jeudi, juillet 30, 2009
Rideau

Au théâtre, il y a les trois coups, et puis lorsque la pièce est finie, le rideau tombe. Pour moi cette heure est venue. Ce site, créé en novembre 2007, voit donc ici son 199 ième et ultime post. Pour une fois je suis en phase avec les statistiques qui disent qu’un à deux ans, c’est la durée de vie moyenne d’un blog. Ce site, je l’ai laissé évoluer avec moi, suivant mes humeurs. Je m’y suis lâché dans tous les sens du terme, vers le plus sombre et vers le plus cru….
Mais il est vrai que depuis plusieurs mois, je sens une lassitude, qui transparaît par des visites plus rares, des commentaires et des mails plus épars. Comme si mes textes plaisaient moins, comme si mes coups de bélier, mes coups d’amour ou mes coups de spleen séduisaient moins. C’est la vie. Tout projet a un début, et une fin. Alors plutôt que de laisser les choses s’étioler, je préfère de moi-même tourner la page.
Mais avant cela, je tiens à vous remercier toutes et tous pour vos visites, vos commentaires, vos encouragements, vos réactions, vos mails. Je ne peux et ne veux pas citer certaines personnes plus que d’autres : ces mots vous sont destinés, à toutes et à tous (surtout à « toutes » d'ailleurs, car mes visiteurs sont en grande majorité des visiteuses…). De toute façon, ce blog, je ne le détruirai pas. Il restera là, en « lévitation », et de ce fait vous pourrez continuer à fouiner dans les différentes catégories à la recherche d’un post inconnu. J’y laisserai également les commentaires ouverts.
Vous voyez comme je suis : il y a trois lignes, je disais que je ne voulais citer personne nommément, et là j’ai déjà envie de faire deux exceptions. Parce que je ne peux fermer Ibid Norio sans parler de deux personnes.
Par ordre d’entrée en scène, il y a toi, sev. Je sais que tu viens me lire de temps en temps, (trop) discrètement. Et ce que je sais aussi, c’est que c’est toi qui m’a donné la force de me sortir d’un passage difficile que j'ai connu il y a quelques mois, et dans lequel j'étais embourbé… Je t’en serai éternellement reconnaissant. Tu le sais.
Et puis il y a toi, Angèle. Toi que je cherchais depuis si longtemps. Toi qui m’as rappelé que j’étais un homme, et qui maintenant fais partie de ma vie. Tu es non seulement ma maîtresse, mais aussi mon amante, ma confidente, et la garante de mon équilibre. A travers mes dernières notes, qui t’étaient souvent consacrées, j’ai pris un plaisir fier et évident à dire au monde entier tout l’amour et la passion que j’ai pour toi... Ces mots « amour » et « passion », que j’ai découverts grâce à toi, puisque depuis six mois je suis ton petit homme et toi ma petite femme… et que depuis six mois je suis heureux, tout simplement, grâce à toi. Nous avons été saisis dans la même arobase, et elle s’est refermée sur elle-même nous fixant, nus, dans les bras l’un de l’autre… Nous avons un bel avenir d'amour devant nous. J'y crois !...
Et pour celles que ça intéresse, sachez qu'il est fort possible que je contribue à l'activité d'un blog (on est en grande discussion avec Angèle, sur la création d'un site commun !). Si ça se concrétise, je mettrai le moment venu en commentaire le lien qui va bien... et y aura plus qu'à cliquer...
Alors surveillez les comms... et en attendant soyez heureuses ! et à très bientôt j'espère !

08:06 Publié dans ♣ For my copine's [2] | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, société, amis, fin, lecteurs, femme, homme
dimanche, juillet 26, 2009
Tristesse
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté ;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
Alfred de Musset - 1840

07:42 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... [2] | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, solitude, société, regrets, femme, poésie, litterature
dimanche, juillet 19, 2009
Croisade vers la lumière
Je marche dans cette forêt depuis des heures.
Seul.
Le soleil a commencé depuis déjà longtemps sa longue course vers le soir, et la fraîcheur me saisit tout le corps. J’ai froid... Je grelotte depuis déjà longtemps, mais maintenant, les températures deviennent si contrastées entre l’extérieur et la fièvre qui rougit mes joues, que cela devient difficile, si difficile que peu de mots arriveraient à traduire les milliers de souffrances qui me rongent…
Et pourtant, je marche. Droit devant. Les arbres sont hauts et je n’entends presque plus le chant des oiseaux qui s’en sont retournés à leurs foyers. Et moi je marche... Je poursuis ma route infernale avec, pour seul compagnon, le tambourinement insupportable de mon sang quand il arrive à ma tête. Ca cogne, là-dedans !... Ca fait horriblement mal, mais je continue... Il le faut !
Et puis j’ai soif... Mes lèvres sont horriblement sèches, tellement sèches que je les sens prêtes à se déchirer en mille morceaux... et j’ai de plus en plus de mal à respirer. De temps à autres, le bruit d’un petit animal de ces lieux me rappelle que je suis encore chez les vivants. Je suis fatigué... chaque pas me pèse comme si je traînais un boulet cloué à ma cheville, rivé dans mes os... C’est aussi pour cela que mes jambes sont lourdes et que j’ai mal partout...
