. J'ai regardé, hagard, blanc comme un linge, la tête de ces deux hommes. La tête des gens qui passaient. La tête de ceux qui me dévisageaient en s'expliquant mutuellement que je venais sûrement de perdre quelqu'un de proche. Alors, pourquoi continuer ?
C'est quoi, la vie, sans elle ?
Profitant d'un instant d'inattention de mes gardes du corps improvisés, je me suis enfui à toutes jambes de cet endroit. J'ai couru le long d'un grand boulevard pour regagner une station de métro. Je suis repassé devant le restaurant où j'étais installé peu de temps avant. Puis le métro. En descendant, je savais quel geste suprême je devais accomplir pour la rejoindre. Alors, courir. Ne pas s'arrêter. Sauter par-dessus les barrières de la RATP et plonger sous la première rame venue. Juste à ma gauche, j'ai vu un quai. J'ai entendu un train arriver...
Juste à ma gauche, j'ai vu un quai. J'ai entendu un train arriver. Avant de m'élancer, j'ai ouvert ma main, que j'ai sentie très fort. Cette main qui l'avait accompagnée, il y a quelques minutes de cela seulement, d'un monde à l'autre. Ma paume, qu'elle avait tant serrée, elle sentait encore son odeur. Celui qui allait à mon tour m'accompagner.
Alors... un dernier saut.
...
Un saut de l'ange, pour un saut de la mort. Un saut de l'Amour pour le coeur d'un Ange.
05:42 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... [2] | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, femme, homme, tristesse
mercredi, juin 03, 2009
H1N1
Attention, on signale depuis quelques temps une recrudescence du virus H1N1 ; la maladie se traduirait par des gros impacts dans le dos, un peu comme si la personne avait été victime d'un lancer de tranches de chorizo....

Faites attention ! Si des fois votre partenaire présente des signes de ce type, la convention pharmaceutique nationale rappelle qu'il n'y a qu'un remède : ne pas utiliser les mains, enlever les "blessures" avec la bouche, et les proposer à la malade de bouche à bouche... Puis les mastiquer ensemble avec sensualité.... Et après..... éclatez-vous comme vous guidera votre instinct !!!
Bon pique-nique !
09:32 Publié dans ♣ Chauds shows... [3] | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, homme, société, sexe, jeu, humour




