mercredi, janvier 28, 2009

Dernier éveil - deuxième partie

[SUITE ET FIN DU POST PRECEDENT] - Clique ICI pour lire la première partie, si ce n'est déjà fait...

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Mes mains me font mal. Elles semblent, à leur tour, se réveiller ; et je ressens à cet endroit comme un feu brûlant me dévorer. Pourquoi cette douleur est-elle constante à ces endroits précis, même quand la femme n’y jette pas ses chaussures aux semelles si pointues ?… Il m’a fallu un grand effort pour tenter de regarder dans leurs directions. Et c’est là que j’ai vu qu’elles étaient ensanglantées. Toutes les deux.

Et là, j’ai compris : Je suis le Christ.

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Je suis le Christ, non pas dans sa foi, ni dans sa bonté, ni dans sa croyance. Mais je suis le Christ, dans sa souffrance, crucifié et mourant, cloué sur une croix de bois, dure et froide, devant un monde qui continue à vivre et à danser.

Je suis le Christ humilié.

A cet instant de prise de conscience, la musique s’est soudainement arrêtée. Brutalement. Sans prévenir.

Tous les hommes se sont figés instantanément, comme paralysés en l’air, en lévitation à quelques centimètres au-dessus de moi.
Et la femme, comme dans un film au ralenti, s’est baissée vers moi, c’est à dire vers le tapis, vers la carpette sur laquelle elle a dansé pendant des heures. Elle s’est accroupie, ses talons comme des épées sur mon ventre déjà rouge de plaies, l'abîmant encore davantage par son poids immobile ; mon ventre est à deux doigts de se perforer sous ses aiguilles.

Et j’ai reconnu ce visage. C’était celui de celle que j’avais tant aimée, un soir d’été sur une plage de Normandie. Ce visage qui m’avait tant manqué et qui, aujourd’hui, me faisait tant souffrir…
Le visage de l’Amour. Celui de la vie et de l’espoir.
Le seul. L’unique.
Mais ce visage était le sien sans être celui dont le portrait tapissait l'intégralité de mon coeur : à la place du regard doux et chaud, brillaient des yeux banals, verts et durs. A la place du sourire d’ange, un air convenu, sans cœur. Froid et sévère. Un sourire glacial.
Non, ce n’est pas elle, c’est impossible… Et pourtant…
J’avais l’impression d’être acculé comme un taureau dans une arène. Comme un animal blessé, humilié.

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Alors, toujours comme dans un film au ralenti, elle a glissé sa main sous mon pagne, à la recherche d'un sexe qui, à cet instant de douleur et de panique, était quasiment inexistant. Ne trouvant qu’un petit bout de chair insignifiant, elle s’est lâchée d’un immense éclat de rire qui montrait toute sa jouissance face à mon humiliation poussée à son paroxysme.

Puis elle a sorti sa langue et s’est léché avec une scandaleuse sensualité le pourtour de sa bouche.

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D’un air sévère, elle s’est redressée, posant un de ses talons sur mon sternum, au niveau exact de mon cœur. Serrant les dents, monopolisant toutes ses forces pour une mise à mort qui la ferait jouir, elle m’a fait comprendre d’un sourire que la comédie était terminée.
Comme un cloporte, comme une fourmi, comme un insecte nuisible, elle allait m’éliminer. Me supprimer comme une blatte. Et quand elle aura dégusté son geste, surexcitée par celui-ci, elle pourra se redresser et reprendre enfin sa danse, avec tous ces hommes laissés quelques minutes en jachère de sexe.

Nous nous sommes regardés. Ma bouche a commencé à s’ouvrir. Avant qu’elle n’appuie de tout son poids sur son talon, j’ai voulu lui dire une dernière chose. Une toute dernière.
Mes lèvres ont commencé à murmurer : « Je t’aim... », mais l’a-t-elle entendu ? En tout cas, elle ne m’a pas laissé finir. Et là, c’est moi qui n’ai plus rien entendu, à part mon cœur qui, dans un dernier râle, dans un dernier sursaut de lumière, s’est mis à battre un ultime instant comme un fou, à l’image de l’écho lourd et profond du glas des églises.

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Et puis…
Et puis… plus rien...

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Commentaires

Eh bien, mon chou, c'est pas très gai comme histoire...
Bisous

Ecrit par : Elle | mercredi, janvier 28, 2009

Très étrange, souffrance et amour et puis rien. L'analyse en serait bien compliquée.

Ecrit par : Bougrenette | mercredi, janvier 28, 2009

serait-ce là un travail de deuil sur une relation passée ? si c'est la cas, j'espère que tu réussiras, c'est tout le bonheur que je te souhaite.

Ecrit par : Angèle | mercredi, janvier 28, 2009

Moi ce qui m'interpelle ce sont les tags.
Sinon je rejoins Bougrenette pour l'analyse de ce texte. Complexe à première vue.

Ecrit par : Alessia | mercredi, janvier 28, 2009

plus rien si ce n'est... non, même pas... rien... plus rien...

Ecrit par : kelkun kinoze | mercredi, janvier 28, 2009

Un texte étrange.
J'aime cette fin terrible qui sonne et qui lâche le lecteur en errance ... difficile d'en saisir tout le sens.

Ecrit par : X-Addict | jeudi, janvier 29, 2009

Tout comme la première partie, j'aime...Et je reste sur ma première idée.. C'est une belle métaphore où se mêlent désirs, sentiments et souffrances...
Quoi qu'il en soit ton texte est très bien écrit. Bravo!

Ecrit par : Vellini | jeudi, janvier 29, 2009

c'est très beau mais c'est très triste ..

Ecrit par : Vallisnéria | jeudi, janvier 29, 2009

C'est aussi flippant que la deuxième partie... Brrr...

Ecrit par : emanu124 | jeudi, janvier 29, 2009

bonjour toi,

est-ce que tu accepterais de m'envoyer une petite photo de toi pour que je puisse faire un lien vers ton blog ? de préférence horizontale.. la photo .. because j'ai eu des probl avec les verticales ..
merci d'avance :-)
Bisous et bon week end

Ecrit par : Vallisnéria | samedi, janvier 31, 2009

Tout comme le premier texte, j'adore : pour l'originalité, l'écriture, la souffrance et la beauté, pour tout ça, merci ;o))
Bises de papillon

Ecrit par : VéroPapillon | samedi, janvier 31, 2009

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