J’ai envie de m’asseoir, mais je ne peux pas me payer ce luxe : non, il faut que je poursuive ma croisade sans perdre de temps, ma quête vers un quelque part où je vais, guidé par mon seul instinct : c’est devant... A force de marcher dans cet état, non seulement la tête me fait mal, mais elle tourne comme une folle. Je vois les arbres de la forêt qui commencent à danser devant moi... Ils doivent être sacrément heureux pour danser !!! Mais que fêtent-ils donc ?... N'y tenant plus, ivre d'épuisement, haletant de fatigue, je m’accroche à la branche d'un jeune chêne. Je touche mon front : il est bouillant de fièvre, et ma gorge est sèche. Je suis exténué, tout transpirant d’angoisse : ma sueur ruisselle sur mon visage, une sueur fétide, sale, insupportable... Arrêtant un instant ma couse effrénée, incapable de maîtriser la fatigue qui me pèse comme une chape de plomb, me voilà assis au pied de cet arbre, contemplant le triste tableau de ces jambes tendues devant moi... : des jambes écorchées, maculées de croûtes, encore en sang...
Je respire comme une cheminée d’usine, et à chaque respiration, j’ai mal dans les bronches qui râlent de plus en plus bruyamment. A cet instant, j'ai l'impression de ressembler à une marionnette que l'on aurait rangée dans un placard entre deux représentations, les fils à terre : le regard vide, le corps mou, l'esprit moribond. Je me souviens d'un picotement très désagréable sur la main que j’avais laissée traîner sur la mousse verte et humide : c'était une araignée qui entamait une ascension vers mon bras. D’un revers de l’autre main, je l’ai anéantie et transformée en une bouillie sombre qui se perdra au milieu des branchages, feuilles et mottes de terre qui tapissent cette forêt.
Les gouttes de sueur qui ruissellent de partout me donnent l’impression que mille petites bêtes me piétinent. Mille petites bêtes qui nageraient sur cette peau chaude et humide… Mais c’est idiot… pourquoi faire ? Ma peau n’intéresse personne, ici. J’essaie de ne pas penser à ces chatouillis, sinon je crois que mon esprit dérangé par la fièvre me laisserait imaginer que je suis dans le rôle que tenait Yves Montand dans « L’Aveu ». Je l’aimais bien, Montand... Je force mon esprit à se concentrer sur une idée, sur quelque chose pour ne pas sombrer... ni devenir complètement fou... Montand ?, pourquoi pas... Ou penser à quelque chose de reposant. Un champ de coquelicots, par exemple... Non !! non !!... le rouge me rappellerait trop la chaleur de ma fièvre, mon feu intérieur qui me mine... Un conte de fées ? Une jolie histoire ? Pourquoi pas… J'aimerais... mais pour penser à un conte de fée, il faut une princesse. Et elle n'est pas encore près de moi... Pas encore...
Pourquoi mon esprit me guide-t-il toujours vers des couleurs criardes, éreintantes, brûlantes ?… Et puis j’ai de plus en plus soif. Je n’ai pas bu depuis des heures. Mes yeux ont envie de se fermer mais il ne faut pas que je me repose. Non, pas maintenant, c’est trop tôt. Alors, pour ne pas céder au sommeil, je fais mille efforts pour tenter de me redresser... A grand peine, j'arrive à me mettre dans une position à peu près humaine, au prix d'appuis douloureux sur mes genoux déjà écorchés et sanguinolents... Maintenant, l'essentiel est de se convaincre que les quelques instants de pause volés au temps me permettront d’aller plus vite. Plus vite, et plus loin. Une fois debout, mes douleurs, elles aussi, se sont réveillées de toute part, encore plus sournoises, plus brûlantes qu'auparavant...
J'ai mal... Et puis enfin, j'ai pu reprendre mon parcours. Ma croisade. J’ai de plus en plus de mal à sentir certaines parties de mon corps. Je ne veux pas me demander si j’irai jusqu’au bout... Non, ne pas se poser de questions : avancer, sans douter...

Pour m’occuper l’esprit, j’essaie de me rappeler depuis combien de jours je marche… Je ne sais pas exactement, en fait. Depuis des jours et des jours... depuis des semaines... Le plus dur, c’est la faim qui me trucide le ventre... Dans les premiers jours, j’ai épuisé toutes mes ressources, victuailles et eaux. Et aujourd’hui, sans bagages, sans nourriture, sans argent, cela devient encore plus difficile d’avancer. Mais je sais que cette forêt est la dernière... Je le sens. Je sais que derrière ces arbres, c’est la fin du martyr, la fin de ma mort, la renaissance enfin. Encore un effort... Mon pied droit me fait très mal. Depuis hier, la semelle de ma chaussure s’est décollée et peu de chose me protège du sol. Mon pied est blessé, en sang, mais je m’en fiche. Plus rien n’a plus d’importance que mon but à atteindre. Même mes habits devenus des loques infectes me paraissent complètement secondaires.
