samedi, juin 27, 2009
Oserais-tu... ?
Que ferais-tu si j’arrivais la veille ?
Imagine qu’au lieu de coucher à Paris et de prendre le train aux aurores, j’arrivais dans ta ville dès la veille au soir. Qu’à la sortie de la gare, après avoir longé quelques mètres la rue déserte, j’entrais dans le hall de l’hôtel des voyageurs. Qu’un portier à moitié endormi me confie ma clef…. Et que j’aille passer ma nuit ainsi, peut-être à cinq kilomètres seulement de toi…
Imagine….
Oserais-tu changer tes plans ?
Oserais-tu te lever plus tôt, bien plus tôt que nécessaire ?… Prétexter une urgence au bureau…
Alors tu pourrais mettre ta plus belle jupe, et surtout la plus courte, la plus sexy... certainement la moins raisonnable au regard de la saison trop fraîche… Et te vaporiser de ton parfum fétiche. Et après une dernière touche de maquillage tu ouvrirais la porte de ton garage…
Oui, là j’ai envie de t’imaginer faire çà… t’imaginer oser changer nos plans, oser chambouler le convenu. T’imaginer te presser, jusqu’à en oublier te fermer la barrière de ta maison, comme tu as oublié, mais peut-être à dessein, de mettre une culotte ce matin-là…
Oserais-tu ainsi monter dans ta grosse voiture noire, et conduire prudemment le long des chemins déserts, dans le matin noir, dans le froid de l’automne, sans âme qui vive, puis reprendre la grande route un peu plus loin… Faire les quelques centaines de mètres qui te séparent du centre de la ville où j’aurais élu mon domicile provisoire pour quelques heures. T’avancer à mesure que le soleil transperce les couches de la terre pour venir nous saluer de ses premiers rayons ?
Je ferme les yeux. Et je t’imagine, le cœur battant, les mains légèrement moites, délicieusement emprisonnée entre la culpabilité et une irrésistible envie d’oser… Je t’imagine cherchant une place au plus près de l’entrée de l’hôtel, pour ne pas croiser une belle-sœur ou une amie trop matinale…
Un dernier petit créneau… Juste un dernier. Et puis couper le moteur.
Le silence.
Seuls tambourineraient les battements de ton cœur et l’appel de ton corps, comme un écho à ton envie…
Fermer la portière et très vite entrer dans l’établissement. Demander mon numéro de chambre à un veilleur de nuit en fin de cycle, qui attendrait avec impatience de passer la main à son collègue de jour… Que serait-il en train de penser, à ton avis ? Mais est-ce que soudainement tu t’intéresserais à ce que pensent les gens ? …
Tu serais venue jusqu’ici pour me faire la plus délicieuse des surprises…. Venir me surprendre deux heures avant notre rendez-vous prévu dans un café. Sagement dans un café. Trop sagement à ton goût…
Alors oui, j’ai envie de t’imaginer prendre l’escalier en colimaçon, l’escalier mal éclairé, serré contre le mur beige, les marches nappées d’un tapis rouge mangé depuis longtemps par les coups de chaussures marquant les trajets incessants des visiteurs, anonymes ou habitués….
Encore quelques marches…
Oserais-tu ?
Encore un peu… c’est peut-être au second qu’il te faudrait aller…
Pousser la porte du palier.
Et derrière cette porte qui permet l’accès aux cinq chambres de l’étage, c’est le noir. Et le silence total.
L’interrupteur est juste là, à droite.

L’attente insupportable… Où est la numéro 14 ?… Elle est au fond. Au fond et à gauche…
Quelques pas…
Juste encore quelques pas.
Oserais-tu t’approcher ? T’approcher de la porte de ma chambre ?…
Doucement, tout doucement. Tes pieds survoleraient le parquet clair que j’aurais emprunté quelques heures auparavant… Quelques toutes petites heures auparavant. Peut-être ressentirais-tu déjà, en faisant tes derniers pas, l’odeur de mon parfum. L’odeur de ma peau.
Et si tu fermais les yeux, maintenant… Là, tu es arrivée. C’est là… Je suis juste derrière la porte.
Quelques secondes d’hésitation… Juste quelques petites secondes.
Il est encore temps de revenir en arrière. Là, il est encore temps de tout revivre en marche arrière. La descente des escaliers, la voiture, la route jusqu’au travail qui n’est pas si loin… D’ailleurs çà tombe bien, tu as un rapport de synthèse de formation à finaliser pour la fin de la semaine… Et çà serait bien que tu t’y atèles... Maintenant, oui, maintenant, tu peux encore revenir en arrière….
La synthèse à rédiger ? Le plaisir à vivre ? Quoi choisir ?…. Comment choisir ?
Et qu’est-il préférable de supporter ? La culpabilité, ou … le regret ?
Je suis sûr que la minuterie, comme un clin d’œil coquin et complice, t’indiquerait la réponse. Comme un petit diable qui te pousserait dans la toile du plaisir, tu prendrais comme un signe du destin le fait d’être subitement plongée dans l’ombre… Revenir en arrière ? maintenant ?… mais par où ?… Le chemin n’est pas bien fléché…. Et le palier et tout noir...
Alors oui, ta décision est prise. Tu es là, le front frôlant presque la porte de bois. Pourquoi n’oses-tu pas frapper là ? Maintenant ?… Mais qu’attends-tu ? Le cœur à se rompre, tu veux sans doutes garder ce moment encore quelques secondes… ce moment à la fois insupportable et délicieux.
Un dernier geste vers ton chemisier… Enlever un bouton… Ou deux. Imaginer que dans quelques instants, c’est moi qui poursuivrai à tout petit pas le démontage de tes vêtements, jusqu'à te mettre nue de plaisir… de la façon la plus douce et la plus sensuelle possible…
Mais avant de frapper les trois coups sur la porte, comme ceux du théâtre, prends le temps de m’imaginer de l’autre coté de la porte… Sur le ventre, à moitié endormi. Nu. Les bras serrant l’oreiller comme une femme d’un gros câlin. Les jambes très légèrement écartées. Et çà ton corps ne peut pas se contenter de ne le vivre qu’en pensée…

Et c’est au moment précis où ta main a touché la porte pour commencer à frapper que celle-ci s’est ouverte… Tu vois, tu n’as qu’à pousser… Derrière, c’est le noir. C’est le silence…. Mais pour l’instant seulement…. Parce que si tu entres, très bientôt on pourra entendre le doux crépitement incandescent de la soie, de la peau, de nos souffles, et du plaisir...
Je t'attendais : viens me réveiller… Un parfum pour le plus doux des réveils, un baiser pour le plus doux des plaisirs…
Allez, ose....
Allez, viens...
15:56 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [3] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, passion, caresses, hommes, femmes, société




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Commentaires
:-)
Bises Ibid et à bientôt.
Hélèna
Ecrit par : helenablue | samedi, juin 27, 2009
Ecrit par : waid | dimanche, juin 28, 2009
Ecrit par : Oyà la Guèpe | mercredi, juillet 01, 2009
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