Je marche... Je marche, encore et toujours...
Mais malgré ma détermination, mon ventre tordu par la douleur et la fièvre exige une autre pause. Je ne peux plus lutter. S'arrêter ici entre ces deux grands chênes... Me coincer entre ces deux troncs et fermer les yeux... Dormir ici, pour la nuit. Oui, c’est bien, ici. Quand je dis « c’est bien », cela veut dire que je me suis rapproché un peu plus de mon but par rapport à l'instant d'avant. Tout le reste n’a absolument plus aucune importance. En un clin d’œil, mes forces m'ont abandonné. A cette seconde, je ne suis presque plus un être vivant. Tout juste un gisant, les bras pendants... en quête d'une résurrection. Puis le noir... Le néant... Aucun rêve, aucune pensée, aucune impression. Rien. Le vide. Exactement le reflet de moi-même.
C’est un cri d’oiseau qui m’a réveillé au jour levant. Je ne sais pas quelle heure il devait être. 5 heures ? 6 heures ? Je ne sais pas, je ne sais plus les heures des humains depuis que j’ai perdu ma montre il y a quelques jours, alors que je buvais de l’eau dans un étang, et qu'elle s’est décrochée de mon poignet pour tomber dans la vase. C’est sûrement cette eau puante et stagnante qui a déclenché cette fièvre. C’est pour cela que je suis dans cet état. Mais il faut bien boire !!… Je suis déjà sûrement très malade, mais maintenant, j'ai peur de devenir complètement fou. Que cette croisade finisse vite !! Que je meurs ou que je revive... Pour moi l'Enfer ou le Paradis... mais plus le Purgatoire... Je n'en peux plus... Disparaître pendant un temps. Pour mieux renaître... Se perdre, pour pouvoir revivre !…

En me traînant pour tenter de me relever, telle une bête en fin de vie, je me suis mis à vomir. De la bile, du sang. Dans l’état où je suis, je ferais peur à des sorcières si elles habitaient dans cette forêt… Comme on dit dans les contes de fées… Mais ce que je vis n’est pas un conte que l’on peut raconter aux enfants. Et je marche... Encore et toujours... Titubant de fatigue, je suis tombé en avant, et je me suis râpé le torse presque entièrement dénudé contre des branches fines au bois affûté. En tombant, ma mâchoire a heurté une pierre aux arêtes saillantes... Mon menton saigne abondamment... Aucune importance. J’ai mal partout : peu importe... Il faut que la bête se relève ! Après quelques ultimes efforts, enfin debout, ma route peut continuer... Ma route... toujours devant moi. Encore la marche... Encore les souffrances... Encore les milliers de poignards qui excitent sournoisement toutes mes plaies...
Soudain, après quelques centaines de mètres, je crois remarquer une route de campagne au loin... La fin de cette forêt ?... Pourvu que ce ne soit pas un mirage, une vision de mon esprit malade... Il faut s’approcher doucement, être très prudent. Se calmer. Se maîtriser. Respirer avec ce qui reste de souffle... Oui !! Oui, pour une fois, ce n'était pas un mirage... Oui, c'est bien un chemin de campagne qui se dessine devant moi... Par chance, à quelques dizaines de mètres à gauche sur cette petite route, je distingue un croisement avec un panneau. Vite... vite... s'approcher de ce panneau pour lire les indications... et voir si mon instinct ne m’a pas trahi.
Il m'a fallu beaucoup de temps pour arriver à lire les mots affichés, à cause de ma vue brouillée, elle aussi, par mon état. Au bout d'un long moment, en déchiffrant les noms inscrits sur le panneau, un souffle rassurant m’a envahi. J’aurais presque eu envie de sourire si mes lèvres n’étaient pas gercées par la soif et par la fièvre qui continue à me marteler la tête…
Non, mon instinct ne m'a pas trahi ; j’y suis presque. C'est pour aujourd'hui... Enfin.... Enfin… Mais j’ai toujours très faim et très soif. Devant moi, une maison. Peut-être celle de l’agriculteur qui s’occupe des grands champs que je distingue à ma droite. Sur le coté, un potager. C’est plus qu’il n’en faut !! Presque un miracle... : je me suis approché en rampant comme un reptile, et me suis jeté, affamé, sur les tomates qui pendaient lourdement à leurs branches. En les croquant sans retenue, c’est un geyser de fraîcheur qui m'a empli la bouche. Jamais je n’avais remarqué que c’était si bon…. J’ai dû en croquer une bonne dizaine, lorsque j’ai entendu les aboiements inquiétants, bien qu'encore lointains, d’un chien qui, à n’en pas douter, m’avait repéré. Ne pas rester. Filer, toujours dans la bonne direction. Comme un animal traqué, comme une proie facile… Mais non, il n’y aura pas d’hallali !!! C’est hors de question : je réussirai...
Il faut que je continue à avancer, à ramper, à marcher... vers la lumière... Enfin, après plusieurs heures de marche difficiles, usantes, éreintantes, inhumaines,... j'ai reconnu son village. La fin du voyage. Continuer... encore... encore un peu... Je ne peux presque plus mettre un pied devant l'autre. Je titube de douleur. Ma vue est en très mauvais état et je n'ai presque plus le sens de l'équilibre. Pour avancer, je dois m'appuyer aux murs, aux arbres... Certains passants me regardent et se retournent sur mon passage. Ils doivent penser que je suis un clochard en sang ; c’est en tout cas ce que doit penser la bourgeoise qui vient de changer de trottoir pour ne pas me croiser. Mais je ne lui en veux pas : je sens tellement mauvais !
Il faut que je me hâte. Je suis sûr que certains croient que je suis un évadé et envisagent d’appeler la police. Mais je m’en fiche. Plus rien n’a d’importance maintenant : je n'ai jamais été si proche de mon but... Malgré ma fièvre et ma fatigue, malgré mes loques, malgré la chaussure que je viens d’abandonner, malgré la faim qui me perfore le ventre, malgré ma puanteur, j’avance. J’avance dans le village. Je reconnais les champs de lin, les maisons en briques rouges. Ma respiration devient de plus en plus bruyante. Mes bronches sont prêtes à lâcher à cause de ma chaleur intérieure qui les tue à grand feu... Un croisement. La rue Louis ***. Je me dirige enfin vers l’endroit où elle habite. Je ralentis le pas.
Je suis dans sa rue. J'ai repéré l'atelier de maçonnerie, juste à coté de chez elle, reconnaissable avec ses parpaings jetés négligemment devant, au ras de la rue, et ses immenses morceaux de treillis soudés entassés les uns sur les autres... Encore quelques mètres... Les derniers mètres. Je m'approche de sa maison. Mais je serais bien incapable de dire quoi que ce soit d'autre sur mon environnement : je suis devenu aveugle à tout ce qui n'est pas elle. Ça y est... J'arrive devant. L'allée en graviers. Je rentre dans son jardin... Je m'arrête. Je regarde à travers la fenêtre. Ce doit être le salon. Je distingue une silhouette en mouvement derrière les rideaux oranges. Est-ce que c’est elle ? Pourvu que ce soit elle !!! Ô Seigneur faîtes que ce soit elle... Que je n'aie pas fait tout ce chemin de Croix pour rien...
Mais j’ai beaucoup de mal à voir, à distinguer les choses qui m'entourent, saoul par la maladie. Je suis en train de chanceler. Je ne sais pas si c’est l’effet de mon imagination, de la fièvre, ou bien le reflet de la réalité, mais la silhouette que je venais de distinguer furtivement de l’autre coté de la vitre, derrière les rideaux oranges, n’est déjà plus là… Elle vient de disparaître. Mais où est-elle allée ? J’arrive à grand peine à me tenir au mur, mais je sais que cet appui va devenir rapidement insuffisant. Mes doigts ont déjà envie de glisser... Allez, encore un peu de courage !
Et c’est alors qu’au moment de chavirer, au moment de sombrer dans le néant, à ce moment précis, j’ai senti des mains m’agripper le bras, des mains fermes mais si douces. Si douces et si rassurantes… Reconnaissables entre mille. Les siennes. Et plus haut, le long de ses bras de soie et de satin, enfin ce visage aux yeux noyés de larmes, qui d'un regard d'amour m’a fait comprendre que mon calvaire était terminé. Aucun mot, aucun bruit... Aucun son. Seulement les sentiments qui passent, comme des fusées de tendresse, par le regard et la douceur de la peau… Enfin ce visage que j’espérais à chaque pas de mon voyage, enfin cette peau qui calmera mes angoisses.

Le temps s'est arrêté.
Alors soudain, comme s'ils sortaient du sol en explosant le trottoir, j’ai entendu cent mille violons jouer la plus douce des musiques. En un instant, j’ai vu le ciel se dégager, les nuages se dissiper, j’ai ressenti le bien-être m’envahir, point d’orgue magnifique pour la symphonie de ma renaissance… En un éclair, j’ai vu Dieu, Jéhovah, et tous les saints se rapprocher de moi, me toucher l’épaule et sourire, satisfaits de mon bien-être. En un instant, je me suis vu il y a vingt siècles sur la croix, au milieu d'un peuple scandant le nom de Barrabas... Et j'ai senti l'épée du centurion me percer le flanc : oui, en cet instant, je suis mort et j'ai ressuscité instantanément au milieu des terres d'Orient, où j'ai vu les hommes poser leurs armes destructrices et s'embrasser loin des chars, mêlant dans leurs étreintes toutes les obédiences et toutes les religions. Là, j'ai senti le souffle de la chaleur du désert de Nubie, les cristaux de sable fouettant mon visage pour le réveiller.
En un millième de seconde, j'ai vécu ce feu d'artifice de sensations mélangées, reflet d'un bonheur indescriptible. Et mon coeur s'est emballé. Il est devenu si gros qu'il est sorti de son logement pour englober tout ce qu'il trouvait sur son passage, des tours de Babel et de Montparnasse, aux jumelles de la nouvelle York qui, comme par magie, se sont reconstruites devant moi, et ont laissé jaillir de leurs milliers de fenêtres ouvertes sur le monde des rais de lumières aux couleurs de l'Amour. D’un coup je me suis senti fort, battant, imbattable, indestructible…
Alors, à ce moment-là, j’ai pu me laisser aller sans résister, laisser mes paupières de plomb recouvrir mes yeux, sans lutter, comme ces lourds rideaux de tissu qui tombent à la fin des pièces grecques dignes des plus grands auteurs antiques. Mais je savais qu’après les saluts, la partition serait différente, et que je me réveillerais pleinement heureux, dans les bras de la femme que j'aime, et que je poursuivrai ma vie dans le bonheur et dans la paix.
06:10 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... [2] | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, femme, passion, homme, société
mercredi, juillet 15, 2009
Vélin
Ecrire,
Laisser glisser le stylo sur ton corps pour écrire,
Vélin, doux Vélin d'Angoulême,
Pages de "je veux" et de "je t'aime".
Feuillets d'argile,
Fragiles....
Rugir,
Lécher ton corps sans cesser de rugir,
Félins, tigres ou panthères,
Unis dans une valse de Cythère.
Combat de plaisir,
Et t'aimer. Et jouir....

06:38 Publié dans ♣ Chauds shows... [3] | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : douceur, érotisme, sensualité, femme, société, homme, amour, sexe
vendredi, juillet 10, 2009
Private honeymoon
Des diamants dans les yeux, de l'or sur ton sourire, de l'air dans nos poumons...
Ta peau en satin, tes lèvres de soie...
Un massage sur ton corps pour te détendre, léger comme une caresse,
Pour te remettre des visites, des promenades... ou d'instants de gros câlins tendres...
Des envies pareilles, comme un partage de tous les instants...
Et surtout une pluie de confetti multicolores,
Rouges pour la passion, jaunes pour la tendresse,
Et de toutes les autres couleurs pour l'amour...
Quatre jours dans l'éden, volés à Paris, à l'abri sur notre nuage...
Je t'aime...
19:22 Publié dans ♣ Sweet (tout coton...) | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, paris, femme, homme, société
lundi, juillet 06, 2009
Baignoire d'angle
Alors oui, qu'il en soit ainsi, mon cœur ! Peu après l’heure de la parution de ces lignes, à 19h12 exactement, le train qui t'amène vers moi s'arrêtera et tu en descendras. Je viendrai t’accueillir à la porte de la voiture 16 du TGV, ou plutôt te cueillir comme une fleur aux senteurs embaumées, rares et érotiques. Une fleur au sourire d'ange, au regard de paix, et à la peau de satin. Une fleur d'amour. Puis tu monteras dans ma voiture, et je t’amènerai chez moi. Enfin esseulé pour la semaine, tu seras ma lumière et mon tout pendant des heures de folies, de câlins et de tendresse.
Quand je refermerai la porte de mon garage, je sais que nous ne cesserons de nous embrasser et de nous toucher, protégés par des alibis en béton, durs comme le désir que j’aurai pour toi à cet instant. Là nous serons enfin libres !... Nos vêtements tomberont d’eux-mêmes, éparpillés dans les pièces, ou bien jetés à terre au rythme de nos envies torrides. Légers voiles érotiques, dessous transparents déjà humides... et nous serons bientôt nus, déjà en direction de ma chambre qui deviendra nôtre, et que tu pimenteras de ta sensualité, douce et tendre, incomparable parfum de la femme désirable, de l’amour immense... et si nouveau pour moi.
En cours de route, peut-être fauterons-nous déjà, sans attendre la position de la classique horizontalité, utilisant les fauteuils de mon salon comme scène de plaisirs, comme témoins de nos ébats d’amour et de tendresse. Nous communierons dans chaque pièce, tout sera prétexte à plaisir et sourire. Je me saoulerai de voir tes lèvres rougies de l’envie de s’approcher de toutes les parties de mon corps, même à cet instant où je te cuisinerai des crêpes bretonnes au sel de Guérande. Nous serons alors certainement en toute petite tenue, à moitié nus, nos sexes disponibles pour tout plaisir, pour tout délire, pour nous picorer n’importe comment, n’importe quand, sans limites, sans honte, sans réfléchir. S’oubliant à tout moment, même lorsque nous irons visiter mon grenier à partir duquel je t’ai envoyé en cachette tant et tant de sms… Celui que tu as envie de connaître, et sur le sol duquel nous nous coucherons, chauffés des tuiles brûlantes de juillet, suant d’un plaisir de braise, dans la proximité de la sciure et de la poussière excitante de ces lieux…..
Et bien plus tard dans la nuit, parce que nous devrons le lendemain matin partir pour trois jours d’amour à Paris, peut-être enfin nous nous coucherons, pour nous reposer avant nos vacances secrètes et clandestines, pour notre lune de miel qui célèbrera également nos six mois d’amour et de passion. A Paris, ville de lumière. Ville de miel. Temple de toute permission, d'élégance, de tolérance, d'anonymat. Théatre de plaisirs...
Mais avant de nous laisser envahir par le sommeil de cette première nuit, tard dans le noir, tu désireras certainement aller dans la salle de bains.

Tu pourras alors te faire couler un bain dans ma baignoire d’angle, aux faïences bleues et blanches. Mais même à l’heure du repos, même à l’heure de la détente, quand la lune sera déjà fort haute dans le ciel, je sais que je viendrai te rejoindre. Je te savonnerai les seins et les fesses pour ne pas te fatiguer. Je te laverai les jambes et le dos pour mieux te détendre, te chuchotant et te criant des mots d’amour, des mots de désir, des mots de feu et de passion…
Je te désire ardemment.
Je t'aime Angèle...
19:10 Publié dans ♣ Chauds shows... [3] | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : érotisme, femme, amour, sexe, sensualité, homme, tendresse, passion
jeudi, juillet 02, 2009
Tourment
Je marche dans un paysage qui change sans arrêts. Comme si je me trouvais sur un gigantesque plateau de théâtre qui tourne de façon aléatoire, et dont les décors évoluent sans cesse. Un instant, la forêt, la seconde d’après, la ville. Ou les égouts. Et pourtant, quelque soit le paysage, je le traverse d’une allure constante, sans trop me poser de questions ni me soucier des obstacles. Quelque soit la direction que je prenne, que je tourne à gauche entre deux chênes ou à droite entre deux camions en stationnement, je me dirige toujours vers un même point, un point fixe qui bouge en même temps que moi, de façon à toujours se trouver en face de moi. Droit devant, tel un aimant qui m’attire. Un destin inéluctable. Une tache blanche qui se rapproche sans cesse à la cadence de mes pas….
Les intempéries ne me gênent pas. Qu’il pleuve ou non, que les serpents se mettent à se dorer au soleil du désert devant moi, que les congères de neige me bloquent le passage, qu’un camion-poubelle s’arrête à tous les porches, rien ne m’arrête : j'avance comme si je ne ressentais ni la fatigue, ni la faim, ni la soif, ni le froid, ni la peur. J’avance. J’avance vers un point qui se précise peu à peu. Mon point fixe, je le vois maintenant plus nettement : c’est une voiture de luxe, rutilante, éclatante, éblouissante. Démesurée. Je suis attiré par elle. Quand mon paysage est rural, elle est au loin, en plein champ. Quand il est urbanisé, elle est au beau milieu d’une place ancienne, ceinte d’un ruban de véhicules qui tournent autour en se klaxonnant. J’avance vers elle, mais elle ne se rapproche pas autant que la distance que j’ai parcourue, comme si, en plus, je piétinais en marchant…. Ce qui rend cette quête encore plus pénible….
En plongeant la main dans ma poche, j’ai trouvé des clefs. Certainement celles de cette fameuse voiture.
Mon instinct me dit de ne pas utiliser ce véhicule. Il me dit de fuir, d'arrêter cette marche folle. J’ai peur. Intérieurement, je crie, j’hurle de douleur, mais c'est plus fort que moi... Je n'ai pas d'autre alternative que de m'en approcher... Comme je ne peux maîtriser ni ma trajectoire, ni mon allure, je jette mes clefs à terre dans un marais : c’est le seul geste que je peux encore faire de moi-même. Mais aussitôt, je retrouve un jeu identique dans ma poche. Je les abandonne encore une fois dans un égout, et un autre renaît aussitôt. C’est sans fin.
Je ne maîtrise plus rien. Je me sens automate, robot téléguidé. Je suis tellement malheureux que je ne sens plus mon cœur battre. A son emplacement, j’ai une tâche de sang. Une plaie béante. Mon cœur a été rongé par un acide. Celui de la souffrance. Aussi, tous mes sentiments sont sanglés, muselés, emprisonnés….. je ne sens au plus profond de moi même que le gémissement d’une âme qui supplie d’être entendue. J'ai mal au ventre, à croire que l'acide poursuit son sale travail au plus profond de mes entrailles...
Depuis un instant, j’entends un cri, un hurlement de peine, de chagrin. De malheur. Ce cri semble m’être destiné. Il provient de cette silhouette lointaine qui court vers moi, descendant une colline qui, depuis peu, est devenu un élément constant de mes paysages qui changent de plus en plus vite. Dans ce manège délirant, la colline est toujours là, sauvage ou urbanisée suivant les moments, et la femme se rapproche de moi, avec ses pleurs déployés à cœur perdu... Je l’entends, je la vois, mais je ne peux rien faire d’autre qu’avancer vers cette voiture qui est vraiment tout près maintenant. J'hurle intérieurement, mais mes gémissements sont assourdis. Je les perçois à peine. Je suis au comble de la souffrance.
Je me rapproche encore. Bien que je les aie abandonnés à maintes reprises, j’ai toujours une clef de contact à la main. Impossible de m’en débarrasser. Arrivé à la portière, je reconnais la silhouette qui court vers moi : c’est toi qui descends de la colline, en larmes. Tu hurles, tu pleures, tu cours en me demandant de ne pas partir. Au fond de moi-même, j’ai envie de me jeter dans tes bras, de fuir avec toi, loin, loin, loin... mais cela m’est impossible, comme si j’étais possédé par un démon impitoyable. J’ouvre la porte et je m’installe au volant.
Tu te rapproches, tu arrives, lâchant tes dernières forces dans une supplique pour me garder. Tu es encore à bonne distance de moi... Et à ce moment-là, je réalise que mon corps sent l’essence, et que je prends un gros risque à tourner la clef de contact. Raison de plus que je me hâte. Si je tarde trop et que la voiture explose, tu serais blessée. Et je ne le veux pour rien au monde. Ne pas te faire du mal… même si, et je le sais, mon départ va creuser une grande meurtrissure dans ton cœur fragile, authentique et sincère… Mais la vie ne me donne pas le choix. Partir pour ne plus souffrir... Parce que c’est trop dur… Pas le choix, désolé… C'est au-dessus de mes forces...
La portière s’ouvre. Je rentre dans la voiture et claque la porte. Là je sens mes entrailles se déchirer, et un liquide pestilentiel en sortir. Un mélange d'essence et d'acide qui coule de mon ventre sur le beau fauteuil en cuir. Un mélange qui sent une angoisse terrible, une angoisse tueuse, une angoisse tourmentée. Je sais ce qui m'attend... Vite, tourner la clef…. Tu te rapproches…. Vite... démarrer au plus vite !!! On ne peut plus rien pour moi. C’est trop tard. Pour moi c’est foutu.
Je n’ai pas eu le temps de réaliser ce qui s’est réellement passé. Il y a certainement eu des flammes immenses et le brasier s’est élancé dans les airs. La couleur rouge orangée s’est reflétée dans tes larmes, mais heureusement, tu étais suffisamment loin pour ne pas être prise dans l’explosion. Ainsi est partie la voiture et son contenu. Partie dans les airs, dans le dernier cri de ta voix bouleversée déchirant le tapis de cendres grises, blanches et noires. Dans ton cri d'une douleur infinie. Tout est parti en fumée comme le souvenir, comme cette impression d’avoir vécu quelque chose de magnifique. D’exceptionnel. D’unique.
La mort a été douce et belle. Le prolongement absolu de la souffrance, lorsque celle-ci devient trop dure à supporter. Mais mon dernier regard aura été pour toi. Et quoi espérer de plus beau, de plus doux, en guise de viatique pour un au-delà où je continuerai à t’aimer, voguant sans fin sur mon nuage de solitude qui sera mon lit pour la nuit des temps... Un nuage de solitude dont le seuil ne pourra être franchi que par ces anges aux ailes blanches et lumineuses, ces anges excités de me rencontrer, rien que pour me parler de toi...
07:44 Publié dans ♣ Spleen, ici mots... [2] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, souffrance, femme, homme, jalousie
samedi, juin 27, 2009
Oserais-tu... ?
Que ferais-tu si j’arrivais la veille ?
Imagine qu’au lieu de coucher à Paris et de prendre le train aux aurores, j’arrivais dans ta ville dès la veille au soir. Qu’à la sortie de la gare, après avoir longé quelques mètres la rue déserte, j’entrais dans le hall de l’hôtel des voyageurs. Qu’un portier à moitié endormi me confie ma clef…. Et que j’aille passer ma nuit ainsi, peut-être à cinq kilomètres seulement de toi…
Imagine….
Oserais-tu changer tes plans ?
Oserais-tu te lever plus tôt, bien plus tôt que nécessaire ?… Prétexter une urgence au bureau…
Alors tu pourrais mettre ta plus belle jupe, et surtout la plus courte, la plus sexy... certainement la moins raisonnable au regard de la saison trop fraîche… Et te vaporiser de ton parfum fétiche. Et après une dernière touche de maquillage tu ouvrirais la porte de ton garage…
Oui, là j’ai envie de t’imaginer faire çà… t’imaginer oser changer nos plans, oser chambouler le convenu. T’imaginer te presser, jusqu’à en oublier te fermer la barrière de ta maison, comme tu as oublié, mais peut-être à dessein, de mettre une culotte ce matin-là…
Oserais-tu ainsi monter dans ta grosse voiture noire, et conduire prudemment le long des chemins déserts, dans le matin noir, dans le froid de l’automne, sans âme qui vive, puis reprendre la grande route un peu plus loin… Faire les quelques centaines de mètres qui te séparent du centre de la ville où j’aurais élu mon domicile provisoire pour quelques heures. T’avancer à mesure que le soleil transperce les couches de la terre pour venir nous saluer de ses premiers rayons ?
Je ferme les yeux. Et je t’imagine, le cœur battant, les mains légèrement moites, délicieusement emprisonnée entre la culpabilité et une irrésistible envie d’oser… Je t’imagine cherchant une place au plus près de l’entrée de l’hôtel, pour ne pas croiser une belle-sœur ou une amie trop matinale…
Un dernier petit créneau… Juste un dernier. Et puis couper le moteur.
Le silence.
Seuls tambourineraient les battements de ton cœur et l’appel de ton corps, comme un écho à ton envie…
Fermer la portière et très vite entrer dans l’établissement. Demander mon numéro de chambre à un veilleur de nuit en fin de cycle, qui attendrait avec impatience de passer la main à son collègue de jour… Que serait-il en train de penser, à ton avis ? Mais est-ce que soudainement tu t’intéresserais à ce que pensent les gens ? …
Tu serais venue jusqu’ici pour me faire la plus délicieuse des surprises…. Venir me surprendre deux heures avant notre rendez-vous prévu dans un café. Sagement dans un café. Trop sagement à ton goût…
Alors oui, j’ai envie de t’imaginer prendre l’escalier en colimaçon, l’escalier mal éclairé, serré contre le mur beige, les marches nappées d’un tapis rouge mangé depuis longtemps par les coups de chaussures marquant les trajets incessants des visiteurs, anonymes ou habitués….
Encore quelques marches…
Oserais-tu ?
Encore un peu… c’est peut-être au second qu’il te faudrait aller…
Pousser la porte du palier.
Et derrière cette porte qui permet l’accès aux cinq chambres de l’étage, c’est le noir. Et le silence total.
L’interrupteur est juste là, à droite.

L’attente insupportable… Où est la numéro 14 ?… Elle est au fond. Au fond et à gauche…
Quelques pas…
Juste encore quelques pas.
Oserais-tu t’approcher ? T’approcher de la porte de ma chambre ?…
Doucement, tout doucement. Tes pieds survoleraient le parquet clair que j’aurais emprunté quelques heures auparavant… Quelques toutes petites heures auparavant. Peut-être ressentirais-tu déjà, en faisant tes derniers pas, l’odeur de mon parfum. L’odeur de ma peau.
Et si tu fermais les yeux, maintenant… Là, tu es arrivée. C’est là… Je suis juste derrière la porte.
Quelques secondes d’hésitation… Juste quelques petites secondes.
Il est encore temps de revenir en arrière. Là, il est encore temps de tout revivre en marche arrière. La descente des escaliers, la voiture, la route jusqu’au travail qui n’est pas si loin… D’ailleurs çà tombe bien, tu as un rapport de synthèse de formation à finaliser pour la fin de la semaine… Et çà serait bien que tu t’y atèles... Maintenant, oui, maintenant, tu peux encore revenir en arrière….
La synthèse à rédiger ? Le plaisir à vivre ? Quoi choisir ?…. Comment choisir ?
Et qu’est-il préférable de supporter ? La culpabilité, ou … le regret ?
Je suis sûr que la minuterie, comme un clin d’œil coquin et complice, t’indiquerait la réponse. Comme un petit diable qui te pousserait dans la toile du plaisir, tu prendrais comme un signe du destin le fait d’être subitement plongée dans l’ombre… Revenir en arrière ? maintenant ?… mais par où ?… Le chemin n’est pas bien fléché…. Et le palier et tout noir...
Alors oui, ta décision est prise. Tu es là, le front frôlant presque la porte de bois. Pourquoi n’oses-tu pas frapper là ? Maintenant ?… Mais qu’attends-tu ? Le cœur à se rompre, tu veux sans doutes garder ce moment encore quelques secondes… ce moment à la fois insupportable et délicieux.
Un dernier geste vers ton chemisier… Enlever un bouton… Ou deux. Imaginer que dans quelques instants, c’est moi qui poursuivrai à tout petit pas le démontage de tes vêtements, jusqu'à te mettre nue de plaisir… de la façon la plus douce et la plus sensuelle possible…
Mais avant de frapper les trois coups sur la porte, comme ceux du théâtre, prends le temps de m’imaginer de l’autre coté de la porte… Sur le ventre, à moitié endormi. Nu. Les bras serrant l’oreiller comme une femme d’un gros câlin. Les jambes très légèrement écartées. Et çà ton corps ne peut pas se contenter de ne le vivre qu’en pensée…

Et c’est au moment précis où ta main a touché la porte pour commencer à frapper que celle-ci s’est ouverte… Tu vois, tu n’as qu’à pousser… Derrière, c’est le noir. C’est le silence…. Mais pour l’instant seulement…. Parce que si tu entres, très bientôt on pourra entendre le doux crépitement incandescent de la soie, de la peau, de nos souffles, et du plaisir...
Je t'attendais : viens me réveiller… Un parfum pour le plus doux des réveils, un baiser pour le plus doux des plaisirs…
Allez, ose....
Allez, viens...
15:56 Publié dans ♣ Entre miel et soleil [3] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, passion, caresses, hommes, femmes, société




